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Tu fais partie des survivants. A toi, à Lui, à Elle, le terrorisme islamiste a enlevé un être aimé. Un enfant. Un parent. Un conjoint.

Toi, tu fus un des premiers. A faire connaissance avec l’indicible. Quand un monstre assassina ton enfant. De dos. Arbitrairement. Lâchement.

Tu fais partie de La Grande Famille. Celle qui est née à Montauban et Toulouse. 7 morts. Qui grandit à Paris. Charlie. 12 morts. Montrouge. 1 mort. L’Hyper Cacher. 4 morts. Fit un détour par République. Ce qu’on appelle désormais le 13 novembre. 130 morts. Qui prit ses quartiers d’été à Nice. 86 morts. Passa vers Rouen. A Saint-Etienne-du-Rouvray. 1 mort.

Tu fais partie de cette famille décimée par un terroriste islamiste. Cette famille que Jean-Patrick Grumberg[1]lista. RER C. Smaïn Aït Ali Belkacem. Lui qu’en 2010 un certain Coulibaly, escorté de Djamel Beghal, tu sais, le maître à penser des frères Kouachi, tenta de faire s’évader. RER B. 4 morts. 91 blessés.

Tu fais partie de la famille d’Ilan. Lynché par un gang musulman. Tu es de la famille de Sarah. Défenestrée par un fou d’Allah. Tu portes un nom que nos gouvernants s’évertuent à taire. Tu es dans la liste. Celle des 91 attentats commis sur le sol français sur ces seules 50 dernières années. Par des islamistes. Au nom d’une religion de paix et d’amour. C’est la liste de Grumberg.

Tu es de la famille de ces vies arrêtées. Ou juste brisées. Loïc Liber. Ce caporal-chef aujourd’hui tétraplégique. Tant d’autres comme lui.

Tu fais partie des survivants. Ceux qui depuis s’appliquent à tenir debout. Chacun essayant. Faisant comme il peut.

Les parents de Myriam. Arié. Jonathan. Partis. Loin. Exilés. Une honte française.

D’autres. Nombreux. Terrés. Figés. Dans le silence. Un silence obsédant. Une honte française.

Celle-là encore. Qui a choisi de pactiser. Avec cet Etat qui pourtant ne sut protéger son enfant. Latifa. L’icône qu’ils fabriquèrent. Qui va encore, coiffée de son foulard, prêcher la laïcité dans nos écoles. Une honte française.

Et puis Toi. Albert Chennouf Meyer. Toi qui, lorsque ton fils tomba, allas, seul, déterminé, visionnaire oserais-je dire, déposer plainte contre l’Etat. Cet Etat dont tu compris  aussitôt qu’en levant la fiche S de Mohamed Merah, il avait permis à un terroriste islamiste de poursuivre son forfait. De tuer ton enfant.

Toi dont la plainte fut suivie d’un procès dont il fut fait si pudiquement écho. Alors même que pourtant tes avocats le gagnèrent en première instance. Victoire que l’Appel infirma. Toi qui depuis apprends la patience. Qui attends. La suite. Le Conseil d’Etat. Qui statuera. Qui dira en somme si oui ou non ton enfant et puis Mohamed Et puis le carnage de l’école Ozar Hatorah, ces six assassinats qui suivirent celui d’Imad auraient pu être évités.

Nos dirigeants, nos media : ils n’aiment pas tes manières, Albert Chennouf Meyer. Pour Toi point de photos. Point d’interviews. La salle Voltaire. Je sais, moi, que tu y étais. Au sortir du Palais ils ne vous montrèrent jamais. Toi. Katia. Vos avocats. Transparents. Albert tu parles trop. Tu dénonces trop. Albert Et si jamais la France t’écoutait. Albert et si jamais la France commençait à te croire. Si la France se mettait à douter. A questionner. Tu déranges. Tu fais tâche. Tu dénotes. Tu la ramènes trop Et puis voilà.

Tu n’as plus fêté Noël me dis-tu. Tu as récemment découvert qu’ils avaient profané la stèle à Abel dédiée. Tu prétends même avoir été informé du nom du salaud qui fit cela. Seulement voilà. Tu auras définitivement tort. Tu t’obstines à parler de nazislamisme. Toi que j’ai mieux compris ce jour où ma carte de presse m’offrit d’assister au film que monta Claude Lanzmann à partir des rushes de Shoah. Tes outrances langagières que j’ai pardonnées en m’interrogeant à mon tour sur ce quelque chose de voisin entre ce terrorisme islamiste qui t’enleva un fils et la stratégie nazie que tu convoques obstinément.

