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La revendication du groupe terroriste, publiée dès jeudi soir, jette des doutes sur l’action du suspect de l’attaque, Karim C. Pourquoi avoir évoqué un combattant belge?

Karim C. a-t-il fait cavalier seul? Au lendemain de l’attaque qui a fait un mort et deux blessés sur les Champs-Elysées, les enquêteurs cherchent à déterminer si l’assaillant neutralisé a bénéficié de complicités. Les témoignages des personnes présentes sur les lieux laissent penser qu’il a agi seul. Mais selon une source proche du dossier, les policiers envisagent l’hypothèse d’une complicité matérielle ou d’un soutien intellectuel. 

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Après une nuit de perquisitions au domicile du Français de 39 ans, à Chelles (Seine-et-Marne), trois individus issus de son entourage proche ont été placés en garde à vue. Une procédure classique en matière d’antiterrorisme qui peut simplement signifier que son environnement est passé au crible. 

Un Abu Youssuf non identifié

Le rôle du groupe terroriste Etat islamique (EI) dans cette attaque interroge. Moins de trois heures après les faits, Daech en a revendiqué la paternité via son agence de propagande Amaq, en affirmant qu’elle était l’oeuvre d’un « soldat du califat » surnommé « Abu Yussuf Al-Baljiki » (Abu Youssuf le Belge). Or des sources proches de l’enquête indiquent à L’Express qu’aucun lien entre Karim C. et la Belgique n’a pu être établi à ce stade. De même, ce surnom de combattant n’apparaît dans aucune procédure terroriste. « Il y a quelque chose qui cloche dans cette revendication », observe l’une de nos sources. 

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Daech a-t-il dénoncé sans le vouloir un complice du tueur? Ou a-t-il confondu avec une émule qui projetait de passer à l’action ces jours-ci? « Il est déjà arrivé que que les combattants de Daech utilisent une kouniya [un surnom] qui n’est pas liée à leur nationalité. Parfois, ils tentent de cette façon d’échapper aux services de renseignement », explique Jean-Charles Brisard, président du Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT). L’un des kamikazes du 13 novembre, Brahim Abdeslam, avait été présenté comme belge alors qu’il avait la nationalité française. Mais l’homme vivait à Molenbeek. 

Une erreur factuelle?

Autre piste: une erreur factuelle de l’organisation djihadiste dans la précipitation. D’autant que la revendication a été publiée très rapidement, quelques heures à peine après l’attentat. Il existe un précédent, toujours lors des tueries du 13 novembre. Daech avait fait allusion à une attaque dans le 18e arrondissement qui n’a jamais eu lieu, bien que Salah Abdeslam soit passé par le quartier. 

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« Amaq a pu également se tromper, en faisant référence à un autre individu qui aurait un lien avec cette attaque, en y ayant participé indirectement ou en la supervisant », s’interroge Jean-Charles Brisard. C’est que l’utilisation des termes dans le communiqué pose question. Il n’est pas question, comme cela a été souvent le cas ces derniers mois en Europe, d’un individu qui a « répondu à l’appel » du groupe à attaquer « les croisés », mais bien d’un soldat. Ce qui pourrait suggérer une opération pilotée depuis la Syrie. 

Un Belge signalé à la France mais mis hors de cause

Détail troublant: en parallèle jeudi soir, les autorités belges ont signalé à la France un individu belge radicalisé susceptible de se rendre dans l’Hexagone en vue de commettre une action violente. Son prénom est Youssouf, comme celui mentionné par la revendication de Daech. L’individu s’est présenté spontanément au commissariat d’Anvers, où il est domicilié, pour démentir tout lien avec l’attaque. La justice belge n’a trouvé aucun lien entre l’homme et l’attaque des Champs-Elysées. 

Enfin sur le réseau chiffré Telegram jeudi soir, des djihadistes ont relayé plusieurs clichés d’un homme présenté comme Abu Youssuf Al-Baljiki. 

Photo d’un prétendu « Abu Yusuf Al-Baljiki », diffusé sur des canaux Telegram non-officiel de Daech vers 1h30 du matin, vendredi 21 avril.

L’Express

Le combattant arbore des cheveux longs et une barbe fournie. Un portrait qui ne correspond pas à celui de Karim C. 

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