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SPECIAL ISRAELVALLEY. Vendredi après-midi IsraelValley a été invité  par les amis francophones de l’Université de Tel-Aviv à une réunion tout a fait exceptionnelle, ceci dans le cadre du « Board of Governors ». Une remise de « Doctor Honoris Causa » a été faite. Ilana Dayan a été honorée par ce titre.

Moment exceptionnel lorsque la journaliste Ilana Dayan, avec une verve exceptionnelle et un incomparable talent, a raconté sa propre histoire autour de la polémique de son émission phare « Uvda ». La salle lui a réservé une « standing ovation ». Ilana Dayan est une journaliste vedette de la télé israélienne et du reportage. Son visage est connu par tous. Ses reportages sont regardés par des millions d’israéliens qui sont toujours étonnés par son courage, sa rigueur, sa force.

Dans Libération : « Ilana Dayan est la «Anne Sinclair israélienne». Chaque dimanche soir, elle présente sur la deuxième chaîne un rendez-vous politique assez attendu. Elle trouve plusieurs raisons au discrédit qui frappe les médias israéliens, au premier chef duquel elle cite la couleur politique trop marquée de la majorité des jour-nalistes. «Presque tous sont à gauche, explique-t-elle. Mais en fait, la fracture ne se situe pas véritablement entre les gens de gauche et ceux de droite, mais entre l’élite et les gens simples. C’est-à-dire entre ceux qui, pétris de valeurs telle que la liberté individuelle, défendent un Israël séculier, et ceux qui voudraient un Israël plus traditionnel. »

CV. Dr. Ilana Dayan-Orbach, Israel

Ilana Dayan-Orbach is an Israeli TV journalist who has, since 1993, anchored the award-winning, weekly investigative-news program Uvda (“Fact”). A TAU law alumna and member of the Israeli Bar Association, Dayan-Orbach holds an LLM and JSD from Yale Law School and is a former Fulbright Fellow. She began her journalistic career as a radio correspondent for IDF Radio in 1982, and has hosted a weekly current affairs program there since 1997. Her TV career began as the first-ever female news anchor for the daily TV interview program, “New Evening,” in 1987. Dayan-Orbach has lectured at TAU’s Buchmann Faculty of Law since 1993, where she teaches a course on freedom of speech. She was born in Argentina and moved to Israel with her family at age six.

RAPPEL DE LA POLEMIQUE. Les principaux journalistes diplomatiques israéliens ont rejoint la chorale des critiques contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sa tirade contre la journaliste Ilana Dayan, arguant que son attaque personnelle contre elle était une forme d’intimidation illicite qui n’est pas digne d’une démocratie. Le bureau du Premier ministre a répondu à l’enquête de Dayan sur le cercle intime du Premier ministre, diffusée lundi soir, avec une attaque personnelle scandaleuse contre Dayan, dans laquelle il l’a traitée d’ « extrémiste gauchiste » dont le but est de faire tomber son gouvernement.

« L’Association des Correspondants Diplomatiques proteste vigoureusement contre les attaques personnelles du Premier ministre contre le programme de télévision ‘Uvda’ et sa présentatrice Ilana Dayan, l’une des journalistes les plus importantes en Israël », a déclaré le groupe dans un communiqué publié mardi.

« Bien sûr, le Premier ministre a le droit de répondre, mais l’Association des Correspondants Diplomatiques regrette que la réponse ne traite pas du tout des résultats de l’enquête mais consiste simplement en une lettre qui fustige Ilana Dayan. Dans une démocratie, le gouvernement ne peut pas intimider les journalistes ». L’émission « Uvda » ouvrant la nouvelle saison qui a été diffusée lundi soir comprenait des entretiens exclusifs avec divers responsables qui se trouvaient dans le cercle intime des Netanyahu et des informations internes sur le fonctionnement en interne de son bureau. Le reportage télévisé de Dayan montrait un politicien rusé et calculateur qui semble principalement préoccupé par la préservation de son propre règne, plaçant la loyauté personnelle de ses employés au-dessus de toutes leurs autres caractéristiques.

