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Pourtant, la scène en rappelle une autre. En août 2014, son prédécesseur Barack Obama fait une courte allocution depuis son lieu de villégiature estivale dans le Massachusetts pour dénoncer la décapitation d’un journaliste américain par l’État islamique. Quelques minutes plus tard, il se rend lui aussi sur un parcours de golf. Dans la foulée, Obama s’attire de nombreuses critiques et tente de dédramatiser un jour plus tard sur la chaîne NBC. « J’aurais dû anticiper l’effet que cela aurait », lâchait-il.

« Depuis le 11 Septembre, la sécurité des présidents a été renforcée, explique au Point Nicole Bacharan, historienne spécialiste des États-Unis*. Et parmi les nouvelles mesures, Obama avait interdiction de faire son footing à l’extérieur comme le faisait Bill Clinton. En revanche, il est plus simple de sécuriser un parcours de golf. » Mais cette explication ne l’a pas préservé des polémiques. « Obama joue au golf pour s’échapper pendant que les États-Unis coulent », écrivait sur Twitter un certain Donald Trump, en décembre 2011.

«  Un swing tonique et agressif  »

Obama et Trump perpétuent une longue tradition pour les locataires de la Maison-Blanche. Les Bush, père et fils, et Clinton avaient également l’habitude de jouer au golf, un exutoire d’une poignée d’heures à l’abri des regards et des tracas de Washington. Et cela n’a rien de choquant dans le pays qui compte le plus de pratiquants au monde (environ 30 millions) et où la discipline n’a pas une image aussi élitiste qu’en France. Reste que de tous ces présidents, le plus fort sur un parcours, c’est Donald Trump.

« Incontestablement, c’est le meilleur, certifie au Point Nicolas Pont, rédacteur en chef de Golf Magazine. Il a un index qui se situe entre 3 et 4 alors que ses prédécesseurs avaient un index de 11 (Obama) ou 12 (Clinton). Pour un amateur, c’est un très bon niveau. » En golf, Trump a son propre style. « Il a un swing assez court, tonique et agressif qui le différencie d’Obama qui avait un swing plus ample et plus fluide. »

Déjà 153 jours passés sur les parcours

L’actuel président peut également se targuer d’un « drive » (en général le coup au départ du trou) entre 200 et 220 mètres, une « belle performance pour un joueur de 72 ans », ajoute Nicolas Pont qui précise que Trump arpente les parcours en voiture de golf. Le locataire de la Maison-Blanche aurait également un « bon putting » sur les greens.

Par ailleurs, pour ne pas perdre la main, le rédacteur en chef de Golf magazine explique qu’il « faut au moins jouer une fois par semaine ». Donald Trump s’y emploie avec encore plus d’assiduité. Le président américain ne compte pas vraiment ses heures sur les parcours de golf : depuis qu’il a été investi à la Maison-Blanche, il a joué 153 fois au golf, soit plus de 20 % de son temps. La facture de ces « sorties » aurait déjà coûté plus de 77 millions de dollars aux contribuables américains. Et certaines escapades sur les greens ne passent pas inaperçues, comme lorsqu’il a préféré jouer dans son golf en Écosse (Trump possède une dizaine de parcours) en plein G7.

Jouer moins au golf ? «  Ça n’arrivera jamais  »

Cette habitude chronophage n’a pourtant pas d’incidence majeure sur sa popularité de l’autre côté de l’Atlantique. « Les anti-Trump le détestent déjà et ses partisans diront que ce n’est qu’une attaque injuste de plus trouvée par les médias », explique Nicole Bacharan. Néanmoins, certains font le parallèle entre l’exercice solitaire du pouvoir du président Trump et sa pratique du golf – sport individuel s’il en est.

Quoi qu’il en soit, Donald Trump – qui tweete parfois pour commenter des compétitions de golf – n’a jamais évoqué l’idée de se rendre moins sur les parcours à l’avenir. « Ça n’arrivera jamais, certifie Nicole Bacharan. Depuis son entrée en fonction, il n’a «  reculé  » qu’à deux reprises, après la manifestation de Charlottesville et suite à la polémique des enfants de migrants retirés à leurs parents. Et Trump l’a fait à regret, en plus ! Ce n’est pas la pratique du golf, qu’il apprécie tant, qu’il va remettre en question ! »

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