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On est lundi matin. Comme pour la plupart des humains, c’est un jour de travail pour moi. Atteint d’une vieille bronchite, un truc qui touche les corps humains et vivant dans un pays qui comprend la maladie humaine, je suis resté travailler de chez moi, fortement encouragé par un patron et des collègues humains. Je me sens un peu groggy sous l’effet de la cortisone et des antibiotiques, mêlés aux courbatures qui tiraillent ma cage thoracique et à la fatigue d’un sommeil trop léger entrecoupé de quintes de toux. Je suis un humain. Comme un humain peut l’être, je suis fatigué, j’ai une bronchite et je traîne le matin, assis sur mes chiottes, la tête en biais d’une nuit compliquée. Et ce que je viens de faire, comme chez tous les humains, ne sent pas très bon.

J’ai appris hier la mort violente de Ziv Hajbi et Kim Yehezkel, sur leur lieu de travail, par un « collègue palestinien » qui s’est avéré être un agent dormant du nazisme panarabe qu’on appelle « cause palestinienne ». Je commence à être habitué mais aussi étrangement froid à ces attentats. Je crois que ma capacité à être choqué s’amenuise, ou alors que je repousse l’information pendant quelques heures pour ne pas être obligé de penser à tout ce que cela implique. Mais je finis toujours par ouvrir à nouveau les yeux et le coeur, parce que je suis humain. Eh oui, que voulez-vous, je suis bassement humain.

Donc je regardes les photos de Ziv Hajbi et Kim Yehezkel et ma réaction n’est pas celle d’un politologue du Moyen-Orient, d’un juriste soucieux des droits de l’homme, d’un religieux spécialiste de l’âme humaine. Ma réaction est celle, basse et bête d’un simple humain au quotidien. Je vais peut-être vous choquer, par les implications de ce que je vais dire mais je vais être le plus sincère et le plus transparent possible et, par là, le plus humain possible.

Je vois la photo de Kim et je suis instantanément séduit. Cette jeune femme est magnifique. Elle est d’une très grande beauté et dégage, dans les photos, un charme conquérant qui m’atteint. Et ma première réaction, sans filtre, est: « Mais comment a t’il pu tuer une si belle femme?? »

Je ne comprends pas. Le gars a cette femme magnifique sous les yeux et lui tire une balle dans la tête à bout portant. Il est gay ou quoi? Quelle merde a t’il dans les yeux et le cerveau pour que ses idées à la con l’empêchent de voir, tout simplement, la beauté de Kim? Il la côtoyait au travail, si j’ai bien compris et peut-être la détestait-il pour son caractère ou ses idées, je n’en sais rien. Mais comment est-il passé au-dessus de cette simple émotion humaine de la beauté d’une femme pour en décider de la tuer? Clémentine Autain est une communiste  stalinienne dont je déteste les idées et qui, dans un certain contexte, n’hésiterait sans que très peu avant de m’envoyer au goulag ou dans une fosse. Pourtant, je ne peux m’empêcher de constater sa beauté et ça suffit à empêcher toute agressivité à son égard, même si je n’hésiterais pas à la combattre idéologiquement avec vigueur.

Vous allez me dire: » Donc tuer les moches, ça ne te choque pas?? » Eh bien si, mais pour d’autres raisons. Cécile Duflot, que je ne trouve pas jolie ni attirante et qui m’exaspère avec sa voix de mère de famille qui court après ses sales gosses, m’inspire pourtant cette idée qu’elle est justement une mère de famille qui change des couches, se coiffe le matin en engueulant son mari et souffre parfois d’une bronchite comme la mienne. Elle m’enverrais sans sourciller dans un camp de redressement écologique et psychiatrique si elle en avait l’opportunité mais le simple fait de constater son humanité, même par des aspects qui ne me séduisent pas, suffit à empêcher toute agressivité ou radicalité à son égard.

Même Ahed Tamimi et ses défécations de haine antisémite qui polluent la vie des israéliens comme de ses congénères, je ne peux m’empêcher de voir son côté humain. J’ai vu une photo d’elle, a la sortie de prison, avec une grosse glace bien calorique à la main alors qu’elle n’avait pas besoin de ça et j’ai pensé au plaisir enfantin qu’elle a du ressentir en la mangeant. Je constate aussi ses jolis yeux bleus, pourtant remplis de haine et de propagande et sa voluptueuse chevelure blonde et je me demande quelle est son histoire familiale et quelles origines expliquent ces caractéristiques physiques. J’imagine l’amour d’un grec byzantin et d’une jolie turque qui permettent un mélange génétique que l’on retrouverait chez elle et je vois, par tous ces aspects, qu’Ahed Tamimi est simplement humaine. Et elle aussi, ce qu’elle fait le matin sur son trône ne sent pas très bon.

Alors je me perds dans les limbes de la philo à comprendre le geste de l’assassin de Kim et ma question, toujours la même, revient toujours: Pourquoi n’a t’il pas eu un éclair de lucidité, un instant d’humanité, un moment de doute à se demander ce qu’il est en train de foutre?

Pourquoi Mohamed Merah n’a t’il pas eu cet instant d’humanité en voyant la blondeur angélique et la peur panique de Myriam Monsonego entre ses mains? Pourquoi l’assassin de la famille Fogiel n’a t’il pas eu cet instant d’humanité en entrant dans le domicile de la famille et en voyant leurs objets personnels et peut-être une chaussette d’enfant que la maman avait demandé de ramasser? Pourquoi le gang des barbares n’a pas eu cet instant d’humanité devant les grimaces de douleur d’Ilan Halimi et les larmes d’un jeune homme qui voulait juste séduire une jolie fille? Pourquoi ce soldat d’un Einzatzgruppen en Urkaine n’a t’il pas cet instant d’humanité quand il met en joue une maman qui lui tourne le dos pour protéger son enfant alors qu’il voit peut-être les traces de vomi de l’enfant sur la veste de la maman?

Comment peuvent-ils ne plus voir ça? Comment peuvent-ils ne plus ressentir une simple et basique émotion humaine? Comment l’assassin de Kim a t’il pu être autre chose qu’un homme face à une belle femme? Pour ma part, il me faudrait un effort surhumain pour voir autre chose chez Kim! Considérer, face à une telle beauté, qu’elle est d’abord juive et que je suis d’abord son ennemi me serait totalement impossible et me demanderait un véritable effort conscient et même pénible. Voire chez l’autre une représentation idéologique avant d’y voir un humain avec sa beauté et ses manies quotidiennes exaspérantes, c’est un effort surhumain pour moi.

Les gardes d’Auschwitz ont-ils imaginé le vieux rabbin et son mal au dos, en train de chausser ses souliers, assis sur son lit au aux couvertures fleuries offerte en cadeau de mariage, le matin de son arrestation? Comment ont-ils pu voir en lui, au travers de sa faiblesse tout à fait humaine, de son odeur, du son de sa voix vieillissante, de son dos courbé par les années, un membre d’un complot mondial machiavélique et judéo-maçonnique contre l’Allemagne? Qu’avaient-ils dans leurs yeux, leur cerveau et leur coeur pour ne pas voir, tout simplement et d’abord, un humain? Quelle est la puissance d’une idéologie, d’une religion, d’une construction politique, d’une culture pour en arriver à complètement nier l’humain et la simple banalité du quotidien dans le coeur des hommes?

Je ne comprends pas et ne comprendrais sans doute jamais. Comment ce tueur n’a t’il pas vu la simple, évidente et féminine beauté de Kim pour voir complètement autre chose? Comment n’a t’il pas eu l’instant d’humanité qui change tout? C’est incompréhensible.

Pug

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