Il décrivait également l’épouse de Netanyahu, Sara, comme une présence problématique dans le processus de décision du Premier ministre, une personne influente intimement impliquée dans le travail et les décisions de son mari, et qui a souvent le dernier mot sur les nominations gouvernementales. « Au moins deux fois », a déclaré l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu pendant l’émission.

Uzi Arad a affirmé qu’un voyage du Premier ministre en Allemagne a été annulé à la demande expresse de sa femme. Netanyahu est aussi arrivé non préparé à un entretien avec le président américain Barack Obama à la Maison Blanche parce qu’il avait dû faire la conversation à son épouse pendant tout le vol, témoigne Arad. Cependant, ce n’est pas l’enquête de « Uvda » qui a suscité la critique la plus intense mais plutôt la réponse du Premier ministre au programme : une tirade de trois pages, 680 mots, qui a été lue par Dayan en entier, pendant 6 longues minutes vers la fin du programme.

Dans ce document, le bureau du Premier ministre s’est attaqué à Dayan, en la qualifiant d’ « extrémiste de gauche » qui « n’a pas un iota d’intégrité professionnelle » et qui est « l’un des chefs de file des attaques orchestrées contre … Netanyahu, qui cherche à faire tomber le gouvernement de droite ». Le bureau du Premier ministre a prétendu que Dayan s’était systématiquement attaquée à la droite tout en ignorant les transgressions de la gauche et a qualifié le reportage de lundi de « propagande politique diffusée contre le Premier ministre et sa femme, entièrement composé de rumeurs calomnieuses recyclées et de vils mensonges ».

Il l’a également accusée d’avoir flatté le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans une récente entrevue qu’elle a menée avec lui, faire des dons à des organismes de bienfaisance « de gauche radicales » et de harceler les soldats de Tsahal. Il a ensuite accusé le programme de « se rabaisser au plus bas du plus bas » dans sa couverture sur Sara Netanyahu et a affirmé que c’était « un exemple parfait de pourquoi le marché des médias doit être réformé… pour permettre qu’une pléthore d’opinions soient présentée ». Netanyahu, qui occupe également le poste de ministre des Communications dans la coalition actuelle, est un critique fréquent des divers médias imprimés et en ligne d’Israël et a été profondément impliqué dans les efforts controversés en cours pour réformer l’autorité de radiodiffusion d’Israël.

Dans son communiqué de mardi, l’Association israélienne des Correspondants Diplomatiques (à laquelle ce journaliste appartient) a déploré que le Premier ministre refuse systématiquement de répondre aux questions légitimes des journalistes, et qui au lieu de cela les bafoue et leurs médias et qu’il fouille leurs CV pour essayer de remettre en question leur impartialité. Ce comportement « porte atteinte au principe de la liberté d’expression », a déclaré le groupe.

L’attaque au vitriol de Netanyahu contre Dayan, considérée comme l’une des meilleurs journalistes d’investigation du pays, a rapidement été accueillie avec indignation par les politiciens, y compris un ministre important de son propre gouvernement. Les médias en hébreux ont cité le ministre anonyme à qui a déclaré que « le truc habituel de Netanyahu de crier au ‘gauchiste’ sur quiconque n’est pas d’accord avec lui a cessé de fonctionner. ». Le ministre a ajouté que les partisans du Likud n’achetaient plus les tentatives de faire de tous les opposants de Netanyahu, même ceux de son propre parti ou du parti de droite HaBayit HaYehudi, des gauchistes simplement parce qu’ « ils ne sont pas d’accord avec ses lubies. » L’ancien Premier ministre Ehud Barak, qui a été le ministre de la Défense sous Netanyahu entre 2009-2013, a écrit sur Facebook : « Il l’a complètement perdu », laissant entendre que son ancien patron souffrait de paranoïa.

Le parti de l’opposition de l’Union sioniste a affirmé que la déclaration du Premier ministre était « une incitation [à la haine] pure et simple » qui pourrait « tomber dans des oreilles attentives et causer du tort à une journaliste qui fait son travail ». Le communiqué a accusé Netanyahu de transformer Israël en « un Etat du KGB dans lequel le régime cherche à entraver le travail des gardiens (de la démocratie) dans les médias et le système de justice ».

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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