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Une Franco-Gabonaise et une autre personne, en cours d’identification, ont été tuées dimanche 18 juin, dans une attaque djihadiste contre un lieu de villégiature fréquenté par des étrangers, proche de Bamako au Mali. Une trentaine de civils ont réchappé à ce premier attentat anti-occidental depuis plus d’un an dans la capitale malienne. Le nombre des assaillants n’a pas été précisé, mais au moins quatre suspects ont été abattus.

Les expatriés occidentaux visés

L’attaque visait le campement Kangaba, un agréable « ecolodge », site de détente situé à la périphérie de Bamako prisé des expatriés et fondé par un Français. Une cible qui évoque d’autres sites attaqués par les groupes djihadistes du Sahel ces dernières années, notamment la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam où 19 personnes, dont huit étrangers, ont été tués en mars 2016.

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Le campement Kangaba en périphérie de Bamako au Mali

Dans une tribune publiée en janvier lors du sommet Afrique-France à Bamako, le propriétaire du campement Kangaba, Hervé Depardieu, s’était pourtant insurgé contre les alertes de sécurité des chancelleries occidentales, dont il dénonçait les incohérences :

« Les consignes de sécurité alarmantes émises par le consulat et les ‘conseils aux voyageurs’ dissuasifs du site du ministère (français) des Affaires étrangères entament sérieusement notre joie de vivre et nos libertés. »

Ils ont crié « Allah Akhbar« 

Selon des témoignages concordants, deux petits groupes d’assaillants ont attaqué l’établissement tôt dans l’après-midi ce dimanche 18 juin, rapporte « Le Monde ».

Karim, un employé sur place, raconte au quotidien :

« Les premiers assaillants sont arrivés très bien armés à la porte principale. Ils ont tiré en l’air alors avant de grimper vers les piscines. »

Un scénario confirmé par le ministre de la sécurité publique du Mali, le général Salif Traoré.

Un autre témoin a expliqué aux journalistes avoir vu arriver un homme à moto qui a ensuite commencé à tirer sur la foule, puis « deux ou trois personnes » venues avec un autre véhicule.

Boubacar Konta, un autre employé de l’hôtel, dont le témoignage a également été recueilli par « Le Monde » affirme avoir vu les assaillants brandir « leurs armes en l’air, crier ‘Allah Akhbar’, avant de tirer des rafales dans le ciel ».

Un scénario également confirmé par les témoignages de certaines personnes évacuées, qui ont affirmé que les assaillants avaient crié « Allah akbar ».

36 personnes évacuées 

Toujours selon le journal du soir, le deuxième groupe d’attaquants a ouvert le feu sur les clients en passant par le haut de l’établissement. Des militaires en permission présents sur place seraient parvenus à repousser les assaillants en répliquant avec leurs armes.

Ce sont ensuite les Forces spéciales antiterroristes du Mali (Forsat) qui se sont chargés d’exfiltrer les clients pris dans l’attaque, « équipés à la hâte par les soldats d’un gilet pare-balles », précise le quotidien. 

« Nous avons pu extraire ou exfiltrer près de 36 clients ou travailleurs du campement », a déclaré le ministre malien de la Sécurité, dont une quinzaine de Français et environ autant de Maliens. Deux personnes ont trouvé la mort dans l’attaque : une cliente franco-gabonaise décédée à l’hôpital, et une autre personne, encore en cours d’identification. 

« Une attaque djihadiste »

Dans la nuit noire, « sans moyen de vision nocturne », assure « Le Monde », la Forsat a ensuite réussi à traquer les assaillants. Aidée par l’armée et des éléments de sécurité de l’ONU, les Forces spéciales ont lancé l’assaut sur la colline où se retranchaient les terroristes. « D’intenses échanges de tirs et des explosions se font alors entendre alors », poursuit le journal. 

Le nombre des assaillants n’a pas été précisé, mais au moins quatre ont été tués, a affirmé dans la soirée Salif Traoré qui assure qu’il s’agit d' »une attaque djihadiste ».

Selon le quotidien, qui a pu joindre une source proche du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, « des signaux laissaient présager une attaque djihadiste imminente ». La source du « Monde » détaille :

« Il y a deux jours, en prélude à la marche de l’opposition, nous avions découvert une voiture avec des armes… »

« Menace accrue »

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, attendu à Bamako le 2 juillet pour le prochain sommet du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), « suit de très près l’évolution de la situation », selon la présidence française.

La dernière attaque djihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à mars 2016. Elle visait un hôtel abritant la mission de l’Union européenne qui entraîne l’armée malienne (EUTM Mali) et a participé à l’opération de dimanche. A l’époque, un assaillant avait été tué.

Le 9 juin, l’ambassade des Etats-Unis avait publié une consigne de sécurité à l’intention des citoyens américains les informant d’une « menace d’attaques accrue » à Bamako, dans les lieux fréquentés par les Occidentaux.

Etat d’urgence permanent

Le Mali est placé sous état d’urgence quasiment sans interruption depuis l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre 2015, qui avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs. 

L’attentat avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe djihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

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En mars 2015, une attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait déjà fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

B.K.

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