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Le symbole est fort : un attentat contre des policiers, sur les Champs-Elysées, à deux pas du pouvoir présidentiel et au moment même où se tenait le dernier débat avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Un policier a été tué et deux autres grièvement blessés, jeudi 20 avril aux alentours de 21 heures, par un homme, qui a très vite été abattu. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’affaire à la suite d’une revendication de l’attaque par l’organisation Etat islamique.

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  • Un policier tué et deux autres blessés grièvement

Jeudi en début de soirée, un homme armé descend d’un Audi grise, juste après s’être garé près d’un fourgon de police. Il ouvre le feu avec une arme automatique sur des policiers de la 32e compagnie d’intervention de la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris (DOPC). L’un d’entre eux est tué et deux autres blessés grièvement. Une touriste allemande a également été blessée au talon, touchée par un éclat de balle. Après quelques minutes de confusion, le terroriste a été abattu sur le trottoir des Champs-Elysées.

Le récit :   Paris attaqué à la veille de l’élection présidentielle

  • Le terroriste, un homme bien connu des services de police

Selon les informations du Monde, il s’agirait de Karim Cheurfi, un Français de 39 ans. Il a commencé à être repéré pour sa radicalisation à partir de décembre 2016. A cette époque, il est signalé par une personne pour sa volonté de tuer des policiers afin de venger les musulmans tués en Syrie. Il est aussi dénoncé à la même période, car il a indiqué rechercher des armes, et vouloir entrer en contact avec un individu qui s’avérerait un combattant de l’organisation Etat islamique (EI) dans la zone irako-syrienne. Une enquête judiciaire est alors ouverte, confiée à la police judiciaire de Meaux. Elle reste une enquête de droit commun.

Lire le portrait :   Attaque des Champs-Elysées : Karim Cheurfi était signalé pour radicalisation depuis fin 2016

Ces signalements entraînent toutefois, à partir de janvier, l’inscription de Karim Cheurfi au fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Un fichier créé en mars 2015, quelques mois après l’attaque de Charlie Hebdo, afin de mieux centraliser le suivi des individus dont le niveau de radicalisation est susceptible de basculer vers le terrorisme. Ce fichier contient aujourd’hui environ 16 000 fiches dont 4 000 « objectifs » des services. Karim Cheurfi n’a toutefois pas fait l’objet d’une fiche S.

Le 23 février, Karim Cheurfi est interpellé, mais sa garde à vue ne donne rien. Même chose pour la perquisition réalisée à son domicile. C’est seulement en mars, tout récemment, que le basculement va s’accélérer, et que Karim Cheurfi va entrer dans les radars de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’enquête suivie par la PJ de Meaux bascule au pôle antiterroriste du parquet de Paris.

  • Enquête en cours et revendication floue de l’EI

Le parquet antiterroriste doit éclaircir de grandes zones de flou sur les « complicités » éventuelles dont a pu bénéficier Karim Cheurfi, selon le procureur de la République de Paris, François Molins.

Trois membres de son entourage familial ont été interpellés et placés en garde à vue – il s’agit d’une procédure classique, qui ne veut pas forcément dire qu’ils sont soupçonnés de complicité. Après une perquisition au domicile du terroriste, à Chelles, en Seine-et-Marne, des « éléments de radicalisation » ont été trouvés par les enquêteurs, selon nos informations.

Quelques heures après l’attaque, l’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué l’attaque par son organe de propagande Aamaq, mentionnant un certain Abou Youssouf Al-Belgiki. Or, il ne s’agit vraisemblablement pas de Karim Cheurfi, qui n’est pas belge.

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  • Aucun lien avec un suspect en Belgique

Un homme signalé par les services belges à leurs homologues français et soupçonné d’avoir voulu se rendre en France ne serait, selon les autorités belges, pas lié à l’attaque de jeudi soir.

L’individu en question, âgé de 35 ans et résidant à Anvers, a été soupçonné d’avoir voulu se rendre en France, selon le porte-parole du ministère de l’intérieur, Pierre-Henry Brandet. Un billet de Thalys pour la France en date du 20 avril a été retrouvé à son domicile. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’homme est allé dans un commissariat d’Anvers pour y témoigner de sa présence, selon son avocat. Il est impliqué dans une affaire de stupéfiants. Les services belges tentent maintenant de savoir qui est le fameux Abou Youssouf Al-Belgiki.

  • Le dernier jour de campagne bouleversé

La campagne officielle pour l’élection présidentielle, qui s’achève à minuit, a été bouleversée par cette attaque. Certains des candidats ont annulé des déplacements, tels François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Marine Le Pen, tandis que d’autres les ont maintenus, comme Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou.

François Hollande a annoncé un « hommage national » rendu au policier tué. Après avoir participé à un conseil de défense exceptionnel à l’Elysée, le président de la République est allé à l’hôpital où sont les deux autres policiers blessés.

Les réactions :   Les candidats adaptent leurs discours et l’agenda de leur dernier jour de campagne

  • Sécurité au plus haut niveau pour le premier tour

A l’issue de ce conseil de défense, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a déclaré que « rien ne devait entraver » l’élection présidentielle, « ce moment démocratique fondamental pour notre pays ».

Au total, plus de 50 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, en complément des 7 000 militaires de l’opération « Sentinelle », des unités spécialisées d’intervention « placées en état d’alerte » et des services de renseignement pour assurer la sécurité des 67 000 bureaux de vote ouverts pour le premier tour, dimanche, et pour le second.

Mais, comme le dit au Monde un cadre de la police : « Il n’y a rien de radicalement différent dans la mesure où on est déjà en posture haute. »

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