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Carlos et ses avocats lors du premier jour de son procès pour l’attentat du drugstore Publicis de Saint-Germain. – Benoit PEYRUCQ / AFP

A la cour d’assises spéciale de Paris,

Petite bedaine, lunettes de vue et douleurs lombaires. Difficile de croire que l’homme qui a pris place, ce lundi, dans le box de la cour d’assises spéciale de Paris a été un jour « l’ennemi public N°1 ». C’était en 1974. Il aura donc fallu 43 ans et une procédure pour le moins laborieuse avant que le terroriste Carlos ne se retrouve accusé d’avoir jeté une grenade ayant fait deux morts et 34 blessés dans le drugstore Publicis de Saint-Germain-des-Près.

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Cela fait bien longtemps qu’une boutique de vêtements de luxe a comblé le cratère laissé par l’explosion. Mais archéologie judiciaire oblige, la cour a tenté, lundi, de creuser cette époque où Daesh ne faisait peur à personne. Et où les mouvements terroristes s’appelaient les Cellules révolutionnaires, l’armée rouge japonaise ou encore le Front populaire de libération de la Palestine.

C’est au nom de ce dernier que Carlos faisait la guerre après avoir été formé en Jordanie. « Vous étiez inconnu des services en tant que Carlos », a rappelé François Sottet, le président de la cour. Mais déjà biberonné à la révolution bolivarienne par des parents vénézuéliens qui lui ont donné le prénom officiel d’Illich, gardant Lénine et Vladimir pour ses deux petits frères.

Condamné à perpétuité, il veut « continuer la lutte »

Illich Ramirez Sanchez donc pour l’état civil. Age ? « 17 ans, plus ou moins 50 ans. » Profession ? « Révolutionnaire professionnel depuis l’adolescence. » Mémoire intacte et aucun remords. « Je suis fier de mon passé, de mon présent et sans doute de mon futur », indique-t-il.

Car, dans la famille Ramirez Sanchez, on vit jusqu’à 90 ans. « Ma mère ne me reconnaît plus au téléphone. Mais je vais retourner au Venezuela et continuer la lutte », prévoit-il. C’est oublier un peu vite qu’il est déjà condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité et qu’il risque la même peine dans le procès qui l’occupe aujourd’hui.

« J’aime trop les gens »

Le fond de l’affaire ne doit commencer à être abordé que mardi. Mais convoquant tour à tour Jacques Chirac, Saddam Hussein, la CIA et les « organisations sionistes », celui qui porte aussi le sobriquet de « Chacal » a déjà donné le ton de sa défense. Ses cinq avocats peuvent manger des bonbons pendant les débats, il n’a pas besoin d’eux pour assurer le spectacle.

>> Justice: Carlos fait le show à l’ouverture de son procès

Amusé, le président de la cour a aussi tenté de faire le point sur les différentes liaisons qu’il a entretenues durant son existence. La tâche est ardue mais il aura, au moins, retenu que son petit-fils qui le visite en prison est aussi « blond » que lui étant petit.

De quoi lui donner des regrets de ne pas le voir grandir ? Pas vraiment. Ah si, un seul : « J’aime trop les gens. Je regrette de ne pas avoir tué certaines personnes à cause de mon grand cœur. » Les débats doivent se poursuivre jusqu’à la fin du mois. Le verdict est attendu le 31 mars.

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