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Le père d’un soldat tué par Merah : “Le vivre-ensemble : un concept que j’ai toujours trouvé con !”
Par Alexandre Mendel

Interview. Très critique vis-à-vis de l’islam, le père d’Abel, jeune militaire de 25 ans tué à Montauban par Mohamed Merah, en mars 2012, refuse le cirque médiatique de la bien-pensance et juge sévèrement l’action de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un soldat musulman tué par Merah, adulée par la presse.
Vous avez perdu votre fils, Abel, le 15 mars 2012, lors des attentats de Montauban et de Toulouse, et pourtant on ne vous a pas beaucoup entendu dans les médias pendant le procès d’Abdelkader Merah. La presse vous éviterait-elle ?
Je suis carrément blacklisté ! On m’a classé parmi les “fachos”. Ça ne date pas du procès, hélas ! En décembre 2013, je participais à une manifestation à Créteil en soutien à un couple violemment agressé par trois hommes en raison de son origine juive. Sur place, je suis interviewé par un journaliste de France 2 et j’utilise le terme ‘nazislamistes’ pour désigner ces criminels. Le reporter me demande de reformuler mes propos, sous prétexte que cette expression est, je cite, “trop clivante” et que “j’allais mettre de l’huile sur le feu” ! J’ai refusé. L’interview n’a pas été diffusée.
Mais il n’y a pas que les médias qui m’ont critiqué pour mon langage. Les politiques, la plupart de gauche, s’y sont mis aussi. Alexis Bachelay, alors député PS des Hauts-de-Seine, m’a traité de “minable avec des méthodes de facho !”. Bruno Le Roux, éphémère ministre de l’Intérieur, m’a également fait la leçon en me disant que “j’étais toujours dans l’excès”.
Il faut dire que les politiques ont très tôt tenté de me ‘vendre’ un concept : le “vivre-ensemble” ! Un concept, excusez-moi du mot, que j’ai toujours trouvé con et que je condamne, car il est impossible de vivre avec les islamistes. Pour me faire rentrer dans le rang, on m’a expressément demandé de me comporter comme Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Ihmad, ce jeune soldat musulman, tué par Mohamed Merah… C’est le modèle à suivre ! Moi, c’est vrai, je ne suis pas ‘tendance’.
Justement, vous n’avez pas le même discours qu’elle, ni d’ailleurs la même notoriété… Vous ne donnez pas de conférences, ne faites pas le tour des écoles. Que reprochez-vous à Latifa Ibn Ziaten ?
Presque dès ma première rencontre avec Latifa Ibn Ziaten, celle-ci a voulu que je copréside avec elle une association destinée à la jeunesse. J’ai refusé. Ce n’était pas mon travail mais celui de la France. Deux mois après les attentats, elle a souhaité quitter ses avocats pour être défendue par mes conseils. J’ai accepté de les lui présenter. Nous nous entendions assez bien. Puis, j’ai vite vu son attitude changer. En mai 2012, j’avais déposé plainte contre l’Etat… Elle m’a alors dit : “Albert, je ne peux pas te suivre sur ce coup-là. Bernard Squarcini [alors directeur de la DST] est marocain de naissance. Et Sarkozy, c’est l’ami de Mohamed VI. Je ne veux pas de problème avec mon pays d’origine.”

J’ose le dire : les politiques et les médias ont tout fait pour aider Latifa Ibn Ziaten, quitte à faire taire les autres familles, afin de promouvoir un discours ‘de tolérance’. Désolé de ne pas être politiquement correct, mais quand on rentre dans une école avec un voile, au mépris des lois de la République, ce n’est pas de la tolérance ! Quand, du matin au soir, vous dites : “Ce n’est pas ça l’islam” alors que Merah a tué au nom de l’islam en criant “Allahou Akbar”, je ne suis pas d’accord avec cette vision de la tolérance.
Vos différences avec elle ne s’arrêtent pas à votre vision de l’islam. Il y a aussi ses activités que vous critiquez vertement…
Latifa m’avait averti : “Albert, tu sors du cadre !” On n’est pas pareils. J’ai quelques exemples en tête. Invitée par Israël, elle s’est précipitée à Ramallah pour se recueillir sur la tombe de Yasser Arafat, qui pour moi demeurera toujours un assassin. Israël, j’y suis allé en voyage privé, sur mes deniers personnels, notamment pour me recueillir sur la tombe des enfants Sandler, à Jérusalem…
On m’a également proposé d’aller à Doha, au Qatar, pour donner une conférence avec elle. C’était un peu tordu : je ne suis pas islamologue, je ne parle pas arabe. L’offre était appétissante : hôtel cinq étoiles, voyage en classe affaires sur l’A380… J’ai refusé d’y aller. Latifa, elle, s’y est rendue… C’est son droit le plus strict mais, de mon point de vue, le Qatar est, avec l’Arabie Saoudite, l’un des sponsors du terrorisme islamique qui frappe la France et tue nos compatriotes. Mon refus de me rendre dans cet Emirat a été très mal perçu ! En effet, j’étais “hors du cadre” !
Et puis, à titre plus personnel, il y a eu un épisode, douloureux, qui m’a choqué. Je ne l’ai appris que deux ans après la mort de mon fils : le cercueil d’Abel a été séparé de ceux des deux soldats musulmans, comme si mon fils était trop impur ! Ceux des militaires musulmans étaient dans la chapelle, et celui de mon fils dans un couloir. Le jour où j’ai su ça, j’ai appelé Latifa et je lui ai demandé pourquoi la dépouille d’Abel avait été ainsi mise à l’écart… Elle m’a répondu qu’elle n’avait pas envie de parler de ça…

