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L’est de la région parisienne subit un important mouvement de départ de familles juives, qui cherchent à retrouver un sentiment de sécurité.
Trois ans après l’attentat de l’Hyper Cacher, le traumatisme reste très marqué au sein de la communauté juive d’Île-de-France. Et la recrudescence d’actes d’antisémitisme pousse certaines familles à changer de lieu de vie pour oublier le sentiment d’insécurité et retrouver un peu de sérénité. De nombreux déménagements ont été recensés, principalement de l’Est vers l’Ouest parisien. Ce mouvement appelé « alya interne », en référence à l’alya des juifs qui partent vivre en Israël, a été constaté dans une enquête d’Europe 1.
Daniel, un membre de la communauté juive de Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis, a déménagé avec sa famille à la suite d’actes antisémites répétés. L’été dernier, à son retour de vacances, il retrouve une lettre accompagnée d’une balle de kalachnikov, avant d’être ciblé par des courriers de menaces et de découvrir des tags explicites sur sa maison : « La prochaine balle sera pour vous ! À mort les juifs ! »
On est sur le qui-vive constamment

« Comme on ne sait pas d’où ça peut venir, on est tout le temps aux aguets, en train de surveiller la maison, à se lever en pleine nuit dès qu’il y a du bruit dehors pour voir ce qui se passe, raconte Daniel à Europe 1. On est sur le qui-vive constamment. On sort de la maison pour voir s’il n’y a pas quelqu’un qui vous guette dehors et c’est stressant. Nous, on ne se sentait pas protégés. On a préféré déménager. »
Il ne s’agit pas d’un cas isolé. En Île-de-France, « sur une quinzaine d’années, des effectifs de populations ou de familles juives se sont effondrés dans toute une série de communes de Seine-Saint-Denis », relève Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, à l’Agence France-Presse. « À Aulnay-sous-Bois, le nombre de familles de confession juive est ainsi passé de 600 à 100, au Blanc-Mesnil de 300 à 100, à Clichy-sous-Bois de 400 à 80 et à La Courneuve de 300 à 80 », précise-t-il dans son ouvrage L’An prochain à Jérusalem, se basant sur des données provenant d’associations juives, notamment le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme.
Le 17e arrondissement de Paris, nouveau centre de gravité
« On constate des mouvements qui sont anormalement élevés et qui sont provoqués par cette montée de l’insécurité, ajoute Jérôme Fourquet à Europe 1. Cette population qui représente moins de 1 % de la population totale focalise à elle seule la moitié des actes racistes en France. Un certain nombre de ses familles en a tiré la conséquence que pour elles et leurs enfants, il était urgent de déménager et d’aller dans des endroits plus cléments, sans craindre d’être importunés ou menacés. »
Autre destination prisée : Sarcelles, dans le Val-d’Oise. La commune abrite une communauté juive déjà bien installée et reçoit « chaque mois plusieurs dizaines de demandes de relogements », assure ainsi François Pupponi, député du département. Le 17e arrondissement de Paris fait aussi partie des nouveaux lieux investis par la communauté juive. Un centre européen du judaïsme doit bientôt y être inauguré et les ouvertures de restaurants casher se multiplient. « Très souvent, dès qu’il y a un local de libre, il est pris par des restaurants casher, confirme Murielle Gordon-Schor, adjointe au maire du 17e arrondissement et vice-présidente du Consistoire israélite de France. Les soirs de shabbat, les gens se promènent en kippa, ils ne se cachent pas, ils n’ont pas peur. La peur n’existe pas ici. »
Source :
http://www.lepoint.fr/societe/face-a-l-antisemitisme-des-familles-juives-contraintes-a-demenager-10-01-2018-2185335_23.php

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