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EXCLUSIFUne remise à plat complète du système, voilà ce que réclament bon nombre de « gilets jaunes » depuis trois semaines. Christophe Chalençon, porte-parole du mouvement dans le Vaucluse, est de ceux-là. Au micro de Nikos Aliagas lundi matin sur Europe 1, il a demandé « la démission du gouvernement actuel », et est allé jusqu’à proposer le nom d’un candidat au remplacement d’Edouard Philippe.

Le général de Villiers à Matignon. « Moi, je verrais bien un général de Villiers à la tête du gouvernement. Il a servi la France de gauche ou de droite. Aujourd’hui, c’est un homme de poigne qu’il faut à la tête du gouvernement », défend Christophe Chalençon. L’ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers avait démissionné avec fracas le 19 juillet 2017 après avoir été recadré par Emmanuel Macron. Le gradé avait critiqué les économies de 850 millions d’euros réclamées aux armées, dans un contexte de restrictions budgétaires générales. Sa démission, fait sans précédent sous la Ve République, avait été la première crise majeure du quinquennat Macron. « Nous demandons à avoir un véritable commandant, c’est-à-dire une femme ou un homme qui va prendre au sérieux le devenir de la France », précise le « gilet jaune ».

Le Premier ministre en fâcheuse posture. Jugé trop ferme ou maladroit dans sa gestion d’un dossier qui s’enlise, Edouard Philippe voit sa position fragilisée ces dernières semaines. Le fiasco, vendredi après-midi, de son rendez-vous avec les porte-parole des « gilets jaunes », n’arrange pas les choses, l’exécutif ne pouvant nouer un dialogue constructif avec le mouvement. Après les violences de samedi, le locataire de Matignon a réitéré son invitation. « Nous étions invités mais nous avons demandé à ce que le rendez-vous soit repoussé à demain pour que l’on soit davantage structurés, et surtout pour peaufiner les revendications qui ne sont, à mon sens, pas assez fortes », indique Christophe Chalençon. « Nous attendons confirmation. »

« Tout le monde survole le problème ». Plus globalement, pour le représentant des « gilets jaunes », il faut bel et bien en finir avec la politique de ces « 40 dernières années ». En 2008, il portait déjà ce combat en se présentant aux législatives. Il réclamait la création d’assemblés citoyennes, qui fait aujourd’hui partie des revendications des « gilets jaunes ». « Tout le monde survole le problème. Tout le monde veut mettre des petites rustines à une chambre à air qui est très crevée », dénonce-t-il sur notre antenne. Le porte-parole met en garde : « Aujourd’hui, le gouvernement essaie de négocier quelques poignées de cacahuètes, mais le mal est beaucoup plus profond. (…) Si aujourd’hui rien n’est fait, je pense qu’aux Européennes, nous ouvrons un large chemin à l’extrême-droite. »

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