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La Lombardie et la Vénétie organisent ce dimanche un référendum pour réclamer plus d’autonomie, trois semaines après le vote d’autodétermination de la Catalogne. Mais « Milan et Venise n’ont rien à voir avec Barcelone », tiennent à préciser les présidents des régions concernées, tous deux membres de la Ligue du Nord, à l’initiative du scrutin.

Le référendum est en effet consultatif, autorisé par la Constitution italienne et ne porte pas sur une hypothèse d’indépendance. Les habitants des deux régions devront dire « oui » ou « non » à un accroissement de leur autonomie sur une vingtaine de compétences. De la protection civile au commerce extérieur, de la distribution de l’énergie à la tutelle du patrimoine, du traitement des déchets à la politique envers les immigrés. Toutefois, l’argument clé de la consultation est la redistribution des impôts. La Lombardie et la Vénétie, deux des plus riches régions de la péninsule, versent respectivement 54 et 15 milliards d’euros de plus de ce qu’elles reçoivent en retour comme dépenses publiques. Les deux régions contribuent à elles seules à 30 % du PIB italien.

Sans suspense

Le chaos catalan, que les organisateurs n’avaient pas prévu, se révèle un piège pour la Ligue du Nord. Le parti, allié du Front national à Bruxelles, redoute que de nombreux électeurs, de droite comme de gauche et autrefois favorables à davantage d’autonomie, ne désertent les urnes par peur de troubles. Elle craint également que le débat ne réveille le courant indépendantiste qui était jusqu’alors en sommeil. Le choix d’induire ce référendum est d’autant plus maladroit qu’il intervient à un moment ou Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, tente de transformer sa formation régionale en parti national et nationaliste et d’arracher à Silvio Berlusconi le leadership de toute la droite italienne. La Ligue a donc tout à perdre et rien à gagner. La participation sera donc un élément-clé. En Vénétie, elle devra dépasser 50 % pour que la consultation soit valable. Il n’y a en revanche pas de quorum en Lombardie et 40 % de votants seraient un succès pour les organisateurs. Si les électeurs ne se mobilisent pas, cela montrera que la Ligue du Nord n’est pas influente dans ses bastions traditionnels. Si la participation est forte, cela remettra en question la stratégie de Matteo Salvini.

Le reste de l’Italie suit le scrutin avec indifférence. Il n’y a pas de suspense puisque la Ligue du Nord, Forza Italia, le Mouvement 5 étoiles et de nombreuses personnalités du Parti démocrate ont invité à voter oui. En outre, le scrutin paraît inutile, car la Constitution autorise les régions à négocier leurs compétences avec Rome sans consultation préalable. Le référendum semble donc une opération, maladroite, vaine… et qui coûtera 50 millions de fonds publics.

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