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Le candidat de l’extrême droite néerlandaise, Geert Wilders. – Y.Herman/AP/SIPA

Il pourrait bien se retrouver à la tête des Pays-Bas à l’issue des élections législatives qui doivent se tenir ce mercredi. Visage de l’extrême droite xénophobe et populiste néerlandaise, Geert Wilders est tout à la fois adoré et détesté, et divise un pays qui se targue d’une longue tradition de tolérance multiculturelle. Son cheval de bataille : l’islam, qu’il souhaite éradiquer dans son pays. Comparé à Trump, isolé dans l’échiquier politique néerlandais, Geert Wilders fait campagne à grands coups de formules chocs. Une voie jusqu’au sommet de l’Etat ?

Pro israélien fasciné par la politique

Au départ, Geert Wilders se voyait devenir assistant social. Mais après avoir vécu deux ans en Israël, après ses études, Geert Wilders découvre l’Etat hébreu et attrape le virus de la politique dans les années 1980. A l’époque, « il n’était pas vraiment de gauche ou de droite, ni xénophobe, confie son frère Paul au magazine allemand Der Spiegel. Il était fasciné par le jeu politique, les luttes pour le pouvoir et l’influence ».

C’est à cette époque que son aversion pour l’islam serait née. En première ligne des tensions israélo-palestiniennes, il sera marqué par l’assassinat en 2002 du populiste Pim Fortuyn, et par celui du réalisateur anti-islam Theo van Gogh deux ans plus tard.

Un candidat anti-islam, anti-étrangers et anti-européen

Sur son compte Twitter, Geert balance la couleur sans attendre : son ennemi, c’est l’islam.

Capture d'écran du compte Twitter de Geert Wilders. Capture d’écran du compte Twitter de Geert Wilders. – Twitter / Geert Wilders.

Condamné pour incitation à la haine raciale et discrimination l’année dernière après avoir promis « moins de Marocains » aux Pays-Bas, l’élu de 53 ans est parti en croisade contre « l’islamisation » de son pays et va jusqu’à comparer le Coran à Mein Kampf d’Adolf Hitler.

« Je ne dis pas que tous les musulmans sont mauvais ou sont des terroristes, affirmait-il récemment. Mais je crois que dans tous les pays où l’islam est la religion dominante, on peut observer un manque de liberté, de démocratie, d’Etat de droit… » Dans le programme de son parti, qui tient sur une feuille de papier, il promet d’interdire l’accès de son pays aux immigrés musulmans et de fermer les mosquées.

Adeptes des sorties au vitriol, notamment sur Twitter où il est très prolifique, Geert Wilders n’est jamais avare de formules fracassantes, parlant du voile islamique comme d’« un torchon de tête », des délinquants marocains qui seraient « des terroristes des rues », mentionnant des « villages de racailles » et qualifiant l’Europe d’« Etat nazi ». Quelques mois après la victoire du Brexit, Geert Wilders défend aujourd’hui le  » Nexit« , et souhaite, s’il s’imposait par les urnes, proposer un référendum pour une sortie néerlandaise de l’euro.

Placé sous haute protection policière

Sa rhétorique virulente lui a permis de rencontrer son public parmi ses compatriotes et de se faire connaître au-delà des frontières du plat pays. Mais tout cela lui a aussi valu d’être inscrit sur les listes noires d’Al-Qaïda. Désormais, Geert Wilders vit sous protection policière permanente et se déplace le moins possible en public. Et non sans être en permanence entouré d’une demi-douzaine de policiers qui le suivent comme son ombre.

Sollicité par de nombreux médias pour participer à des débats avec ses adversaires, Geert Wilders a décliné la quasi-totalité des invitations. Sa sécurité serait telle qu’elle limiterait ses contacts avec l’extérieur. « Son monde est devenu très petit, racontait il y a peu son frère. Parlement, événements public et son appartement », en dehors de cela, « il ne peut aller nulle part ailleurs ».

Trump et Le Pen à la sauce hollandaise

S’il fallait lui trouver des ressemblances avec d’autres politiques portés sur le discours populiste, Donald Trump et Marine Le Pen sont les deux noms qui viennent assez facilement à l’esprit. Du premier, outre une chevelure blonde péroxydée assez déconcertante, Geert Wilders tient le même amour de Twitter, même rhétorique lapidaire et le même discours populiste et anti-immigrés. Geert Wilders, au parlement depuis près de vingt ans, est depuis longtemps une épine dans le pied de ce qu’il appelle « l’élite » politique, un mot cher au président américain lorsqu’il était en campagne.

Avec Marine Le Pen, il partage entre autres la posture de celui qui se pose en candidat antisystème, qui capitalise sur sa forte personnalité. Ainsi qu’un fort positionement anti-européen.

Un leader sans armée

Ce serait historique : son Parti pour la liberté (PVV) pourrait bien devenir après les élections législatives de mercredi la plus grande formation politique du pays. Même en deuxième position, il rencontrerait son plus grand succès depuis sa création en 2006. Toutefois, quel que soit le scénario à l’issue du scrutin, Geert Wilders semble être un leader sans armée. Officiellement, son parti est une association qui ne compte qu’un seul membre : lui-même.

Sans compter que la majorité des autres partis ont d’ailleurs juré de ne pas collaborer avec lui, et il ne figurera probablement pas au gouvernement. Pourtant, dans ce qui semble être aujourd’hui une autre vie, Geert Wilders et l’actuel Premier ministre Mark Rutte ont longtemps été assez proches. Mais la rupture est consommée entre les deux hommes, qui sont opposés depuis l’abandon par Wilders du gouvernement de Rutte en 2012. Rutte qui, en partie pour des raisons stratégiques, a promis de ne plus jamais collaborer avec celui qui est parfois surnommé « Capitaine peroxyde ». « ZERO POUR CENT » de chance, assurait-il dans l’un de ses très rares tweets. « Cela. N’arrivera. Pas. »

Réponse après le scrutin.

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