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L’étau se resserre sur l’État islamique (EI). Les forces de sécurité irakiennes avancent depuis le début de la semaine dans le centre administratif de Mossoul-Ouest. Elles se sont emparées ou sont arrivées à proximité, à l’issue de combats acharnés, de plusieurs bâtiments publics de la «capitale» de Daech comme la banque centrale. La progression la plus lourde de sens politique est celle engagée pour la prise du siège du gouvernorat de cette province à majorité sunnite où vivaient aussi des chiites ainsi qu’une population issue des minorités chrétiennes, kurdes et yazidies.

Les troupes de la police fédérale affirment avoir dégagé les djihadistes du musée archéologique de Mossoul qu’ils avaient vandalisé en 2015. Un officier des forces de réaction rapide (FRR), une unité dépendant du ministère de l’Intérieur, particulièrement en pointe dans l’offensive conduite sur la rive droite du fleuve Tigre, a précisé que la reprise du deuxième plus important musée du pays, après celui de Bagdad, avait eu lieu lundi. L’établissement a été «complètement détruit» par l’EI, qui a aussi «pillé des objets», a indiqué à l’AFP Abdulamir al-Mohammedawi. Une vidéo de l’EI diffusée le 26 février 2015 avait montré des djihadistes en train de réduire en miettes à coups de masses des statues antiques, frises et autres trésors préislamiques, dont certains provenaient des sites antiques de Nimroud et Hatra, proches de Mossoul. Selon des responsables des Antiquités, près d’une centaine d’œuvres avaient été anéanties ou endommagées, des originaux pour la plupart. Cette destruction avait été comparée avec celle des bouddhas de Bamiyan (Afghanistan) par les talibans en 2001.

Canons Caesar

Le prochain objectif des troupes d’élite irakiennes devrait être la grande mosquée de Mossoul où Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé, le 29 juin 2014, le califat et appelé les musulmans à lui obéir. Son organisation contrôlait alors plus d’un tiers du territoire irakien et ses combattants étaient aux portes de Bagdad.

La campagne pour la libération de Mossoul a débuté en octobre avec la participation des pechmergas, les forces kurdes dans la plaine de la Ninive. Les forces irakiennes ont lancé à la mi-février leur opération militaire pour reprendre l’ouest de Mossoul, après la reconquête fin janvier des quartiers Est avec le soutien de la coalition internationale menée par Washington. Cet appui est essentiellement aérien avec en complément une intervention des canons français Caesar qui ont effectué de nombreux tirs ces quinze derniers jours. Des commandos de forces spéciales, américaines et françaises, qui accompagnent les forces irakiennes, sont présents sur le terrain.

Les djihadistes étaient, selon des estimations avancées au début des combats pour la capture de Mossoul-Ouest environ 2000. Ceux qui restent sont désormais au pied du mur. Une manœuvre d’encerclement a permis de couper la route qui leur permettait de rejoindre Tall Afar, l’un de leurs derniers bastions en Irak, et de rejoindre la frontière syrienne. L’État islamique tient toujours la vieille ville où les affrontements s’annoncent pénibles en raison de la configuration des lieux. Le vieux Mossoul est un enchevêtrement de ruelles et de maisons avec une forte densité d’habitants réputés pour avoir soutenu l’État islamique.

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