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Le parti populiste AfD tient son congrès ce week-end, à cinq mois des législatives. Sa figure de proue a annoncé mercredi qu’elle envisageait de se retirer de la formation.

Gros temps sur l’AfD, le parti populiste allemand. A deux jours de son congrès et à cinq mois des législatives allemandes, le partenaire européen du Front national traverse une crise de stratégie et de leadership. Au point que sa figure de proue, Frauke Petry menace de quitter la formation.  

La jeune formation -elle date de 2013- avait pourtant le vent en poupe. Parti anti-euro, à l’origine, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a connu une série de succès aux élections régionales, en surfant sur la crise des réfugiés et en tenant un discours anti-islam. Elle est désormais représentée dans 11 des 16 assemblées régionales allemandes. 

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L’AfD a enregistré en particulier une forte poussée en 2015 et 2016, lorsque la chancelière Angela Merkel a ouvert la porte à plus d’un million de demandeurs d’asile. Des sondages créditaient alors les populistes jusqu’à 15% des voix. Mais depuis quelques mois, en raison de sa crise interne et de la baisse de l’afflux migratoire, la formation n’est plus qu’entre 8 à 11% des intentions de vote. 

La « réaliste » Frauke Petry, opposée aux « durs » du parti

La réunion de samedi et dimanche à Cologne opposera les « réalistes », qui ne veulent pas d’un virage complet vers l’extrême droite, aux durs. 

Ces querelles internes pourraient être à l’origine du retrait de Frauke Petry, 41 ans, codirigeante de l’AfD et partisane des « réalistes ». Mercredi, elle s’en est pris à ses adversaires dans une vidéo sur Facebook, fustigeant « les provocations extrêmes de quelques représentants » qui ternissent « l’image de l’AfD ».  

Les dérapages racistes de certains cadres ont conduit « à une érosion drastique du potentiel électoral » de la formation. En particulier de ceux de Björn Höcke, élu de Thuringe, sur l’histoire allemande et la Shoah. Ce dernier a par ailleurs annoncé qu’il ne participerait pas au congrès.  

La télégénique Frauke Petry, enceinte de son cinquième enfant, presse l’AfD d’adopter sa ligne politique plus modérée. Elle a rendu public un document de 78 pages qui pose les jalons d’une « Realpolitik » devant conduire le parti au pouvoir en 2021. Voulant prouver qu’elle n’agit pas par ambition personnelle, Frauke Petry dit avoir renoncé à être tête de liste aux législatives du 24 septembre.  

Frauke Petry, ici le 1er mai 2016 lors d’un congrès de l’AfD à Stuttgart, s’interroge sur son avenir.

afp.com/Philipp GUELLAND

La ligne de Petry est pourtant loin d’être majoritaire. Comment réagiront les durs du parti, notamment le vice-président Alexander Gauland, 76 ans, dont le camp dispose d’un large soutien dans l’est de l’Allemagne, le grand bastion électoral de l’AfD? Jusqu’ici, il a repoussé les assauts de sa camarade et obtenu le gel de procédures d’exclusion de cadres qui ont tenu des propos controversés sur le nazisme. 

Le désordre provoqué par le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ont probablement aussi pesé dans le recul du parti anti-européen. Raison pour laquelle Frauke Petry s’efforce de réduire l’influence de la frange radicale de l’AfD, qui fait figure d’épouvantail dans un pays encore marqué par son passé nazi. Le parti devra trancher ce week-end sur la voie à choisir. 

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