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L’Algérien de 36 ans suspecté d’avoir attaqué des soldats à Levallois-Perret n’a toujours pas été entendu ce vendredi. Son passage à l’acte, violent, reste une énigme.
Un trajet en hélicoptère mais toujours aucune audition. Trois jours après l’attaque à la voiture contre une patrouille de militaires de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), l’auteur présumé a été transféré du CHU de Lille à une destination tenue secrète à Paris. Blessé par cinq balles lors de sa traque, notamment à l’épaule et la colonne vertébrale, Hamou B. reste ce vendredi hospitalisé. « Son état évolue favorablement et il devrait s’en sortir », confie une source policière à L’Express.
Les enquêteurs de la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle de Paris espèrent pouvoir l’interroger en garde à vue dès ce week-end. Et lever le mystère autour de son passage à l’acte. Impossible, pour l’heure, de comprendre pourquoi cet Algérien de 36 ans, ni fiché S ni connu des services de renseignement pour sa radicalisation, a foncé à vive allure sur six soldats. Sans faire miraculeusement de mort.
Une mention dans un journal de Daech

Plusieurs perquisitions ont été menées à son dernier domicile, à Bezons (Val-d’Oise) et à d’autres points de chutes de la région parisienne. Aucune lettre d’allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) ou de revendication n’a été saisie. En revanche, de sources proches de l’enquête, des éléments, notamment des supports numériques jugés « intéressants », sont en cours d’exploitation. Les enquêteurs veulent savoir s’il a agi seul ou s’il a bénéficié de complicités. Mais aussi s’il a été influencé par un donneur d’ordre ou par la propagande djihadiste.
Comme le fait remarquer ce vendredi le journaliste Wassim Nasr, Daech a évoqué l’attaque de Levallois dans une brève publiée dans son journal arabophone An Naba. Mais le groupe terroriste n’en revendique pas la paternité, comme cela est souvent le cas lors d’opérations sur le sol français ratée ou sans victime décédée.
Un homme « marginal, plutôt solitaire »
Installé en France depuis plusieurs années, Hamou B. n’a connu qu’un seul démêlé avec la police en 2013 pour une infraction « d’aide à l’entrée d’étrangers en situations irrégulière sur le sol français ». Lui-même disposait d’un titre de séjour en règle. « C’est quelqu’un de marginal, plutôt solitaire, qui travaillait parfois ‘au black’. Il a sans doute été influencé à un moment par des individus radicalisés », estime la source policière.

Comme l’a révélé Le Parisien, le suspect travaillait ponctuellement comme chauffeur VTC pour la société Uber. Pour ses courses, il utilisait de manière illégale une BMW de location, celle qu’il a utilisée comme voiture-bélier. Il a aussi été intérimaire dans un magasin dans les Yvelines.
« Je ne l’ai jamais vu avec la barbe »
La photo accolée à sa fiche de police montre un individu à la barbe fournie, atteint d’un strabisme divergent. Mais les rares témoignages de personnes qui l’ont côtoyé brossent le portrait d’un homme discret, certes « bizarre » mais qui n’affichait pas d’idées extrémistes. « C’est un gamin très bien, très gentil. Je ne l’ai jamais vu avec la barbe », a assuré son oncle sur BFMTV, évoquant un trentenaire « rasé » et « en jean ». « J’ai été étonné, on est tombé des nues, ce n’est pas croyable. J’en reviens pas. » Sur TF1, l’une de ses voisines se souvient d’un homme qui lui faisait « des avances ».
Aucun de ses proches n’a été, à ce stade, auditionné. Ses parents vivent en Algérie dans la région de Mostaganem. L’oncle décrit encore Hamou B. comme « un musulman pratiquant » mais pas radical. Il accomplissait ses devoirs religieux dans une salle de prière d’un foyer de travailleurs immigrés de Sartrouville. Là, il ne parlait que très peu avec les fidèles. Ses passages sont décrits comme fugaces. « Il fait la prière, mais c’est pas un intégriste, c’est impossible, il est contre ça [les attentats] Ce qu’il a fait, c’est anormal, c’est la folie », raconte l’un des habitués de la salle à l’AFP.
Des témoignages, fragiles, qui n’expliquent pas la froide détermination d’Hamou B. lors de son attaque préméditée. La justice a la conviction que son acte s’inscrit dans un cadre terroriste, au regard du mode opératoire et des cibles militaires, visées en permanence par les aspirants djihadistes de l’Etat islamique.
Source :
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/militaires-renverses-la-radicalisation-enigmatique-du-marginal-hamou-b_1934793.html

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