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Benoît Brisefer est doté d’une force incroyable – © Peyo & Le Lombard 2017

Si le nom de Peyo est entré dans le panthéon du 9e Art, c’est essentiellement grâce au phénoménal succès de ses petits lutins bleus – les Schtroumpfs —, toujours très « hype » malgré leurs près de 60 ans d’existence. Disparu en 1992, l’auteur de BD belge a pourtant créé d’autres personnages durant sa carrière, parmi lesquels les héros médiévaux  Johan et Pirlouit, le chat Poussy ou  Benoît Brisefer, un gamin à la force herculéenne. Les trois premières aventures de ce dernier sont d’ailleurs republiées dans le 1er tome d’une intégrale qui en comptera cinq.

François Walthéry, le créateur de cette autre héroïne de BD célèbre qu’est Natacha, hôtesse de l’air, se souvient de ses années d’apprentissage auprès de Peyo sur la série Benoît Brisefer. Il revient, pour « 20 Minutes » et à la suite de la preview ci-dessous, sur les premiers pas de ce super-héros haut comme trois pommes. Bonne lecture !

Résumé de l’éditeur : À première vue, rien ne distingue Benoît Brisefer des autres petits garçons de son âge. Il est pourtant doué d’une force herculéenne ! Du coup, tous les vauriens qu’il croise sur son chemin en sont pour leurs frais. Mais hélas, personne n’est parfait : dès qu’il s’enrhume, Benoît perd ses extraordinaires aptitudes physiques… aussi, n’enlève-t-il jamais l’écharpe de laine qu’il porte autour du cou ! Ce 1er volume reprend les albums Les Taxis rouges, Madame Adolphine et Les douze Travaux de Benoît Brisefer.

>> A lire aussi : Pascal Garray, un des dessinateurs des Schtroumpfs et de Benoît Brisefer, est décédé

Un concept simple mais exploitable à l’infini

Pour mémo, Benoît Brisefer est un petit garçon apparu dans les pages du magazine Spirou en décembre 1960. « Il devait être publié dans le magazine belge Le soir illustré, alors en difficulté, se souvient François Walthéry. Mais quand Charles Dupuis en a découvert les premiers croquis, il a dit à Peyo – de son vrai nom Pierre Culliford — qu’il le voulait dans Spirou. Le pauvre n’a pas su refuser ». La première particularité de Benoît Brisefer, c’est qu’il est – on ne sait pas pourquoi — hypercostaud. Sa seconde particularité, c’est que sa première particularité disparaît lorsqu’il est enrhumé. Un pitch hypersimple, mais qui permet, à l’époque (et auprès d’un jeune lectorat, en tout cas), des développements infinis.
 

Peyo & éd. Le Lombard 2017
 

Le succès est immédiat « et phénoménal », selon François Walthéry, qui a repris le dessin de la série dès le troisième album (Les douze Travaux de Benoît Brisefer, qui figure dans l’intégrale ici présentée). Bon, sans aucune mesure avec le carton que faisaient les Schtroumpfs depuis deux ans, mais enfin… « Peyo m’a d’ailleurs déclaré, un jour : “François, vous n’avez pas pris la bonne charrette parce que lorsque je vends un album de Benoît Brisefer, il s’en écoule vingt des Schtroumpfs” (rires). »
 

Peyo & éd. Le Lombard 2017

« Un contre-pied aux super-héros américains »

Bon, mais qu’est-ce qui a fait « durer » Benoît Brisefer, dont sept albums de ses aventures « policières, fantastiques, d’espionnage et toujours teintées de poésie » ont été produits du vivant de Peyo et six autres après sa disparition) ? « Ma foi, il a un super-pouvoir, s’amuse Walthéry, même si Benoît est plutôt un contre-pied aux super-héros américains qui commençaient à envahir la presse de l’époque ». Mieux : il est hyperdébrouillard et très malin – il dénoue souvent des énigmes à la seule force de sa déduction —, deux raisons pour les jeunes lecteurs de Spirou de s’identifier à leur mini-héros.
 

Peyo & éd. Le Lombard 2017

Ça, ça fonctionnait dans les années 1960, mais pas sûr que l’engouement serait le même aujourd’hui. « Détrompez-vous, s’insurge François Walthéry, parce que je constate, quand je vois des gamins le découvrir, qu’il captive toujours le jeune lectorat. C’est un héros intemporel ! Bon, bien sûr, les décors dans lesquels il évolue sont marqués par leur époque, mais ça ne gêne pas. D’ailleurs, à l’époque, il était déjà “hors mode” : aucun enfant ne portait de béret basque, par exemple (rires). »
 

Peyo & éd. Le Lombard 2017

Les pionniers de la bande dessinée

Ce qui fait aussi la valeur de la série, c’est que s’y sont frottées plusieurs « stars » de la BD alors en devenir, comme Walthéry, mais également Will (Tif et Tondu), Wasterlain (Docteur Poche), Gos (Le Scrameustache), Derib (Yakari, Buddy Longway) etc. « Peyo, qui était déjà très accaparé par les Schtroumpfs au début des années 1960, a monté une sorte d’atelier comme Hergé l’avait fait pour Tintin. Ça créait une émulation artistique incroyable, s’enthousiasme Walthéry, et comme l’ambiance était très familiale, tout le monde en garde un souvenir assez ému. » Au-delà du personnage lui-même, la série Benoît Brisefer est donc emblématique d’une certaine conception de la bande dessinée, celle de ces « pionniers » que furent Peyo et ses assistants. Rien qu’à ce titre, cette intégrale mérite de voir enfin le jour.

« Intégrale Benoît Brisefer » tome 1, de Peyo, F. Walthéry, Will et P. Gaumer – éditions Le Lombard, 25,50 euros

En vente le 21 avril 2017

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