La source de cet article se trouve sur ce site

Et si un Etat de Palestine était créé aujourd’hui? Ceci est une fiction pour tenter d’imaginer ce qu’un Etat de Palestine pourrait, dans les conditions actuelles, apporter à la paix au Moyen-Orient et entre Israéliens et palestiniens. J’emploie ici, volontairement, la terminologie « officielle » pour la région, comme s’il s’agissait de brèves de presse.
Voilà comment je vois le jour d’après la création de l’Etat de Palestine.

2017, année anniversaire et année hautement symbolique pour le conflit israélo-palestinien. En 1947, l’ONU vota le plan de partage de la Palestine entre un Etat Juif et un Etat Arabe. En 1967, Israël conquit la Cisjordanie jusque là détenue par la Jordanie. Israël n’annexant pas la Cisjordanie, une longe occupation se mit en place. En 2017, après 50 ans de pressions internationales, de résolutions de l’ONU, de négociations et de traités, Israël décide enfin d’accéder aux revendications palestiniennes et de se conformer aux exigences internationales.

osloLes dirigeants israéliens et palestiniens se rencontrent à Camp David, sous l’égide du Président des Etats-Unis d’Amérique et signent un accord instituant immédiatement et sans conditions l’Etat Arabe de Palestine, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale et avec le retour des réfugiés dans leurs propriétés, en Israël comme en Cisjordanie.

Avant même le retour des dirigeants palestiniens, la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza éclate en célébrations. Les rues de Gaza s’emplissent en quelques instants et les villes et villages de Cisjordanie s’embrasent de clameurs et de cris de joie. La liesse est inimaginable et une forêt de drapeaux palestiniens éclot partout en Cisjordanie et à Gaza.

Le secrétaire général de l’ONU, les larmes aux yeux et les bras en croix, annonce la paix au Moyen-Orient et les dirigeants du monde entier saluent l’accord de Camp David comme un événement comme il n’y en a jamais eu dans l’histoire. Tous les dirigeants du monde occidental annoncent leur soutien à cet accord, annoncent déjà la reconnaissance de la Palestine par leur gouvernement et proposent leur aide pour une transition administrative et régalienne paisible entre Israël et la Palestine.

hamasA Gaza, comme en Cisjordanie, la fête commence rapidement à se ponctuer de coups de feu. Les Palestiniens sortent leurs armes et, à l’orientale, célèbrent l’accord en tirant en l’air. Des dizaines de personnes sont grièvement blessées et même tuées par des balles perdues ou des mauvaises manipulations mais c’est habituel.

Les principaux leaders palestiniens, des différents partis et groupes terroristes, prennent la parole devant une population survoltée et haranguent la foule avec des propos de victoire et commencent à dire que ce n’est qu’une première étape. Les foules réagissent avec toujours plus de ferveur et la situation devient vite explosive. Déjà, des bagarres éclatent entre Palestiniens et colons israéliens aux abords des colonies ou sur les routes.

Dans les camps de réfugiés palestiniens, au Liban, en Jordanie, en Syrie, les autorités locales tentent de maintenir l’ordre mais des centaines de réfugiés veulent partir sur le champ pour Israël ou la Cisjordanie, commençant à créer des émeutes. A Gaza, les forces de l’ordre sont rapidement débordées et ne font rien pour empêcher de véritables marées humaines, armées et survoltées, de se diriger vers la frontière avec Israël.

Des tirs sont entendus près des colonies israéliennes. Les habitants des villes et villages de Cisjordanie commencent à se diriger vers les colonies. Les unités de Tsahal commencent à essuyer des tirs et des jets de projectiles et font face à des masses de palestiniens menaçants. Ordre est donné par Tsahal de ne pas tirer à arme létale pour ne pas envenimer la situation. Sur la frontière entre Israël et Gaza, les soldats de Tsahal multiplient les appels à leur hiérarchie pour recevoir des consignes alors que des milliers de Palestiniens armés s’approchent des checkpoints dans un désordre inimaginable. Ordre est donner de ne pas tirer pour ne pas gâcher ce jour historique.

émeutesLes autorités israéliennes, inquiètes, demandent à leur correspondants palestiniens de maîtriser la situation. Des réponses laconiques leur sont faites. En fait, les autorités palestiniennes ont déjà complètement perdu le contrôle et les forces de l’ordre palestiniennes ne font rien ou même accompagnent les émeutiers. Des combats de rue commencent aux abords des colonies israéliennes qui sont rapidement submergées par le nombre. Les colons armés résistent, d’autres tentent de fuir vers Israël mais les véhicules sont interceptés et incendiés, leurs occupants lynchés. Déjà, des incendies se déclarent dans les colonies israéliennes. Les caméras de télévision montrent des adolescents palestiniens blessés ou tués par les colons ce qui excite encore davantage les émeutiers. De leur côté, les colons réclament à corps et à cris la protection de Tsahal mais ordre est donné aux unités de ne pas bouger puisque le territoire est maintenant sous entière souveraineté palestinienne.

