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Mesdames et Messieurs,

Je dois à la vérité de reconnaître que vous m’impressionnez. Vous êtes nombreux, vous êtes excessivement puissants, vous disposez de ressources inépuisables, vous êtes organisés en réseaux bien établis et vous êtes présents partout, en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs. Il n’est pas exagéré de dire que vous contrôlez quatre-vingt dix pour cent des médias, des universités, des corporations multinationales et la totalité des appareils gouvernementaux. Aussi je peux comprendre que détenant un tel pouvoir vous trouviez naturel d’en abuser, après tout la raison du plus fort n’est-elle pas la meilleure?

Mais votre pouvoir sur les esprits s’est avéré moins grand que vous le pensiez. Tout n’est pas parfait ici-bas, et je comprends votre frustration, quand je vois que la moitié des électeurs américains s’est détourné de vous et a voté du « mauvais bord ». Je ne sais si je dois vous plaindre ou vous féliciter, mais aux lendemains d’un certain 8 novembre 2016 et malgré la catastrophe électorale qui vous a frappé, vous vous êtes ressaisis et avez lancé aussitôt la contre-attaque. Il est loin le temps où on disait: vox populi vos dei, quand le peuple « s’égare et vote mal », il est du « devoir » des élites de le remettre sur le « bon chemin ». Ainsi il est dans l’ordre des choses de refuser les résultats des élections comme vous l’avez fait et continué de le faire, non seulement pour le « bien du peuple » mais davantage pour le vôtre.

Loin de moi l’idée de retourner le fer dans la plaie, la simple humanité me le défend. Je ne puis toutefois m’empêcher de penser au torrent de moqueries et de propos méprisants qui ont accueilli la candidature de Donald Trump, non seulement à l’adresse du candidat, mais autant sinon plus à propos des citoyens qui l’appuyaient. Vous aviez quelque raison de réagir ainsi, la « plèbe ignorante et inculte » avait besoin qu’on lui fasse la leçon et qu’on la remette à sa place. Au tout début vous pensiez qu’il vous suffisait de tirer quelques salves médiatiques pour démolir et le candidat et la candidature. Au vu des piètres résultats, vous avez alors jugé bon, non pas d’ajuster le tir, mais de dresser un barrage d’artillerie tellement dense et à ce point massif, que « tout le monde » s’est pris à penser qu’aucun candidat, fut-il extrêmement populaire, ne survivrait à un tel assaut. À la veille du scrutin vous étiez tellement sûrs de gagner, que vous n’avez même pas hésité à déclarer et publier d’avance la victoire de votre candidate.

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Les politologues du futur auront de la peine à analyser et comprendre vos motivations. Ils prendront acte de votre aversion envers Trump, mais ils auront de la difficulté à expliquer qu’elle vous ait à ce point aveuglés. Aux lendemains des élections et face à la défaite que vous avez subie, il était de bon ton que vous preniez du recul et procédiez à un début d’autocritique. Mais c’était sans doute trop demander de la part de gens imprégnés de leur sentiment de supériorité et par conséquent incapables de surmonter l’humiliation. Votre aversion s’est donc transformée en haine à l’égard du président élu, une haine d’autant plus aveugle, qu’elle vous dispensait de regarder la réalité et prendre acte de vos erreurs de stratégie. Vous ne vous êtes pas contentés d’être de mauvais perdants, vous avez par tous les moyens possibles cherché à imputer votre défaite, à une prétendue collusion entre Donald Trump et la Russie; autrement dit à une histoire invraisemblable que vous aviez fabriqué de toutes pièces, et aviez diffusé au cours de la campagne électorale, afin de discréditer votre adversaire et assurer sa défaite. En d’autres termes votre rage vous a amené à croire à vos propres mensonges.

Dans un monde et à une époque plus sensés, la victoire de David contre Goliath aurait suscité la sympathie générale. Mais la victoire de Donald Trump contre la coalition regroupant le parti démocrate, plus de la moitié du parti républicain, la presque totalité des médias conventionnels, les géants des réseaux sociaux, l’industrie du spectacle, le monde de la finance internationale, l’appareil gouvernemental au grand complet incluant le FBI, la CIA et la magistrature… Cette victoire de l’individu contre le système, n’a accordé aucun crédit et encore moins de répit à cet homme qui a osé prendre le parti des citoyens méprisés. En tant que représentants de l’ordre établi, vous continuez à vous acharner contre celui qui détient la légitimité, cherchant par tous les moyens à rendre inopérante la volonté populaire. Quand je vous entends vous réclamer de la démocratie et vous vanter de votre supériorité morale, je ne peux m’empêcher de constater à quel degré d’effronterie l’hypocrisie peut conduire.

