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(Daniel Rouach de Tel-Aviv.) Nous sommes le 23 Janvier au soir. La soirée venait de se terminer et le Président Rivlin et sa femme Nehama étaient sur le perron de l’Elysée. Je me trouvait là à deux pas de Brigitte Macron. Nehama Rivlin est dans une chaise roulante. La sécurité israélienne est partout. Mon compte instagram a reproduit une scène unique. Je venais de faire la remarque suivante à Brigite Macron qui grelottait sur le perron de l’Elysée  en attendant Nehama Rivlin : « sans un manteau vous allez attrapait certainement froid, c’est dommage! ». Elle me répond avec le sourire :  » Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude du froid ». Et elle tend à ce moment là, la main à Nehama Rivlin. Un formidable moment de tendresse entre deux femmes.  Ce moment, je ne l’oublierai jamais. Brigitte Macron avait une prémonition. Elle savait qu’elle n’allait pas retrouver vivante  Nehama Rivlin. Elle lui disait adieu pour toujours… NehamaRivlin est morte ce matin.

LE PLUS. Reçu mercredi 23 janvier avec les honneurs militaires dans la cour de l’Hôtel national des Invalides par le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, le Président Rivlin a ensuite rencontré des représentants religieux des communautés juives et musulmanes de France avant de s’entretenir avec le président de la République Emmanuel Macron et d’être l’hôte d’un dîner officiel au Palais de l’Elysée. Le lendemain, le président israélien, aux côtés de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a inauguré au Quai d’Orsay une exposition consacrée aux diplomates ayant sauvé des Juifs durant la seconde guerre mondiale, intitulée « Au-delà du Devoir : les diplomates Justes parmi les Nations ».

Après la visite d’une base militaire aérienne où il a salué la coopération sécuritaire entre les deux pays, le président Rivlin a achevé sa visite par une réception à l’Hôtel de Ville de Paris, en présence de la Maire de Paris Anne Hidalgo et de nombreux représentants de la communauté juive française. Première visite d’un chef d’Etat israélien depuis Shimon Péres en mars 2008, le déplacement de Reuven Rivlin a permis de célébrer l’amitié et les relations franco-israéliennes, dont nous fêtons en 2019 le 70e anniversaire, après l’organisation l’année dernière d’une Saison croisée exceptionnelle suivie par plus de 350 000 Israéliens et près de 500 000 Français.

SELON L’OPINION. JANVIER 2019.

« Même si les attributions du président israélien sont largement honorifiques, Reuven Rivlin passera plusieurs messages dès mercredi, au début de sa visite en France. Le président israélien la débutera par une cérémonie officielle à l’Hôtel national des Invalides en présence de la garde d’honneur suivie des rencontres avec les représentants de la communauté musulmane puis des artistes israéliens avant de rentrer dans le vif du sujet.

A 16 heures, le dirigeant de l’Etat hébreu se rendra à l’Elysée pour un entretien avec Emmanuel Macron. Il ne manquera pas d’aborder quelques dossiers d’actualité comme la présence iranienne en Syrie, l’accord sur le nucléaire, la menace du Hezbollah, des sujets sur lesquels les Israéliens ne se sentent pas assez appuyés par leur allié français. Devraient aussi être évoqués le processus de paix israélo-palestinien et la colonisation, autres pommes de discorde.

Cette visite est un peu l’arbre qui cache la forêt des désaccords entre les deux alliés. Édouard Philippe, le Premier ministre, et Emmanuel Macron ont reporté sine die leurs déplacements en Israël en 2018. Paris reproche le manque de retenue israélienne lors des interventions armées dans la bande de Gaza (un sujet qui trouve son écho dans les banlieues françaises), d’affaiblir et de diviser la communauté européenne par la « drague » orchestrée par Benyamin Netanyahu auprès des dirigeants populistes est-européens.

De son côté, Tel Aviv reproche à son partenaire de ne pas faire assez contre l’Iran, de ne pas soutenir Israël dans les instances internationales, et de ne pas lutter plus efficacement contre l’antisémitisme.

La venue de Reuven Rivlin, qui retournera le soir à l’Elysée pour un dîner officiel, permettra de discuter de ces différends géostratégiques tout en réaffirmant le partenariat stratégique sur les plans sécuritaire, économique et culturel.

Pour l’Elysée, Reuven Rivlin est une personnalité moins clivante que le Premier ministre, actuellement en campagne et porté vers la surenchère nationaliste. « Les deux responsables israéliens appartiennent à la même droite révisionniste lancée par Vladimir Jabotinsky en 1925 à Paris, explique David Khalfa, spécialiste du Moyen Orient. Le président israélien est resté sur les valeurs traditionnelles de la droite nationaliste et libérale quand le Premier ministre, pour des raisons électoralistes, a sacrifié la dimension libérale sur l’autel du populisme. Benyamin Netanyahu a tenté de raboter, ces dernières années, les pouvoirs de la Cour suprême, ceux des ONG et des médias. Reuven Rivlin s’est notamment opposé à la rétrogradation symbolique des droits des minorités druze et arabe lors du débat sur la loi Etat nation définissant Israël comme le foyer national du peuple juif ».

Jeudi, le président israélien inaugurera avec Jean-Yves Le Drian une exposition au Quai d’Orsay sur les diplomates reconnus « Justes parmi les nations » pour avoir sauvé des juifs malgré les ordres de leur hiérarchie. Reuven Rivlin visitera ensuite une base de l’armée de l’air française en compagnie du commandant de l’armée de l’air, le major-général Amikam Norkin. Il sera reçu à dîner à l’hôtel de ville par Anne Hidalgo, la maire de Paris, ainsi que des représentants de la communauté juive. »

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