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Le chef du gouvernement espagnol s’est rendu à un meeting de son parti à Barcelone, au lendemain d’une large manifestation des indépendantistes.

Mariano Rajoy s’est rendu ce dimanche à Barcelone pour la première fois depuis que la région a été mise sous tutelle par Madrid. Lors d’un meeting de sa formation, le Parti populaire (droite) en vue des élections régionales qu’il a convoquées pour le 21 décembre, Mariano Rajoy a affirmé avoir rétabli « l’ordre légal et démocratique » en mettant la région sous tutelle. 

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« Je veux dire à toutes les entreprises qui travaillent ou ont travaillé ici de ne pas s’en aller », a également déclaré le chef du gouvernement, alors que quelque 2400 d’entre elles l’ont déjà fait depuis le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre. « Je veux dire aussi à tous les Espagnols de ne pas arrêter d’acheter et de consommer des produits catalans », a-t-il poursuivi, face aux appels au boycott qui ont été lancés après ce référendum. 

« Nous voulons récupérer la Catalogne de tous, démocratique et libre », a-t-il insisté. « Nous voulons récupérer la Catalogne sensée (…), entreprenante, dynamique, accueillante et ouverte, sûre et fiable », a-t-il ajouté, soulignant que « la Catalogne est l’Espagne et l’Espagne est la Catalogne ». 

Rajoy, bête noire des indépendantistes

Le dirigeant conservateur, bête noire des indépendantistes, était à Barcelone pour la présentation officielle du chef de file de son parti comme candidat aux élections régionales, un peu plus de deux semaines après le vote d’une déclaration d’indépendance par le Parlement de Catalogne, qui a entraîné la mise de la région sous tutelle par Madrid et la suspension de facto de l’autonomie régionale. Mariano Rajoy a convoqué ce scrutin après avoir destitué le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont et dissous le Parlement de cette région où vivent 16% des Espagnols.  

750 000 indépendantistes ont défilé à Barcelone le 11 novembre, selon la police.

afp.com/Josep LAGO

Rajoy, qui a dirigé personnellement cette campagne, a accédé au pouvoir en 2011 et a toujours refusé les demandes de la Catalogne d’une meilleure répartition des rentrées fiscales de la nation, puis, avec insistance, la tenue d’un référendum d’autodétermination que les séparatistes ont fini par organiser en ignorant son interdiction par la justice. Les indépendantistes assurent avoir gagné ce scrutin avec 90% des voix et 43% de participation. Mais leur rêve d’indépendance n’a duré que quelques heures, jusqu’à la mise sous tutelle de la région.  

Une Catalogne profondément divisée

En outre, la justice a placé en détention provisoire une grande partie de l’exécutif indépendantiste destitué, huit « ministres-conseillers » et lancé un mandat d’arrêt contre Carles Puigdemont et quatre autres ministres, partis en Belgique. La région est profondément divisée et les sondages prédisent un score très serré entre les partisans de l’indépendance, qui avaient obtenu 47,8% des voix en 2015, et ceux de l’Espagne.  

La maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, a dénoncé les arrestations de séparatistes mais elle s’est aussi livrée samedi à une charge virulente contre le « gouvernement irresponsable » de Carles Puigdemont ayant conduit la Catalogne « au désastre ». Près de 2400 entreprises ont déplacé leur siège social hors de la région, gagnées par l’incertitude sur son avenir. Et dans une Catalogne où se succèdent manifestations, défilés et grèves, le tourisme dont dépendent bien des emplois a baissé d’au moins 15% depuis le référendum du 1er octobre.  

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