Toi qui t’offusques encore en apprenant que des téléphones vont être installés dans les Cellules. Qui demandes qui va payer. À quoi vont servir ces téléphones, au vu du nombre de portables qui circulent. Toi forte tête qui ne veut décidément pas entendre que la Garde des Sceaux a donné son Accord après une  expérimentation jugée concluante. Fais un effort Voyons.

Toi que j’entends me confier que concomitamment à cette histoire de téléphones on te refusa le remboursement complet des frais liés au Procès du frère de l’autre. Toi qui m’expliques que recevant citation à comparaître, tu commis l’erreur d’avoir choisi de voyager en 1ère Classe. Te préoccupant de t’y prendre au plus tôt pour bénéficier des  tarifs les plus bas. Toi qui reçus en guise de cadeau de Noël une demande d’attestation originale de la SNCF qui attesterait du prix du voyage en deuxième classe. A défaut de quoi tu ne serais de rien remboursé.

Toi qui estimes qu’au vu de ton âge Au vu de l’épreuve tant redoutée ce surcoût de 7 € par billet serait bien peu de choses. Toi qui interroges ce pays dont le Premier Ministre loua récemment un avion hors de prix et refuse un surplus de tarification à des parents de victimes du terrorisme islamique. Toi qui affirmes que toutes les parties civiles le reçurent,  ce formulaire indigne. Toi qui dénonces. Interroges. Demandes s’il faut s’appeler Salah Abdeslam ou Abdelkader Merah pour qu’enfin la Justice s’intéressât à tous. Vous traitât avec égard. Toi qui cries Stop à cette Justice du bourreau.

Toi qui répètes que l’État prend soin des détenus plus que des victimes. Se basant sur une étrangère logique. Laquelle aboutit à cette indécente concomitance. Toi qui interroges la France. Qui demandes quel est ce pays que tu ne reconnais plus. Qui questionnes et t’enquiers : où vont notre République Notre justice me dis-tu.

Indélicatesse portée à son paroxysme. Etat défaillant qui aurait dû missionner, au sein du monstre froid qu’est l’Administration, quelque larron pour que fussent épargnées aux parties Civiles ces tracasseries diverses et puis aussi l’offense. Dans un procès qui coûta des milles et des cents.

Toi qui te dépassas et allas te recueillir à Nice. Là où, face à la mer, sur la Promenade des anglais,  se dressait un sapin de Noël. En hommage à quelqu’une. Tuée par l’islam. Un sapin. Décoré de boules blanches. De guirlandes d’argent. Un sapin joyeux en somme. Un Dormeur du Val.  La photo d’une jeune fille. Brune. Juste sortie de l’enfance. Un carton sur lequel est écrit : On lui a déjà volé la vie, merci de ne rien voler ici. A côté, une femme. Elle ne vous voit pas. Elle ne bouge pas. Joggers. Promeneurs. Badauds. Albert et Katia : Passez. Elle ne vous entend plus.

Albert. Toi qui fus conforté lorsque tu appris qu’il en était un autre, un frère en la mort[2], qui lui aussi parlait de vengeance depuis que sa fille périt au Bataclan. Et qu’à parler de vengeance, les media s’unissaient à le faire taire. Comme ils le firent pour toi. Un autre Albert en somme auquel les plateaux télé furent interdits. Arguant qu’on ne saurait dire tout ce que vous pensiez.

Car enfin ! Qu’ils se taisent donc Ces indécents Ces obstinés. Ce Patrick Jardin qui osa s’offusquer du manque d’informations. Qui osa hurler. Sa fille était-elle morte ou vivante. Juste ça. Qui proclama sa haine pour les islamistes. Et les politiciens qu’il jugeait responsables de ce qui arrivait à la France.

Cette France où désormais les media choisissent. Censurent. Inféodés qu’ils sont devenus à ces dirigeants portant œillères. Ces media qui vous ouvriront les bras si vous promettez de chanter le Vivre ensemble. De dénoncer tous en chœur l’islamophobie. Si vous acceptez, toi Albert, toi Patrick, de proclamer à l’unisson que nul ne l’aura, votre haine.

Car ça, c’est permis. Ça, c’est publiable. Audible. Montrable. Faites un effort Que diable. Cachez donc cette haine je vous prie. Et convenez dans un même élan que lorsque Sarah dans la nuit appela au secours car on l’assassinait, on eût presque pu lui enjoindre de faire preuve d’un zeste de dignité. Taisez-vous tous, il en est qui voudraient bien dormir.

[1] Jean-Patrick Grumberg. Dreuz.info. 22 juillet 2016.

[2] Ô Vous, Frères Humains. Albert Cohen. 1972. Paris. Gallimard.

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