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Les autorités grecques ont déclaré avoir saisi cette semaine, près de l’île de Crète, un navire battant pavillon tanzanien se dirigeant vers la Libye et transportant des matériaux utilisés pour fabriquer des explosifs.

Les garde-côtes grecs ont notamment trouvé à son bord 29 conteneurs de nitrate d’ammonium, des détonateurs non électriques, et 11 réservoirs de gaz de pétrole liquéfié vides.

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«Les matériaux étaient bien destinés à la Libye. Ils peuvent être utilisés pour la fabrication de bombes et pour des attentats terroristes», a déclaré à la presse le contre-amiral Ioannis Argiriou.

En Libye, plus de trois quarts des bombes qui tuent chaque année davantage de civils sont fabriquées à partir d’engrais chimiques interdits. Les bombes artisanales, peu chères et faciles à fabriquer, sont l’arme la plus efficace de la sanglante rébellion islamiste menée depuis six ans.

Les premiers éléments de l’enquête ouverte par Athènes révèlent que la cargaison avait été chargée dans les ports turcs de Mersin et d’Iskenderun, et qu’initialement elle était destinée à Djibouti et à Oman. Les garde-côtes grecs disent que ce n’est qu’après coup que le capitaine du navire a ordonné à ses subordonnés de prendre le cap pour la ville libyenne de Misrata pour y décharger toute la cargaison. La même source ajoute qu’aucun document attestant que le navire devait se rendre à Djibouti ou Oman n’ont été trouvés.

La Libye est, rappelle-t-on, sous le coup d’un embargo sur les armes imposé par l’Union européenne et les Nations Unies depuis 2011. Malgré cela, Ankara continue à fournir des armes aux mouvements rebelles des Frères Musulmans libyens. Le Qatar a fait de même pour les groupes islamistes implantés à Tripoli.

Mais la saisie d’une aussi importante quantité d’explosifs est problématique, surtout qu’elle intervient à un moment où la communauté internationale essaye de stabiliser la situation en Libye en vue d’y organiser des élections cette année. Il apparaît clair en tout cas que les Turcs ont bien l’intention de mettre le feu à ce qui reste de la Libye.

Les autorités libyennes avaient renforcé les contrôles à la frontière pour éviter un afflux dans le pays d’engrais chimiques en provenance de la Turquie. La Turquie qui étale aussi sa zone d’influence au Soudan cherche à déclencher une guerre entre le Soudan et l’Égypte.

Des hélicoptères de l’armée ont évacué les leaders du réseau terroriste de la province de Deir ez-Zor, en Syrie.

Cette évacuation, qui aurait eu lieu dans la nuit du 27 au 28 décembre, ne serait pas la première évacuation des chefs de Daech, qui iraient rejoindre probablement la Libye.

Les responsables libyens accusent régulièrement les puissants services de renseignement et l’armée turque de soutenir la rébellion libyenne et nourrir ainsi les violences dans le pays. Le but recherché est de saborder le plan de paix de l’ONU et de soutenir les islamistes libyens qui n’ont plus le vent en poupe.

Les Frères Musulmans libyens perdent l’appui de la Grande-Bretagne

Les Frères Musulmans libyens, qui gèrent un empire financier dans des paradis fiscaux et des sociétés offshore en Grande-Bretagne, ne peuvent en aucun cas envisager de compter sur l’indifférence des autorités britanniques.

L’ambassadeur de Grande-Bretagne à Tripoli, Peter Millet, a nié cette semaine un quelconque soutien de son pays aux Frères musulmans. En déplacement à Tobrouk, ville actuellement contrôlée par l’Armée nationale libyenne, le diplomate britannique a, par ailleurs, affirmé que Londres était opposé aux milices qui contrôlent encore certaines villes libyennes.

Peter Millet répondait à une question des médias locaux sur la signification à donner à la présence de Frères Musulmans libyens à Manchester. «La Grande-Bretagne ne soutient le terrorisme ni en Libye ni ailleurs», a-t-il assuré, précisant que dans le cas de la crise libyenne, le gouvernement britannique ne soutient aucune partie contre une autre. «Notre action consiste uniquement à aider les Libyens à retrouver le chemin de la paix et du développement», a indiqué Peter Millet.

Depuis l’intervention par l’OTAN contre le régime du dictateur Mouammar Kadhafi et la mise en place du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA), c’est la première fois que les Britanniques affichent une opposition frontale aux Frères Musulmans libyens.

Il semble que les islamistes libyens n’ont plus le vent en poupe et que Londres est persuadé qu’ils n’ont aucune chance de remporter les élections législatives et présidentielles prévues dans le courant de cette année.

Le camp d’en face, représenté par le général Haftar et les anciens kadhafistes, fait tout pour se donner les moyens de remporter les prochaines échéances électorales. Des sources évoquent même des tractations avancées entre le maréchal Khalifa Haftar et les kadhafistes pour soutenir la candidature de Saïf Al-Islam Kadhafi à la prochaine présidentielle. Ce plan est soutenu par les Émirats arabes unis et l’Égypte.

Saïf Al-Islam a surtout le soutien du prince héritier saoudien et du Président égyptien Abdel Fattah al Sissi. Par contre, le Qatar et la Turquie, qui sponsorisent les islamistes libyens, veulent stopper l’ascension au pouvoir du fils de Kadhafi.

Bien qu’il soit condamné à mort par un tribunal à Tripoli et qu’il soit poursuivi par la CPI pour crime contre l’humanité, Saïf Al-Islam entend être candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en principe avant septembre prochain, selon le plan d’action de l’ONU.

Avec le «soutien des principales tribus libyennes», il présentera sa «plateforme» et désire «imposer plus de sécurité et de stabilité en Libye», a expliqué cette semaine le porte-parole de la famille Kadhafi à Egypt Today.

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