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«Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblants dans ces wagons plombés…». Hier matin, alors que débutait à l’hôtel de ville la cérémonie de remise de médaille et diplôme de «Justes parmi les nations» à Joseph Martinez et son épouse Maria, Dolorès, née Victoria, les paroles de «Nuit et Brouillard» par la voix de Jean Ferrat touchaient les cœurs d’une assistance dont l’émotion était déjà palpable.

Une cérémonie digne, un grand jour pour Dominique Martinez-Chenet, la fille de Joseph et Maria, qui recevra la médaille et le diplôme décernés à titre posthume à ses parents par l’Institut Yad Vashem Jérusalem, des mains d’Anita Mazor, ministre près l’ambassade d’Israël à Paris, en charge du sud de la France, pour avoir aidé et sauvé de la barbarie nazie, à leurs risques et périls, des Juifs pourchassés pendant l’Occupation.

Nous sommes au début 1944, au faubourg de Bensa, Joseph et Maria ouvrent leur porte à Sarah Waiter et sa fille Lucie, pourchassées par les nazis. Elles vont y rester cachées dans le grenier, jusqu’à la Libération. Marc Sanchez, le maire, a rendu un vibrant hommage à Joseph et Maria et dit sa «fierté et la reconnaissance de la commune».

Francine Théodore Levèque, comité français Yad Vashem, a retracé l’historique de l’Institut et recommandé la vigilance sur le retour de l’antisémitisme. «Au péril de leur vie, Joseph et Maria ont offert un refuge, ils ont réconforté, rassuré», a souligné Anita Mazor.

Les collégiens de Victor-Hugo, de Lavelanet, et les lycéens d’Alain Fournier, de Mirande (32), ont lu des poèmes. À l’heure de la remise, Dominique est submergée par l’émotion. Elle remercie beaucoup, tout comme Lucie Waiter, qui avait fait le voyage depuis Paris.

En conclusion, Marie Lajus, préfète de l’Ariège, a évoqué la lumière des Justes. «Il y a la conscience, le courage, il y a la lumière de ceux qui ont résisté, ceux qui ont ouvert leur porte, et au nom de la République française, je dis avec vous honneur à Joseph et Maria Martinez, honneur aux Justes de France, grâce à qui nous pouvons vivre ensemble et regarder la tête haute la lumière.» Les noms de Joseph et Maria Martinez sont à jamais gravés sur le mur d’honneur, dans le jardin des Justes parmi les nations, à Yad Vashem, à Jérusalem.

Source ladepeche

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