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La politique étrangère européenne ne change pas au Moyen-Orient, et ne s’adapte plus aux événements géopolitiques en cours. Toutefois, elle suit une certaine logique, à savoir : les intérêts économiques prévalent sur la stratégie et la morale dans les affaires des Etats.

Une jeune femme retirant son voile est devenue le symbole des protestations en Iran (Twitter)

L’Europe, championne des libertés et des droits de l’Homme, est bien sélective sur les dossiers brûlants. Elle se permet sans scrupule de condamner Israël pour la moindre « violation » contre les Palestiniens, mais quand il s’agit des Iraniens elle demeure perplexe, hésitante, et elle se mord la langue.

Et pour cause, les affaires mercantiles et les fabuleux contrats risquent de s’envoler en fumée.

Sur ce dossier, la France se range bizarrement avec la Turquie d’Erdogan. Lors d’une réunion extraordinaire du Conseil de Sécurité, l’ambassadeur de France a déclaré contrairement à la position américaine : « Bien que les événements de ces derniers jours en Iran puissent être inquiétants, ils ne constituent pas, en soi, une menace pour la paix et la sécurité internationales. Nous devons nous garder de toute tentative d’exploitation de cette crise à des fins personnelles qui pourraient avoir des conséquences diamétralement opposées à celles souhaitées. »

Cette réunion du Conseil de Sécurité convoquée à la demande des Etats-Unis a été qualifiée de « nocive et destructive » par la Russie aussi. Elle juge que « les affaires intérieures de l’Iran n’ont rien à voir avec le rôle » de l’ONU.

Nous avons connu le même scénario en 1979 avec la chute du Chah et la révolution islamique. L’Europe, et la France de Giscard en particulier, avaient trahi l’alliance stratégique qu’ils avaient nouée avec le meilleur allié musulman de l’Occident.

Trente-cinq après, le Président Obama, Prix Nobel de la Paix, embrasse les Ayatollahs et signe un accord sur le projet nucléaire en cours. Il refuse d’écouter les avertissements alarmants des Israéliens, et va même annuler une opération ponctuelle de la CIA contre le Hezbollah, baron de la drogue au Liban, pour éviter justement une confrontation avec l’Iran et imposer de nouvelles sanctions.

L’Europe a suivi Obama pour des raisons commerciales en levant à son tour les sanctions. Depuis, les fonctionnaires et experts européens sur la question iranienne rabâchent sans cesse les mêmes messages : « Rohani est un modéré et n’est pas responsable de la politique interventionniste de l’Iran au Moyen-Orient. Sur le terrain, ce sont les Gardiens de la Révolution qui font la pluie et le beau temps. L’Iran n’est pas un Etat voyou telle que la Corée du Nord, il respecte les accords signés avec l’Occident et ne viole pas l’accord sur le nucléaire. »

Comment dire autrement quand des intérêts multinationaux sont en jeu ? Comment aussi ne pas plaider la cause iranienne pour justifier les accords signés ? Dans cette logique, on persiste dans la même voie, on signe et on ferme les yeux sur les violations, la répression, la torture et la terreur. Pis encore, on ne condamne plus l’Iran pour ses menaces de détruire et de rayer de la carte l’Etat juif. Ni non plus les diatribes quotidiennes, les discours belliqueux du chef du Hezbollah, Nasrallah, pourtant responsable d’attentats contre des civils et soldats occidentaux et des prises d’otages.

Pourquoi, quand un président américain prononce une déclaration favorable sur Jérusalem, l’Europe réagit-elle rapidement, convoque le Conseil de Sécurité, et condamne ? Pourquoi quand Trump et Nétanyahou encouragent les manifestants dans les rues de Téhéran, on les accusent d’ingérence et d’être des provocateurs ? Mais pourquoi quand Obama et les Européens encouragent le fameux Printemps arabe, la chute de Ben Ali ou Moubarak, cette ingérence est-elle légitime ? Enfin, pourquoi les Ayatollahs d’Iran, ceux qui représentent l’obscurantisme et la terreur sont toujours épargnés de toute critique ?

Dans ce contexte, l’Europe trouvera toujours le prétexte et le moyen d’expliquer au monde que les Iraniens vivent dans la détresse, et donc, plus que jamais, il faudrait les aider en investissant dans ce pays, et en apportant un second souffle à son économie.

L’Europe ne peut au Moyen-Orient jouer l’acrobate, jongler avec tous les dossiers et les discours à la fois. Elle demeure maladroite et manque d’habilité. Nous le constatons devant chaque crise dans notre région, face au terrorisme et aux vagues d’immigration, elle s’affole et perd la boussole.         

Freddy Eytan  

Source jcpa-lecape

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