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Alyah : derrière le regain d’intérêt, le malaise français…

Alain SayadaAlain Sayada

Dimanche 9 mars a eu lieu, à Paris, le salon de l’alyah. Si ce rendez-vous organisé
par l’agence juive attire, régulièrement, des publics très variés, pas forcément tous
décidés à quitter la France dans l’année, on sentait, sur l’édition 2019, une agitation,
une vigueur, qui en disent long sur le malaise français. Certes, un nouveau directeur,
Ouriel Gottlieb a pris ses fonctions. Certes, on se doute que nombre de
représentants associatifs ou institutionnels ont tenu à profiter de l’occasion pour venir
à sa rencontre. Peut-être le temps clément, en ce début de mars, a-t-il aussi motivé
quelques badauds moins passionnés qui n’auraient pas fait le déplacement sous une
pluie battante ou par un froid de gueux.
Mais il n’empêche. L’affluence au salon était digne des grands jours. Ou plutôt des
années les plus noires. Il m’est avis que l’on n’avait pas vu autant de foules
intéressées par l’installation en Israël depuis 2015, année tristement célèbre en
matière d’attentats.
Tous les jours, depuis le déclenchement du mouvement des gilets jaunes, un nouvel
acte antisémite agite le territoire français. Cimetière profané, tags hideux rappelant
des heures sombres, agressions, insultes… Etre juif en France exige soit d’être
discret, soit d’avoir le cuir tanné. Car la haine prospère, elle s’exprime à visage
ouvert et génère, souvent des réactions au mieux molles, au pire exaspérées. Si
vous voulez désespérer de la nature humaine, lisez simplement les commentaires
des internautes lorsqu’un média se fait l’écho d’un nouvel acte antisémite. Entre
thèses complotistes, concurrences des racismes, agacement parce qu’on ne fait
qu’en parler et ton revanchard évoquant la Palestine, tout le chapelet le plus
nauséabond y passe. Et s’il existe des Français non juifs compatissants, qu’on se le
tienne pour dit, ce n’est pas au sein des internautes qui commentent qu’il faudra aller
les chercher.
Consternante, cette détestation des juifs toujours aussi appuyée sur clichés et
légendes complotistes où la magie noire le dispute au sordide, dans la veine du
Protocole des Sages de Sion, faux tristement célèbre qui, encore aujourd’hui, nourrit
l’essentiel de la haine, a eu raison des patriotismes les plus affirmés. Français,
citoyens, fiers de l’être, de respecter les valeurs de la République et de la servir,
nombreux sont nos coreligionnaires qui ont fini par plier : c’est désormais sur
d’autres rives, sur un autre continent que s’écrira leur avenir.
Car soyons francs, si la classe politique, les élus, les forces de l’ordre font ce qu’elles
peuvent pour montrer que la France, en tant que telle, n’est pas antisémite, le
ferment de la haine, lui, est bien enraciné. Et les tentatives maladroites pour le
déloger sans effet hélas. Je n’en veux pour preuve, cette manifestation après
l’agression d’Alain Finkielkraut, qui n’a pas motivé foule. Il faut dire que nombre de
juifs, dont nous sommes d’ailleurs, disons-le, n’avaient pas grande envie de se plirer
à cette mascarade, au côté du parti socialiste, entre autres, grand ordonnateur de
l’événement. Voir Olivier Faure qui conspuait l’Etat hébreu il y a à peine quelques
mois, jouer les âmes éplorées sur le sort de ses compatriotes « israélites » donnait
clairement la nausée. Non pas que ce monsieur soit antisémite. Juste bête à manger
du foin, car il n’a pas compris, voire il fait semblant de ne pas comprendre qu’exciter
la haine contre Israël en multipliant raccourcis et clichés est comme tendre des
armes à ceux qui haïssent les juifs ici, maintenant. Nous juifs, soutiens d’Israël avons
des raisons d’en vouloir, aux Iraniens, aux Syriens, aux Palestiniens, à tous ceux,
qui, ici, là-bas, nourrissent la haine, alimentent la folie, torturent, décapitent et
commettent les pires horreurs. Au nom d’Allah. Pour autant, il ne viendrait pas à

l’idée d’un citoyen français, juif de tout confondre et d’assassiner, de décapiter, de
brûler, le fils de son voisin musulman sur le chemin de l’école, ou une petite grand-
mère voilée, alors qu’elle se prépare un café ou regarde bien tranquillement sa télé.
L’inverse, hélas, n’est plus vrai. Tout juif, quel que soit son âge ou son degré de
soutien à Israël, est considéré comme coupable. Et donc bon à tuer. C’est la triste
vérité imposée par l’infiltration de l’islam radical assorti de quelques mensonges
médiatiques au sein de notre société.
En France, comme ailleurs, on ne recule devant aucun ridicule, du moment qu’on
peut accuser les juifs. Selon le Pakistan, les tensions avec l’Inde seraient causées
par Israël. Et si plutôt, le gouvernement pakistanais, connu pour promouvoir l’islam
intégriste et protéger les terroristes, en voulait à son voisin indien d’avoir noué des
liens commerciaux fructueux avec l’Etat hébreu ?
Mais revenons en France, et à notre triste constat. Il faudra partir. Un jour, bientôt.
C’est, au vu de l’affluence au salon de l’alyah, la conclusion à laquelle sont arrivés
nombre de nos compatriotes juifs. La Tunisie, la Lybie, l’Algérie, l’Irak ou L’Egypte.
Tous les pays arabes nous ont jeté dehors, au milieu du siècle précédent.
Aujourd’hui c’est l’Europe qui nous livre aux islamistes et nous montre la porte. Soit.
Mais au vu de ce qu’est désormais le Maghreb et de ce qu’est devenu le Proche-
Orient, la vieille Europe devrait s’interroger sur les conséquences de ce
renoncement.
Passons sur l’évolution sociologique, sur la façon dont la communauté musulmane la
plus fermée a su, au cours des 30 dernières années, imposer ses mœurs, ses
valeurs, sans pour autant accepter les valeurs de la République : charia, voile,
homophobie. Les signaux sont alarmants. Il y a 50 ou 60 ans, nos grands-parents
donnaient à leurs enfants des prénoms français. Pour respecter la France. En 2018,
20% des enfants nés en France avaient des prénoms à consonance arabo-
musulmane. Dans 40 ans, que restera-t-il de la France gauloise ? Rien, si le
clientélisme politique et l’afflux de pétro-dollars continuent à ce train.
La preuve en est faite par le calendrier électoral : les municipales se préparent et
dans les communes de banlieue francilienne, les partis musulmans sont à la
manœuvre : encore balbutiants en 2014, ils sauront dans quelques mois, draguer un
électorat séduit par leurs promesses. Au bien sûr, ils ne l’emporteront pas. Mais les
édiles soucieux de conserver siège et privilèges, comme ceux qui veulent éjecter un
rival sauront leur chanter la sérénade pour conclure alliances et compromissions.
Si nous juifs de France, aurons à cœur de participer au processus électoral, c’est
avec le cœur et la tête ailleurs que nous le ferons. Nos pères, sous l’égide de Moïse,
ont quitté l’Egypte pour rejoindre la terre promise. Des siècles plus tard, c’est en
« montant » vers Israël que nous accomplirons notre destin.
Am Israël Haï
Alain Sayada

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