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REPORTAGE – Ex-combattante pour les libertés, le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi s’est attiré les foudres de la planète pour son indifférence au sort tragique des Rohingyas. La « Dame de Rangoun » gouverne une Birmanie en transition sous l’étroite tutelle de l’ancienne junte militaire. Celle-ci semble prête à saisir le premier prétexte pour confisquer à nouveau le pouvoir.

Envoyé spécial à Cox Bazar (Bangladesh)

Une icône illumine l’obscurité comme un fanal, avant d’être dévorée par la nuit. Le destin d’Aung Sang Suu Kyi tient du tragique, comme un manteau implacable enveloppant les frêles épaules de cette héroïne racinienne au port de tête aussi haut qu’obstiné. Depuis l’assassinat de son père, le général patriote Aung San en 1947, la «Lady» affronte les vents mauvais de l’Histoire avec une détermination aristocratique frisant l’insolence. De son exil dans la verdoyante Angleterre à son retour en Birmanie, portant l’espoir démocratique d’un peuple tout entier, cette femme forte fend les eaux avec l’assurance d’un prophète. Mise sous les verrous par la junte, sacrifiant son bonheur familial, le prix Nobel de la paix accueillit avec le détachement d’une «élue» son triomphe électoral en 2015, qui l’a propulsée à la tête du premier gouvernement birman issu des urnes. Comme l’accomplissement de la promesse paternelle, mettant un terme à cinquante ans de dictature militaire sans partage.

«Comme nos ancêtres, je subissais des discriminations, mais jamais je n’avais pensé qu’il s’en prendrait à nos vies»

Sadek Hussen

Mais, aujourd’hui, ce conte de fées démocratique tourne à la tragédie, à mesure que le drame des Rohingyas se déploie dans toute son horreur sur les rives boueuses du golfe du Bengale. En à peine trois semaines, plus de 400.000 membres de cette minorité musulmane apatride sont venus s’échouer en haillons au Bangladesh, fuyant la répression menée par l’armée birmane, dans l’État d’Arakan voisin. Ce qui est …

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