Mais il a fallu un chef ayant l’énergie de Donald Trump, pour vous faire perdre toute apparence d’équité et toute notion de décence. Le pouvoir exécutif que vous cherchez à reprendre vous a convaincu de jouer le tout pour le tout. Les innombrables abus de pouvoir dont vous vous êtes rendus responsables, montrent à quel niveau de corruption vous avez amené les services d’enquête et la justice à s’abaisser. Politiser ces instances, qui pour aucune considération ne devraient renoncer à leur neutralité, est un crime que vous n’avez pas hésité à commettre, tant est grande votre soif de domination. Vous croyez que le pouvoir doit vous revenir de droit et vous n’hésitez pas un seul instant à faire dérailler le processus démocratique, afin de mieux asseoir votre tyrannie et votre prétention à régner sans interruption. Ce faisant vous trahissez les fondements constitutionnels et les traditions démocratiques qui ont fait le succès et le prestige des États Unis.

Mais de la même façon que votre coalition à échoué lors des élections présidentielles, les intrigues que vous concoctez et les calomnies que vous répandez, sont impuissantes face à la détermination du président et sa volonté de ne pas dévier de sa trajectoire. les succès qu’il enregistre sur à peu près tous les plans, ne font qu’augmenter votre rage. Plutôt que de prendre part à ses succès, lesquels rejaillissent sur toute l’Amérique, vous choisissez de les ignorer voire de les dénoncer comme autant d’échecs. Vous engrangez d’énormes profits grâce à sa politique économique, mais vous mordez la main qui vous enrichit. Vous vous accrochez, comme à un fétu de paille, à la moindre nouvelle négative, et l’idée même que Donald Trump puisse rencontrer des difficultés, vous remplit d’aise. Vous en êtes même rendus à prendre vos désirs pour des réalités et à fantasmer sur son éventuelle destitution, alors que le dossier à charge que vous montez contre lui depuis plus de deux ans, est désespérément vide. L’enquêteur spécial dont la nomination est gravement entachée d’irrégularités et de conflits d’intérêt, s’acharne à chercher un crime qui n’a pas été commis et à poursuivre son présumé auteur! Impuissant à trouver quelque chose de substantiel à se mettre sous la dent, il tend des pièges à des témoins innocents, lesquels au moindre défaut de mémoire ou à la moindre contradiction, se voient accusés de parjure, traînés en justice et condamnés à la prison. C’est ainsi que faute de trouver un crime, l’enquêteur prend les moyens d’en faire commettre, afin de justifier son existence et poursuivre son enquête indéfiniment.

Cependant les seuls crimes qui échappent à la justice, sont ceux que vos exécuteurs de basses œuvres, tant au FBI qu’au département de justice, ont commis en votre nom. Obstruction de la justice, production de faux, divulgations illégales de renseignements confidentiels, faux témoignages, espionnage non autorisé de citoyens innocents, destruction de documents etc. la liste est longue et elle allonge à chaque semaine. Tous ces crimes ont été commis afin de vous assurer la pérennité du pouvoir, et il se peut fort bien que les subalternes coupables, soient les seuls à payer pour les crimes que leurs politiciens de patrons ont commandités. C’est ainsi que l’État profond qui vous sert et se sert en même temps, a mis en place un système de justice à trois vitesses: une pour les membres de l’establishment, lesquels ne sont jamais poursuivis, une autre pour ses ennemis, d’emblée coupables et condamnables, et une troisième réservée aux citoyens ordinaires.

Il a fallu que Donald Trump soit élu pour que le monde découvre l’ampleur de votre déchéance morale. Mais nul ne s’attend à une prise de conscience de votre part; dépassé un certain seuil, la corruption des esprits devient irréversible; c’est pourquoi je n’ai aucun espoir que vous fassiez preuve de honte ou de regret. Il fut un temps où il était possible de rivaliser de bonne foi, s’opposer à l’adversaire politique n’empêchait pas de reconnaître sa légitimité et d’œuvrer avec lui pour le bien commun. Du moment que les prétendues élites s’octroient des privilèges matériels et moraux qui les placent au-dessus du peuple, les principes sur lesquels repose la constitution du pays cessent d’inspirer l’action politique. C’est alors que la tyrannie revêt le manteau de la démocratie, comme un loup qui se cache sous la peau d’un mouton. Votre domination mise en danger par l’élection inattendue de Donald Trump, apparaît à présent pour ce qu’elle est vraiment: une tyrannie qui ne dit pas son nom.

En terminant j’ose espérer que la défaite que vous avez subie il y a deux ans ne sera pas la dernière. Du profond du cœur je vous en souhaite plusieurs et de bien plus grandes, jusqu’à la déconfiture finale qui mettra fin à votre tyrannie en même temps qu’à votre arrogance. Cela vous fera sans doute du bien de revenir sur terre, car il n’y a pas mieux que la dure réalité pour assainir les esprits.

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