Dans les camps de réfugiés des pays limitrophes, après de violentes émeutes qui font plusieurs dizaines de morts, les autorités décident de laisser les réfugiés palestiniens quitter les camps et se diriger vers Israël. En réaction, les autorités israéliennes protestent par la voie diplomatique et annoncent la fermeture des frontières, le temps que des procédures négociées pour le retour des réfugiés soient établies. Mais des véritables marées humaines se mettent en marche, encadrées par les forces locales pour éviter trop de débordement.

aqsa-flagA Jérusalem, les quartiers arabes sont entrés en ébullition et des émeutiers remplissent les rues de la Vieille Ville. Certains orateurs palestiniens réclament le départ immédiat des forces israéliennes de l’Esplanade des Mosquées et des émeutes y éclatent. Plusieurs centaines de palestiniens commencent à se diriger vers le Mur des Lamentations.

Quelques heures après l’annonce de la signature des accords qui établissent la Palestine, toute la population arabe de Cisjordanie, de Gaza et des camps de réfugiés, s’est embrasée et, en Cisjordanie, les colonies israéliennes sont rapidement submergées dans des combats de plus en plus violents. La population juive commence à y être massacrée et les habitations brûlées. Sur la frontière entre Israël et Gaza, les unités de Tsahal ont reçu l’ordre de reculer pour ne pas être submergées ou encerclées. Les émeutiers ont commencé de véritables opérations de guerre, harangués et excités par les cadres du Hamas  qui poussent les plus jeunes à aller au contact des soldats israéliens.

Au sein de Tsahal, la contestation gronde et les premières désertions se produisent. Parfois par compagnies entières, les soldats décident d’aller protéger les colons ou de tenter de les extraire. Les autorités palestiniennes dénoncent les actions illégales de Tsahal sur son territoire et demandent à Israël de contrôler ses troupes. Tsahal réunit en urgence ses différents Etat-Majors pour tenter de trouver une solution. A Camp David, les dirigeants palestiniens appellent officiellement au calme mais aucun ordre n’est donné pour tenter de maîtriser la situation. Les fonctionnaires et policiers palestiniens participent aux émeutes et ne cherchent en aucune manière à maîtriser la situation. En Israël, les partis de droite et d’extrême-droite demandent au gouvernement de protéger les ressortissants israéliens et dénoncent un accord fait dans la précipitation et qui nie les droits des juifs sur la terre d’Israël. Les partis de gauche clament qu’il ne faut pas gâcher cette chance unique pour la paix.

feu-valparaiso-2Alors que la nuit commence à tomber, le ciel de Cisjordanie est rouge des incendies des colonies et les combats entre Israéliens et Palestiniens ne font que s’intensifier, sur tous les fronts. A Gaza, les frontières ont été renversées et Sdérot, ainsi que les villages alentours, est en flammes. Les faubourgs d’Ashkelon sont également menacés. La population israélienne s’arme et se met en position de défense, dans un désordre inimaginable tandis qu’une partie de la population tente d’évacuer vers Tel Aviv. En Cisjordanie, les colonies israéliennes sont en flammes et sont le théâtre de combats violents et d’exactions terribles. Tsahal se disloque petit à petit entre déserteurs qui veulent défendre leurs frères et loyaux qui hésitent encore.

Dans les heures qui suivront, les plus extrémistes de la droite israélienne tenteront un coup d’état pour renverser la situation. Tsahal perdra tout contrôle sur ses forces et des mutineries violentes se produiront sur toutes les bases, terrestres, aériennes et navales. Les Druzes et Bédouins de Tsahal déserteront pour aller protéger leurs familles. Netanya sera menacée par des groupes armés venant de Tulkarem et de Naplouse. Les villages arabes de Galilée se révolteront contre leurs voisins juifs. Sur la frontière libanaise, le Hezbollah entrera en action au milieu des flots de réfugiés palestiniens et envahira le nord d’Israël tout en mettant Naharyia et Haïfa sous le feu de leurs roquettes.

Lorsque le soleil se lèvera sur Israël, les morts se compteront déjà par centaines et ce ne sera que le début. L’Etat de Palestine sera déjà mort parce que toutes ses fragiles institutions se seront dissoutes dans les violences. L’Etat d’Israël sera sur le bord d’une guerre civile, avec une armée qui lui échappe et des partis appelant au renversement du gouvernement. Le Hamas sera déjà à Ashkelon, dans des combats d’une brutalité inouïe. Le Hezbollah fera pleuvoir sur Israël ses roquettes tandis que ses troupes envahiront le nord d’Israël et tenteront de s’emparer du Golan et de Haïfa. La Cisjordanie ne sera déjà plus qu’un gigantesque incendie couvert de sang.

ISRAEL (1)L’avenir? A partir de là, de nombreux scénarios sont possibles. Le plus optimiste étant une reprise en main de Tsahal par le gouvernement israélien et la mise en place d’une stratégie militaire visant à repousser le Hamas au sud, le Hezbollah au nord et à mettre un terme aux combats en Cisjordanie et à Jérusalem. Mais cela prendra des mois de combats dans lesquels tout est possible, y compris l’entrée en guerre de pays de la région pour soutenir la Palestine, dont la Turquie, la Syrie et l’Iran qui doivent bien ça au Hezbollah, puis l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite pour ne pas laisser les Chiites revendiquer la victoire sur l’entité sioniste. Le plus pessimiste est la destruction définitive d’Israël, le massacre atroce de la population juive, de la population chrétienne, des arabes jugés « collabos » et l’installation sur plusieurs années, voir décennies, d’une guerre civile terrible entre les différentes influences des factions palestiniennes.

Bref, tout sauf la paix.

Pug

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here