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Le Premier ministre indien Narendra Modi le jour du vote pour élire le prochain président du pays — PRAKASH SINGH / AFP

Victoire politique annoncée pour le Premier ministre Narendra Modi. Son candidat, issu de la communauté défavorisée des dalits, est presque assuré de l’emporter alors que les législateurs indiens votaient ce lundi pour élire le prochain président du pays.

Quelque 4.900 élus des assemblées parlementaires nationales et régionales devaient décider du nom du prochain chef de l’Etat, un poste principalement honorifique, pour remplacer le sortant Pranab Mukherjee.

Modi en passe de renforcer sa mainmise sur le pouvoir

Ram Nath Kovind, un ancien avocat de 71 ans issu de la communauté historiquement marginalisée des dalits (autrefois appelés « intouchables »), a toutes les chances d’être désigné en raison du poids du Bharatiya Janata Party (BJP, au pouvoir à New Delhi) et ses alliés dans le collège électoral.

L’élection de cet homme proche de la mouvance nationaliste hindoue renforcerait la mainmise du Premier ministre Modi sur le pouvoir. Elle lui permettrait aussi de marquer des points au sein de la communauté dalit, forte de 200 millions de personnes, en vue des législatives de 2019 où il devrait concourir à un second mandat.

Emboîtant le pas au BJP, l’opposition emmenée par le parti du Congrès a dû également porter son choix sur une dalit, l’ex-diplomate Meira Kumar, pour ne pas apparaître en décalage et risquer de froisser de potentiels électeurs.

Les votes de la communauté dalit courtisés par les nationalistes hindous

A la veille du vote, Narendra Modi a salué sur Twitter l’ambiance « digne » dans laquelle s’est déroulée la campagne électorale. La leader de l’opposition Sonia Gandhi a, elle, présenté ce scrutin comme un « choc d’idées » et appelé à rejeter la « vision étroite, clivante et communautariste » de l’Inde portée selon elle par le pouvoir en place.

Les hautes castes constituent traditionnellement l’assise électorale du BJP mais les nationalistes hindous courtisent les votes de la communauté dalit, socialement et économiquement marginalisée car considérée comme inférieure aux castes, pour élargir leur base. Ce réservoir de voix est d’autant plus important pour Narendra Modi qu’il ne peut guère compter sur les votes des musulmans, qui constituent environ 14 % de la population indienne, en raison de la crispation identitaire dans le pays sous son mandat.

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Si Ram Nath Kovind ou Meira Kumar est élu, le vainqueur deviendrait le deuxième président dalit d’Inde, après Kocheril Raman Narayanan (1997-2002). Le résultat de l’élection présidentielle sera annoncé jeudi.

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