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Deux rébellions ethniques armées ont signé mardi un cessez-le-feu en Birmanie, un succès symbolique relatif pour Aung San Suu Kyi, dans un pays où armée et guérillas s’affrontent dans certaines régions depuis des décennies.

« Jusqu’à quand notre peuple devra-t-il attendre? Jusqu’à quand les conflits armés continueront-ils d’influencer notre pays?« , a interrogé la chef de la diplomatie birmane, de facto numéro un du gouvernement, qui a fait d’un cessez-le-feu national sa priorité.

La virulence des conflits ethniques en Birmanie, mosaïque de peuples, s’est retrouvée ces derniers mois sur le devant de la scène internationale, avec la fuite au Bangladesh de près de 700.000 musulmans rohingyas, victimes d’un nettoyage ethnique par l’armée selon l’ONU, après des attaques par une rébellion rohingya.

Il y a encore un long chemin à parcourir

Mais au-delà de ce conflit, qui se déroule dans l’ouest de la Birmanie, l’ancienne colonie britannique compte une vingtaine de conflits ethniques, dans lesquels s’affrontent armée et guérillas, parfois depuis des décennies.

Mardi, ce sont deux petits mouvements, des ethnies Mon et Lahu, le New Mon State Party (NMSP) et le Lahu Democratic Union (LDU), qui ont signé un cessez-le-feu, rejoignant huit autres groupes ayant remisé les armes avant l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi en 2016.

« La lumière de la paix… ne peut pas s’appliquer au pays tout entier« , a concédé Aung San Suu Kyi. « Notre pays subit beaucoup de pression et de critiques de la part de la communauté internationale« , a-t-elle ajouté, dans une apparente allusion aux Rohingyas.

La puissance de l’armée

Le gouvernement civil n’a pas osé désavouer pour l’heure la puissante armée, qui reste un acteur politique clef malgré l’autodissolution de la junte en 2011.

« Nous avons confiance en Aung San Suu Kyi mais nous devrons voir ce qui se passe en cours de route parce que le gouvernement et les militaires ne sont pas très unis« , a souligné le président du LDU, Kya Khun Sar, interrogé par l’AFP en marge de la signature.

Héritage de la junte, l’armée contrôle un quart des sièges du Parlement et les postes clefs de ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Frontières. Pour arriver à un accord global, « toutes les parties doivent cesser les opérations militaires, notamment dans les Etats Kachin et Shan, où les combats se poursuivent« , a réagi la diplomatie européenne à l’annonce de cette signature.
 

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