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Les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles interdiraient à plusieurs élus français d’entrer sur leur territoire.

Benyamin Netanyahou, l’homme fort d’Israël et premier ministre, ne veut pas que Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français et sénateur de Paris, Patrick Le Hyaric, député européen et directeur de l’Humanité, ainsi que plusieurs députés de la République française puissent transiter par Israël pour se rendre en Palestine.

Quelques heures seulement après l’annonce du départ prévu le week-end prochain d’une délégation composée d’une centaine d’élus – parlementaires, sénateurs, conseillers régionaux, départementaux ou municipaux, principalement du PCF, de la FI ou de EELV –, le régime israélien a réagi sans nuance. Ces représentants de la République française n’ont pourtant qu’un objectif principal : la paix. Avec une articulation majeure, les camps de réfugiés palestiniens et leur corollaire : aider le droit international à faire sa place dans une zone où l’occupation, la colonisation, les destructions de maisons ou l’instrumentalisation des religions dressent des barrières semblables au mur de l’apartheid érigé par les Israéliens. Autre but de la délégation, la rencontre avec les populations palestinienne et israélienne, mais également la défense des droits bafoués de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri et « alerter sur la situation des près de 6 000 prisonniers politiques palestiniens », dont les plus emblématiques sont Marwan Barghouti et Ahmed Saadat.

Le sang du gouvernement d’extrême droite n’a fait qu’un tour. « Nous n’autoriserons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouti, incitant ainsi à soutenir le terrorisme », a indiqué le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan, dans un communiqué de ses services et du ministère de l’Intérieur. Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français « de ne pas prendre l’avion du tout ». Selon le site du Figaro, « la liste dressée par le gouvernement israélien sous l’ordre des ministres Gilan Erdan et Arye Déry, telle que communiquée au Figaro, comprend le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, la députée (LFI) Clémentine Autain, les députés européens Pascal Durand (Verts/Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF), ainsi que les maires (PCF) de Stains, Azzedine Taibi, de Limay, Éric Roulot, et de Gennevilliers, Patrice Leclerc ».

Des personnes privées de liberté indéfiniment sans savoir pourquoi

Marwan Barghouti, l’un des leaders palestiniens les plus populaires, est emprisonné depuis plus de quinze ans par Israël. Salah Hamouri est en détention administrative en Israël depuis le 23 août, sans que les éléments du dossier ne lui soient communiqués. Ce régime de détention permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons. Le Quai d’Orsay s’est dit fin octobre « préoccupé » par sa situation, s’étonnant de ne pas avoir connaissance des charges retenues, et a « espéré » sa libération.

Interrogé par l’Humanité, le ministère français des Affaires étrangères s’est contenté de déclarer : « Nous avons pris note de cette information. De manière générale, nous souhaitons que les parlementaires français aient accès à l’ensemble des interlocuteurs qu’ils veulent rencontrer pour remplir leur mission d’information. Nous y sommes attentifs s’agissant d’Israël comme de tous les pays où les élus français se rendent. »

Photo : Ahmad Gharaldi/AFP

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