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En Indonésie, un musée crée le scandale en proposant des selfies avec une statue d’Hitler sur fond d’Auschwitz. Face aux protestations, le musée s’est résolu à retirer la statue…

Avant, il y avait déjà eu le café à thème Nazi de Bandung, le Soldatenkaffe, qui offrait un décor IIIème Reich à sa clientèle d’afficionados, et qui a finalement fermé ses portes 5 ans après son inauguration et de nombreuses controverses.

Aujourd’hui, c’est au tour de Jogjakarta, ville pourtant réputée pour sa culture et ses universités qui, avec le musée De Mata, propose à ses visiteurs de faire des selfies avec un Hitler en cire devant la porte du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Devant les critiques qui viennent d’affluer du monde entier, la direction de ce musée de cire a rétorqué que le concept était « amusant » pour les jeunes. Le musée est ouvert depuis 2014 mais n’avait pas encore attiré l’attention internationale.

Human Rights Watch a dénoncé ce tableau du musée de cire comme « maladif » et le centre Simon Wiesenthal a exigé son enlèvement immédiat.

 

 ‘Tout est condamnable à son sujet. C’est difficile de trouver des mots pour expliquer à quel point cela est méprisable, a dit le rabbin Abraham Cooper du centre Simon Wiesenthal. Cela salit les victimes qui y sont entrées et n’en sont jamais sorties. »

Warli, le responsable de la communication du musée De Mata, a affirmé qu’il savait qu’Hitler était responsable de l’holocauste mais a défendu sa présence dans le musée comme « une des figures favorites de nos visiteurs pour faire des selfies. »

« Aucun de nos visiteurs ne s’en est plaint. La plupart d’entre eux ont du bon temps parce qu’ils savent qu’il s’agit d’un musée de divertissement », a-t-il encore ajouté.

Warli a affirmé ne pas savoir ce qu’était le centre Simon Wiesenthal mais a affirmé qu’il discuterait de la demande de supprimer la figure d’Hitler avec le propriétaire du musée, l’homme d’affaires Peter Kusuma, et la direction.

Andreas Harsono, chercheur indonésien à Human Rights Watch Indonesia, a dit pour sa part que cette figure de cire et son background de camp d’extermination étaient le reflet du sentiment anti-juif en Indonésie « à la fois répandu et généralement populaire. »

Il a également ajouté que le conflit entre Israël et les Palestiniens avait alimenté cet anti-antisémitisme en Indonésie depuis des décennies mais que le préjudice avait des racines plus profondes dans une interprétation étroite du coran.

Enfin, il est utile de rappeler que l’Indonésie a massacré plusieurs millions de communistes et autres personnes réputées de gauche, intellectuels, universitaires, artistes, au milieu des années 60 et que ces événements qui marquent de façon indélébile la psyché indonésienne sont perçus encore de nos jours à la fois dans le déni des exactions perpétrées ou leurs rejets sur les victimes.

Ces tragiques événements ont également leur musée de figurines à Jakarta, entre propagande éhontée, mauvais goût caractérisé et insulte à l’Histoire.

Source lagazettedebali

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