Comment avez-vous vécu le procès d’Abdelkader Merah ? Avez-vous été satisfait du verdict ?
J’étais très pessimiste dès le départ. J’avais peur que ce soit un bal de faux-culs pour se donner bonne conscience. Et comme j’étais très pessimiste, j’ai finalement été plutôt satisfait du verdict même si, bien sûr, j’ai été déçu que la complicité d’assassinats n’ait pas été retenue. Malheureusement, nous, parties civiles, avons été très désunis. Me Dupont-Moretti, l’avocat d’Abdelkader Merah s’est servi de ces désaccords pour dérouler sa stratégie de défense.
Pour résumer, ce n’est pas lui qui a été fort : ce sont nos avocats qui ont été faibles, au point de se disputer en public, de manière assez indigne. Je n’en veux pas à Me Dupont-Moretti, même si, par ailleurs, il n’a jamais sermonné son client, qui a adopté une attitude particulièrement nonchalante, voire provocante pendant le procès. Je suis un démocrate : tout criminel a le droit à une défense, y compris le frère de l’assassin de mon fils.

En revanche, ce qui m’a le plus dégoûté a sans doute été le comportement incroyable de la mère des frères Merah, Zoulikha Aziri. Un jour, où je passais devant elle, elle m’a traité de “saleté de juif”. Une autre fois, elle a carrément adressé un doigt d’honneur à Samuel Sandler ! Le tout derrière la cour… Cette femme n’a pas honte !
Vous avez été toujours été très critique à l’égard de l’action de François Hollande. Comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron ? Son action contre le terrorisme peut-elle empêcher que d’autres Merah frappent en France ?
François Hollande refusait de prononcer le mot “islamisme”. Quand il est venu, en novembre 2016, dans mon village de Manduel, dans le Gard, inaugurer une stèle en l’honneur de mon fils, je lui ai demandé : “M. Le président, pourquoi ne prononcez-vous jamais le mot ‘islamisme’ ? Pourquoi refusez-vous de nommer le mal ?” Il ne m’a pas répondu. C’est quelque chose que je n’ai jamais compris chez lui et que je ne comprendrai jamais : cette difficulté à nommer. Macron, lui au moins, commence à utiliser les mots adéquats.
Mais je suis inquiet : sa discrétion, sinon sa complaisance, à l’égard de l’UOIF qui l’a soutenu au second tour de la présidentielle, m’inquiète. En cela, hélas, il est l’enfant spirituel de François Hollande. Inutile de vous dire que je n’ai pas voté pour lui au second tour de la présidentielle… Ça veut dire ce que ça veut dire ! Et puis, le fait que des mosquées salafistes aient rouvert récemment n’est pas non plus de bon augure. Moi, j’aimerais qu’on expulse de France les imams prêcheurs de haine !
On vous traite de ‘facho’ mais on vous menace de mort également. Notamment parce que vous vous êtes battu pour qu’une mosquée ne soit pas érigée dans votre village ?
Oui et, là encore, j’ai payé très cher mon attitude ! Ma situation personnelle était déjà compliquée. Ma femme a fait deux tentatives de suicide, notre vie a été brisée. Et voilà qu’une mosquée devait être érigée au bout de ma rue ! J’ai lutté sur le plan judiciaire et administratif pour qu’elle ne voie pas le jour. On m’a envoyé des menaces de mort (une lettre rédigée en arabe me disant “ton tour est proche” et des petits cercueils en carton). Parfois, ma femme et moi on se demande ce qu’on a fait au bon Dieu !
Source :

https://www.valeursactuelles.com/societe/le-pere-dun-soldat-tue-par-merah-le-vivre-ensemble-un-concept-que-jai-toujours-trouve-con-90474

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