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Les professionnels de la santé contestent les conditions d’exercice de leur métier alors que près de 10.000 médecins algériens lassés des contraintes ont choisi de pratiquer en France.

Près de 7000 médecins résidents se sont rassemblés mardi devant le centre hospitalo-universitaire d’Oran, deuxième ville d’Algérie. Les internes réclamaient l’abandon des services civil et militaire obligatoires. Les protestations, qui courent depuis octobre dernier, ont rassemblé des milliers d’internes partout dans le pays. Les manifestants ont aussi décidé de boycotter l’examen national du DEMS, qui sanctionne les six années de spécialisation. Le mouvement des médecins résidents rassemble environ 9000 personnes. Il a petit à petit agrégé d’autres professions de santé, tels que les pharmaciens et les dentistes.

Le grief principal porte sur le service civil, qui contraint les jeunes médecins, à la fin des six années de spécialisation, à exercer entre deux et quatre ans dans des régions reculées du pays. Il conditionne l’obtention du diplôme et le droit d’exercer des médecins, qui ne peuvent s’y soustraire. Ils doivent alors faire face au manque de moyens et de matériel de ces hôpitaux déshérités. Conçu pour remédier aux déserts médicaux, nombreux dans les régions reculées du plus grand pays d’Afrique, le service civil est, pour les manifestants, un échec. Par la suite, les hommes doivent satisfaire au service militaire. Une dispense du service national avait été mise en place en 2017 pour les personnes nées entre 1985 et 1987, mais les médecins en sont exclus.

Du fait des nombreuses contraintes, de mauvaises conditions de travail et de perspectives professionnelles peu satisfaisantes, les jeunes médecins algériens, sont nombreux à s’exiler pour exercer leur activité. Ainsi, en France, on dénombre près de 10.000 médecins de nationalité algérienne, dont la moitié diplômée en Algérie. Las de la politique insuffisante et des moyens dérisoires leur étant alloués, ils se sont résolus à exercer leur activité de l’autre côté de la Méditerranée.

Faiblesse des services et manque d’équipements

Le Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens) demande une amélioration du service civil, par la mise en place de mesures incitatives et non plus contraignantes, comprenant la mise à disposition d’un logement, et la possibilité de bénéficier du regroupement familial.

Le 3 janvier, les forces de police avaient violemment réprimé un rassemblement se tenant devant le centre hospitalier Mustapha Pacha à Alger, faisant une vingtaine de blessés.

Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé a tenté lundi d’apaiser la colère grandissante. Il a déclaré, sur une grande chaîne de télévision, que: «selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé, il faut qu’il y ait une couverture sanitaire totale du territoire du pays. C’est ce qu’on appelle la couverture médicale universelle et c’est pour cette raison que je considère que le service civil est un grand acquis pour le malade et le citoyen algérien, mais aussi pour le système de santé et pour le médecin algérien».

Si la formation des personnels de santé est satisfaisante, les jeunes diplômés se heurtent à des infrastructures vieillissantes et souvent peu équipées. Le manque de moyens alloué aux hôpitaux, et la faiblesse des services disponibles par rapport aux besoins de la population créée de grandes inégalités.

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