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La start-up lyonnaise Navya a présenté mardi son nouveau véhicule, un taxi sans chauffeur à propulsion 100 % électrique, qui a l’ambition de fluidifier la circulation dans les centres urbains, et dont les premières livraisons sont attendues au troisième trimestre 2018.

« C’est une révolution pour la mobilité en centre-ville, ce nouveau modèle est destiné à être le premier robot-taxi à être commercialisé dans le monde », s’est félicité le président de Navya, Christophe Sapet, lors de la présentation de ce véhicule à la Cité du cinéma, à Saint-Denis (Île-de-France).

On poura bientôt croiser, dans les rues de Paris, ce véhicule d’un nouveau genre. Mais avant qu’il se multiplie, il faudra modifer la législation qui impose un conducteur!

À travers ce lancement, la société lyonnaise espère faciliter la circulation dans les grands centres urbains « qui sont encore congestionnés », a regretté M. Sapet.

Ce taxi hyperconnecté baptisé « Autonom Cab » peut accueillir jusqu’à six personnes, pour un usage collectif ou privé. Et semble tout droit sorti du futur : à bord, le passager peut bénéficier d’une visite interactive et culturelle de la ville, commander ses places de cinéma ou de musée ou encore composer la playlist (liste musicale) de son choix. Il présente une singularité, malgré sa taille imposante, il n’a qu’une seule porte, coulissante, côté trottoir. Pas de sortie de secours donc en cas de choc même léger de ce côté, qui entravera l’ouverture de la porte. Sur ce plan, l’homologation n’est pas acquise.

Une seule porte, coulissante de surcroit, c’est un gros incconvénient en cas d’accident © Matias Antoniassi Matias Antoniassi

Sur le plan technique, le taxi est équipé de plus d’une dizaine de capteurs fournissant des « données importantes pour assurer la sécurité de fonctionnement de nos véhicules » et celle des passagers, a souligné M. Sapet. Sa vitesse moyenne de 50 km/h lui permet de s’intégrer naturellement dans le flux de la circulation, mais il peut rouler jusqu’à 90 km/h. À l’extérieur, il est doté d’un bandeau lumineux de plusieurs couleurs qui lui permet de communiquer avec les utilisateurs ainsi qu’avec les piétons.

« Derrière cette innovation technologique, je vois une promesse de nouveau service de mobilité », a commenté la ministre des Transports Élisabeth Borne, accompagnée du ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard. « C’est important au moment où j’ai lancé les Assises de la mobilité, avec l’ambition de proposer des solutions de mobilité pour tous et dans tous les territoires », a-t-elle poursuivi.

Législation en retard

Sur le toir, l’electronique veille au grain © Michaël GOUNON/NAVYA

Le véhicule, dont le coût oscille entre 230 000 et 250 000 euros, va faire l’objet d’une expérimentation dans les rues de Paris par les équipes de Navya ainsi que d’une présentation au salon de l’électronique de Las Vegas en janvier 2018.

Navya n’en est pas à son coup d’essai. La start-up, fondée en juin 2014, a déjà lancé une navette autonome, en phase d’expérimentation à Lyon et Paris, ainsi que dans d’autres pays (États-Unis, Suisse, Australie, etc.).

Vus comme l’un des axes principaux de développement de la mobilité individuelle ou collective à moyen terme, les véhicules autonomes font l’objet d’un effort massif de recherche et développement, de la part de constructeurs et équipementiers, mais aussi de géants comme Google et de start-ups, sans oublier les universités.

Le Navya est un gros véhicule, capable d’accueillir six personnes © Michaël GOUNON/NAVYA

En l’état actuel de la législation française, née de la convention internationale de Vienne en cours de renégociation, les véhicules autonomes ne sont pas autorisés à circuler sur route ouverte, sans personne au volant.

Navya est basée à Villeurbanne et emploie une centaine de personnes. Elle a levé l’an dernier 30 millions d’euros, notamment auprès de Keolis (filiale de la SNCF) et de l’équipementier automobile français Valeo.

La robotisation permet de respecter le code mieux qu’un conducteur et d’envoyer des messages aux autres usagers par des panneaux lumineux. © Michaël GOUNON/NAVYA

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