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Image de la marche blanche pour Mireille Knoll organisée le 28 mars 2018 à Paris. — Thibault Camus/AP/SIPA

  • «20 Minutes» était à la marche blanche organisée en mémoire de Mireille Knoll ce mercredi à Paris.
  • Des politiques de divers bords étaient venus rendre hommage à cette octogénaire juive assassinée, et manifester contre l’antisémitisme.
  • Mais Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen avaient été déclarés persona non grata par le Crif, organisateur de la marche. Le premier a dû quitter le cortège, et la deuxième s’en extraire temporairement, sous la pression d’une minorité de manifestants.

Et soudain, la marche a tourné au cirque. Des milliers de personnes ont défilé ce mercredi soir à Paris en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée dans le XIe arrondissement. Les hommes et les femmes politiques étaient eux aussi venus en nombre (si nombreux qu’on ne peut pas tous vous les citer) pour cette « marche blanche », « contre l’antisémitisme ». Parmi eux, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui ont dû quitter le cortège après des incidents causés par une minorité de manifestants. Ils avaient été  déclarés persona non grata par le Crif, organisateur de la marche.

A peine arrivé boulevard Voltaire, au point de départ de la marche, Jean-Luc Mélenchon, accompagné des députés de La France insoumise ceints de leur écharpe tricolore, a été pris à partie par quelques dizaines de jeunes, vêtus de noir, le visage masqué. « Mélenchon collabo ! Insoumis enc**** ! » scandent-ils, imités par quelques manifestants. « Cette marche ne sera pas blanche, mais rouge ! », se réjouit un homme qui soutient les jeunes violents.

Mélenchon et les Insoumis chahutés par la LDJ

Puis la tension monte d’un cran. Alain Finkielkraut fend la foule : « je vais leur dire de se calmer », explique-t-il au sujet des jeunes violents, sympathisants de la Ligue de défense juive, comme 20 Minutes et Streetpress ont pu le constater. « Ça détourne la manifestation de son sens », se lamente-t-il. « On ne retiendra que les hurlements de ces imbéciles ». Les nombreuses caméras sont en effet braquées sur l’altercation entre Insoumis et jeunes de la LDJ.

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Quelques minutes plus tard, débordés par les événements, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis sont exfiltrés du cortège, encerclés par les forces de l’ordre. « C’est lamentable, se désole une dame, tout le monde a le droit d’être ici ». Perplexe, un homme s’interroge : « je ne comprends pas, Mélenchon n’est pas antisémite, il est juste pas fan d’Israël », lâche-t-il en haussant les épaules.

Dans le calme d’une ruelle adjacente, le leader de La France insoumise répond à la presse. « Faut pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays. Il ne faut pas leur donner une importance qu’ils n’ont pas », balaie-t-il au sujet de ses détracteurs du jour.

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Marine Le Pen défendue par la LDJ

Pendant ce temps, de l’autre côté du cortège, Marine Le Pen a elle aussi connu un début de marche agité. Selon Konbini, les sympathisants de la LDJ ont en revanche protégé la dirigeante frontiste des manifestants qui l’insultaient et voulaient la chahuter. La patronne du FN avait pris la défense de la LDJ en 2014.

Finalement, Marine Le Pen a dû elle aussi quitter le cortège, mais momentanément. Selon l’AFP, elle a ensuite puis rejoindre la queue du défilé. « Nous sommes à notre place », a-t-elle réagi.

Marine Le Pen à la marche blanche pour Mireille Knoll le 28 mars 2018 à Paris. – Thibault Camus/AP/SIPA

Le porte-parole du gouvernement déplore ces incidents

Les « expulsions » du FN et de LFI « desservent la cause pour laquelle nous sommes tous réunis », a estimé auprès de 20 Minutes le porte-parole du gouvernement. « Chacun doit pouvoir exprimer librement dans l’espace public, un hommage à Mireille Knoll, morte dans des conditions atroces et en toute vraisemblance, car il y a une poursuite, avec un caractère antisémite », a poursuivi Benjamin Griveaux. « En France, il n’y a pas de personnes qui n’ont pas le droit de manifester dans la rue, tant qu’elles ne troublent pas l’ordre public ».

Après avoir viré au cirque politico-médiatique, la marche blanche a par la suite retrouvé un peu de calme. Rose blanche à la main, manifestants, célébrités et politiques ont marché sereinement vers l’immeuble où vivait l’octogénaire assassinée. Mais il restait un peu de tension dans l’air.

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