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Certains achètent des maisons. Tina Lam et Michael Cheng, un couple qui vit dans la Silicon Valley s’est offert, lui, une rue entière. Mais pas n’importe laquelle. Il a acheté Presidio Terrace, une rue d’une communauté fermée dans un des coins les plus chics de San Francisco. Cette voie circulaire privée, dont l’accès est protégé par un garde est bordée de 35 demeures évaluées à plusieurs millions de dollars appartenant toutes à des multimillionnaires.

Tout a commencé il y a deux ans. Le jeune couple qui travaille dans l’immobilier tombe par hasard sur l’annonce d’une vente aux enchères. L’Association des riverains en charge de la rue a oublié de payer les 14 dollars de taxes annuels à la ville depuis 30 ans. Augmentée des amendes, la dette se monte à 994 dollars. Faute de paiement, la municipalité saisit la rue et la met en vente.

« C’était une annonce publique du comté. Il publie ce genre de notification quand il a des propriétés à vendre aux enchères, raconte Michael Cheng. On l’a vu dans le journal… et on s’est pointés. » Ils ne sont pas les seuls, mais l’emportent en déboursant 90 100 dollars en avril 2015. Les voici donc propriétaires des trottoirs, du macadam, des espaces verts et de toute la partie publique de la rue. Depuis, ils discutent avec leurs avocats de différentes options possibles pour tirer profit de leur achat. L’une des idées serait d’instaurer un parking payant. « On pourrait imposer un tarif raisonnable », affirme Cheng dans le San Francisco Chronicle. Et si les riverains ne se montrent pas coopératifs, peut-être le couple pourrait-il louer les emplacements à d’autres habitants de ce quartier toujours à la recherche d’un introuvable stationnement.

Une bataille d’avocats

Évidemment, les habitants de Presidio Terrace n’ont pas apprécié et crient à l’extorsion. Apparemment, ils n’étaient pas au courant de cette histoire d’impayés et ont découvert la chose lorsqu’ils ont été contactés fin mai par une société travaillant pour le compte de Michael Cheng et Tina Lam qui leur proposait de racheter leur rue. Furieux, ils essaient de faire annuler la vente et ont lancé une action en justice contre le couple. Leur avocat a expliqué qu’ils n’avaient pas payé la taxe, car les factures étaient envoyées à l’adresse d’un ancien comptable qui ne travaille plus pour l’Association depuis les années 1980.

L’ironie de l’histoire, note le San Francisco Chronicle, c’est que jusqu’en 1948, Presidio Terrace, comme beaucoup de quartiers riches, interdisait à tout individu non blanc l’achat d’une propriété dans la rue.

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