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53.000 adhérents sont invités à voter ce mardi lors du premier tour de la primaire du Parti travailliste, faction dominante au sein de l’Union sioniste, actuellement plus grand parti de l’opposition, avec 24 sièges sur 120 à la Knesset (Parlement israélien).

Pas moins de sept candidats s’affronteront afin de prendre la tête de l’opposition, un record dans l’histoire des primaires israéliennes.

Pourtant les Travaillistes traversent une période de turbulence, et avec une chute vertigineuse dans les sondages prévoyant guère plus de onze sièges pour le parti de centre gauche aux prochaines élections, le jeu en vaut-il la chandelle?

En marge de l’arène politique

« Je ne crois pas que le moment soit bien choisi pour prendre la tête du Parti travailliste », commente Calev Ben-David, analyste politique à i24NEWS.

« Les conditions ne me paraissent pas idéales pour ramener le parti au centre de l’arène politique », dit-il.

« D’abord parce que le parti centriste Yesh Atid, qui séduit les électeurs du centre gauche, est en forte progression dans les sondages, et son président Yaïr Lapid semble avoir tiré les enseignements des échecs qu’il a essuyés lorsqu’il était ministre des Finances », explique-t-il.

« Mais le Parti travailliste, qui vise à s’orienter vers des accords diplomatiques, se trouve actuellement en marge du jeu politique, dû notamment à l’omniprésence de l’Etat islamique et ses ravages, mais aussi à un président de l’Autorité palestinienne qui n’apparaît pas clairement comme un partenaire à la paix, et une administration américaine qui soutient ouvertement Netanyahou », poursuit-il.

Sur la ligne de départ

Selon une moyenne des sondages internes réalisés par les camps des cinq différents candidats potentiels, le député Omer Bar Lev (63 ans), ancien chef de l’unité des forces spéciales de l’armée israélienne, la Sayeret Matkal, prônant le retour des Travaillistes autour du thème de la sécurité et d’une séparation progressive des Palestiniens, se place en dernière position, réunissant près de 10% des voix.

Le député Erel Margalit (56 ans), ancien entrepreneur High tech, demande « à changer de ton » selon sa campagne et mise sur un « style agressif », pour se placer, selon les sondages, en troisième position avec environ 15% des voix.

A la même place, se trouve également le président sortant du parti, Itzhak Herzog (56 ans), lui aussi en lice, pourtant jugé responsable du déclin de la gauche.

Capture d'écran

En deuxième position, avec 20% des voix selon les sondages, se trouve l’ancien ministre de l’environnement Avi Gabai (50 ans), ancien député du parti de centre-droit Koulanou. Après seulement un an en poste, il a choisi de quitter le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou, accusant la coalition « de mener Israël à la destruction ». Il brigue la présidence du Parti travailliste sans jamais en avoir été membre.

Amir Peretz (65ans) semble être le gagnant de ce premier tour, crédité, selon les sondages, de 30% des intentions de vote.

Ancien président du Parti travailliste de 2005 à 2007, il est reproché à Peretz d’avoir plusieurs fois quitté son camp: une première fois en 1999, pour former le parti Am Ehad, ayant ensuite fusionné avec les Travaillistes en 2005. Puis en 2012, pour former Hatnua, le parti de Tzipi Livni, qui, fin 2014, rejoint les Travaillistes pour former l’actuelle Union sioniste.

Ministre de la Défense pendant la Seconde guerre du Liban en 2006, il est vivement critiqué pour sa gestion du conflit par la Commission Winograd. Mais c’est à lui qu’est attribuée l’approbation du développement du système anti-missile Dôme de Fer en février 2007.

Une tanière socio-économique

Ancien chef du plus grand syndicat israélien Histadrout, il promet dans sa campagne, de promouvoir une politique orientée sur les problèmes socio-économiques.

« Peretz a l’image d’un combattant des affaires sociales, il se lance dans cette course car il comprend qu’il a de bonnes chances de gagner en misant sur une stratégie socio-économique », explique Ben-David.

« Le problème est qu’il n’y a actuellement aucune ouverture vers des accords de paix, aucun progrès, et c’est la raison pour laquelle le Parti travailliste ne peut que se cantonner à un rôle de tanière socio-économique », estime-t-il.


Primaires du parti travailliste israélien: sept…byi24news-fr

« Je ne vois pas, pour le moment en tout cas, le Parti travailliste revenir au centre de l’arène », répète-t-il, avant de conclure qu’il ne « considère qu’aucun de ces candidats n’a une chance de devenir aux prochaines élections législatives, chef du gouvernement ».

La dernière inconnue demeure le taux de participation qui pourrait ne pas dépasser les 30.000 votants sur les 53.000 adhérents, dû à une chaleur particulièrement accablante, mais surtout à un mauvais déploiement des urnes, qui obligera, certains électeurs à parcourir près de cent kilomètres pour glisser leur bulletin.

Natalie Madar est journaliste-web i24NEWS.

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