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A l’issue du Grand Shelem qu’il vient, à nouveau, de remporter, comme jamais personne avant lui, nous remettons en ligne cet article réactualisé, du 7 août 2013.

Quiconque s’intéresse, même de loin, au Tennis, sait qui est Rafael (« Rafa ») Nadal. C’est ce joueur de tennis redevenu le Numéro Un, qui a remporté 10 fois Roland-Garros. Il est considéré comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps, probablement encore, comme le meilleur joueur sur terre battue. Se remettant de mauvaises blessures, il a lutté brillamment pour son retour en tant que numéro un. Aussi, qu’est-ce que cela peut bien avoir à faire avec l’histoire juive ? Peut-être rien, peut-être beaucoup.

Puisque l’essentiel de l’histoire juive se définit par les persécutions, sa partie essentielle en passer par le « décodage » d’un passé secret. C’est ce qui nous ramène à Nadal.

Cette légende du Tennis est originaire de l’île de Majorque, en Espagne. En 1492, les Juifs de Majorque ont, soit été expulsés, soit convertis de force.

Ceux qui se sont convertis n’ont jamais été acceptés. Jusqu’à très récemment, on les appelait les « Chuetas », considérés comme une « race » à part. Les gens refusaient de se marier avec eux et ils ne pouvaient pas aspirer à des positions sociales élevées. Tout le monde savaient qu’ils étaient Juifs. Une église locale conservait la liste de leurs membres, au cas où il faudrait la produire publiquement. Récemment, la libéralisation a, peu à peu, changé tout cela et certains Chuetas sont revenus vers le Judaïsme. L’un d’eux est même devenu Rabbin et s’en est allé vivre en Israël.

Famille de chuetas en 1930

Le Majorquin Rafaël Nadal est-il un Chueta? Probablement. Son nom exact est : Rafaël Nadal Parera. « Parera » était un nom usuel chez les « Conversos » (les convertis), qui signifie « Poirier ». C’est un type de nom très « neutre », tels qu’en adoptaient les Juifs baptisés, au XVème siècle. Des noms comme « Parera », « Torres » et « Médina » reflètent, habituellement, un passé juif considéré comme « honteux », caché.

Certains de ces Chrétiens nouvellement admis ont essayé de prouver leur loyauté à leur nouvelle religion, en étant plus antisémites que les Chrétiens de vieille souche. Mais d’autres ont défendu leurs correligionnaires et fidèles « Conversos ». Jerónimo Nadal faisait partie de la seconde catégorie de braves types.

Tout comme le joueur de tennis des temps modernes, au XVIème siècle, Jerónimo Nadal venait de la région de Palma de Majorque. Il fut l’un des premiers Jésuites, représentant Ignacio de Loyola, le fondateur de l’ordre des Jésuites. A une époque de politique rigoureusement anti-Conversos, Jerónimo Nadal était bienfaisant envers les Conversos, en leur permettant d’intégrer l’ordre. Nous tenons pour un fait établi que Jerónimo Nadal parlait couramment hébreu. En fait, il était tellement féru de connaissances en textes religieux juifs que l’histoire a retenu que, lorsqu’il était en Avignon, en France, dans les années 1560, les Juifs de l’endroit lui ont offert le poste de Grand Rabbin ! Rabbi Nadal ? Aussi, il semble bien établi que Nadal soit un nom de converso.

Il existe bien d’autres preuves : les archives de l’Inquisition espagnole nous apprennent qu’au moins trois Conversos qui portaient le nom de « Nadal” ont été jugés comme des Hérétiques Judaïsés, à la fin du XVème siècle. Et, au moins un Nadal, appelé « Rafaël Nadal », tout comme le joueur de tennis, fut jugé à la fin du XVIIè siècle (voir : “ The Jesuit Order as a Synagogue of Jews: Studies in Medieval and Reformation Traditions ”, Robert Aleksander Maryks, pp. 88-89).

Mais, l’histoire des Juifs de Majorque remonte bien avant les temps médiévaux. Ils semblent avoir vécu là depuis, au moins, le 1er siècle (de l’ère commune). Il y a même de bonnes raisons de croire que certains des Juifs, forcés, par l’Inquisition, à se convertir pourraient être des descendants de Jésus et de ses premiers disciples. Trois pierres gravées sont exposées au Musée archéologique de Majorque.

Ces vestiges ont été découverts dans un environnement du 2nd siècle « paléo-chrétien », c’est-à-dire préchrétien. Il est largement admis que ces vestiges représentant des poissons constituent un des premiers symboles du christianisme. On a, cependant, découvert ces trois pierres dans la tombe d’un homme enterré en direction de Jérusalem. Elles portent mêmes des inscriptions en hébreu!. Elles révèlent le nom de l’homme enterré dans cette tombe. Il s’appelait « Samuel, fils de Chanaï ». S’agissait-il d’un des premiers hébreux, disciples de Jésus, parti de Terre Sainte vers Majorque ? De façon incroyable, il existe une tradition sur cette île, disant que Jésus lui-même aurait débarqué à cet endroit. Les Majorquins venèrent « les pas sacrés » de Jésus jusqu’à ce jour.

Mais aussi, et c’est très rare, « Magdalene » est un nom commun parmi les Chuetas. Il y a même une famille « Chueta » qui revendique sa descendance directe de Jésus en personne voir le thème apocryphe du film de M. Scorcese : La Dernière Tentation du Christ », 1988″.

Aussi subsiste t-il la blague spirituelle, à Majorque, selon laquelle l’Inquisition semble avoir forcé les descendants des premiers disciples de Jésus et de sa famille à se convertir, du Christianisme que Jésus enseignait au Christanisme, tel que l’Inquisition l’a développé. Clairement, les Nadal font partie de cette histoire secrète, ils font partie de l’épisode des conversions sous la contrainte, des procès inquisitoriaux et de l’histoire du Judaïsme vécu dans le secret.

Je ne sais pas si Rafaël Nadal est au courant de quoi que ce soit à ce propos, mais si c’est le cas, il peut revendiquer son passé juif en même temps qu’il aspire à retrouver sa couronne de numéro un mondial de tennis. Tout comme pour les Chuetas, avec ou sans Rafa, il est temps de revenir à la maison. Peut-être l’Etat d’Israël pourrait-il faire écho aux dernières propositions du gouvernement espagnol, c’est-à-dire, exactement comme l’Espagne offre aux Juifs d’ascendance espagnole d’accélérer leur acquisition de la nationalité espagnole, Israël pourrait offrir aux Conversos en général, et aux Chuetas en particulier, une acquisition plus rapide de la citoyenneté israélienne. De cette façon, Nadal pourra peut-être représenter Israël lors de futurs championnats de tennis.

Pour plus d’informations du lien précoce entre le mouvement autour de Jésus et l’Espagne, vous pouvez regarder mon film : “ Secrets du Christianisme ”, dont l’épisode sur le « Voyage oublié de Jésus ».

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Simcha Jacobivici, cinéaste, chercheur, documentariste canado-israélien

7 AOUT 2013, 12:37 AM 11

Adaptation : Marc Brzustowski.

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