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Marie Drucker présente un nouveau numéro de «Retour aux sources» mardi soir sur France 2 — © Charlotte Schousboe / starface

Marie Drucker, la discrète. Depuis son surprenant départ du 20 Heures de France 2 et du monde de l’info il y a près d’un an, les téléspectateurs l’ont quasiment perdu de vue. Ou presque. Car depuis, la journaliste a choisi de passer derrière la caméra. Réalisatrice de documentaires, elle a également fondé en septembre dernier sa propre boîte de prod, No School Production, où elle aide des auteurs et des réalisateurs à mettre en œuvre leurs projets.

Si Marie Drucker a tourné la page du journal télé, elle n’en a pas fini avec France Télévisions. Mardi à 23 h 05 surFrance 2, elle présentera un nouveau numéro de Retour aux sources, consacrée à l’ex Miss France Sonia Rolland, prête à percer les mystères de sa famille. 20 Minutes a profité de l’occasion pour tenter de percer celui de Marie Drucker.

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Ce programme, « Retour aux sources », est une sorte de chasse au trésor géante en quête de ses origines ?

C’est, entre autres choses, cela qui attire les personnalités. On les prend un matin, on les redépose chez elles dix jours plus tard, et entre les deux elles ne savent pas ce qui va se passer. Elles me font confiance, et cela répond aussi à un besoin, à une envie, notamment celle de transmettre à ses enfants. Mais c’est très difficile de produire cette émission. Il faut trouver une personnalité avec qui les téléspectateurs ont envie de passer une heure et demie, et une histoire qui soit suffisamment parcellaire, mystérieuse pour qu’il y ait une enquête, et une quête.

Vous présentez ce programme et en produisez d’autres pour France Télé, vous êtes donc toujours en très bons termes eux ?

Je suis très attachée au service public, à tous points de vue. Je trouve que c’est une maison d’une richesse assez rare où on vous laisse la liberté de vous illustrer dans de nombreuses cases. Et j’ai une très haute opinion de la télévision, comme un vecteur d’information, de culture… C’est un outil démocratique énorme, on a cette chance et cette liberté de pouvoir faire les choses, mais c’est aussi une responsabilité.

L’an dernier, vous avez très discrètement tourné la page de l’info, en en surprenant plus d’un…

Cela faisait plusieurs années que j’avais ça en tête. A l’origine je viens de l’image et du montage. Je ne faisais pas d’antenne. En 2012 j’ai fait mon premier vrai film documentaire pour France O et France 2 sur la communauté noire américaine du sud des États-Unis. Depuis j’ai vraiment creusé ce sillon-là et je me sens très heureuse et très épanouie. Je suis à ma juste place. Cela a été un choix impérieux, ça s’est imposé à moi. Ça n’a donc pas été un problème, et non plus une raison de se justifier. Je ne me voyais pas expliquer pourquoi ce choix, comme si finalement la décision que je prenais avait une importance pour le monde.

Vous ne regrettez donc pas cette décision ?

J’ai vraiment tout donné à ce métier pendant plus de 20 ans, il me l’a rendu au centuple. Il n’y a absolument aucun reniement dans ma démarche. L’information est quelque chose de chronophage. Cela prend votre temps, mais votre esprit aussi. J’ai toujours été très attaché à ma liberté et à toujours faire des choses très différentes, au risque d’être totalement inclassable. Mais là c’est une dispersion qui n’était pas possible. Je pense qu’on ne peut pas faire producteur, réalisateur, prendre du temps pour écrire de la fiction et en même temps avoir une activité très prenante dans le journalisme.

En septembre, vous avez donc lancé votre société de production, avec cette envie de défendre les projets des autres.

J’ai lancé No School Productions pour aller vers encore plus de liberté. Désormais je vais chercher des projets, je me bats pour eux, et j’adore. Je pense que l’audiovisuel est un monde très difficile aujourd’hui quand on n’a pas forcément les connaissances, et moi j’ai cette chance d’avoir un pied à France Télévisions.

D’où vous vient cette combativité ?

J’ai grandi avec les idées très fortes ancrées en moi du travail, de l’humilité face à la tâche à accomplir, de se battre pour ses idées. Et je viens de familles qui ont dû se battre pour exister. Et même pour survivre. Quand je pense à quel point ça a été tellement fou pour mes grands-parents de venir en France, de devenir français… Et j’ai aussi cette idée de la liberté comme quelque chose d’inaliénable, qu’il faut protéger et à laquelle il ne faut jamais renoncer.

Vous tenez à cette liberté, mais aussi à la discrétion, c’est donc plus simple pour vous désormais ?

Je n’ai jamais été opposé au fait de se médiatiser quand il s’agit de parler de ce qu’on fait. Je n’ai jamais aimé ou voulu médiatiser ma personne. J’aurais pu, même cette année, l’être en permanence, mais je n’avais rien à dire ! De même, participer à des émissions, comme une espèce de mise en abyme de moi-même, je n’ai jamais voulu faire ça. J’ai accepté de la faire mais quand c’était pour défendre un projet.

Mais jamais quand il s’agit de votre vie privée, pour vous exprimer sur votre famille ou vos proches…

Je suis quelqu’un de très pudique. C’est un principe de vie que j’ai depuis toujours, je ne parle jamais de ma vie privée. Et j’attaque systématiquement ceux qui volent des choses de mon intimité.

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