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IsraelValley a assisté hier à un spectacle inhabituel et… historique : le Giro à Tel-Aviv, avenue Rothschild. Des milliers d’israéliens et de nombreux touristes n’en revenaient pas de voir ce tour au coeur de la capitale économique du pays. De très nombreux israéliens ont attendu des heures, un drapeau israélien dans la main, pour saluer les coureurs.

Elia Viviani (Quick Step) a remporté samedi au sprint la première étape en ligne de ce 101e Giro. Le sprinteur italien devance Jakub Mareczko et Sam Bennett pour remporter la deuxième étape de sa carrière sur le Tour d’Italie. Pour son premier Grand Tour, le Français Clément Venturini (AG2R La Mondiale) Venturini prend la sixième place du sprint massif.

La troisième et dernière étape israélienne de la course cycliste italienne se tiendra quant à elle dimanche. Le top départ sera donné à Beer Sheva, où les sportifs prendront la direction de la pointe sud de l’Etat hébreu.

Les coureurs traverseront notamment la région de Mitzpé Ramon et Sdé Boker avant leur arrivée à Eilat. Le Giro d’Italia 2018 se poursuivra ensuite en Italie pour les 18 étapes supplémentaires de la course. L’arrivée finale est prévue le 27 mai, à Rome.

LE MONDE. Curieux objet que cette « Israël Cycling Academy ». Une équipe de vélo ? Un outil diplomatique ? Un agent culturel ? Un centre de formation ? Ces trois prochaines semaines, on lui prêtera le premier rôle, puisqu’elle est engagée sur le Tour d’Italie. C’est à son invitation qu’était conditionné le Grand départ du Giro à Jérusalem, vendredi 4 mai. Une épreuve plus haut que son rang mais où elle devrait faire bonne figure, portée par un grimpeur belge.

Seize nationalités, six continents représentés sur sept (même si l’Erythréen Gebremedhin est devenu Suédois), ce sont un peu les Nations unies du vélo. Nuance : Israël y a meilleure presse qu’à l’ONU. Ne mêlez pas la politique à tout cela, nous a-t-on dit, encore moins la religion, cependant que l’on nous transmettait vendredi les images du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, encourageant l’équipe et celles de ses coureurs espagnol ou letton portant la kippah devant le mur des Lamentations.

Dans le staff, une quinzaine de nationalités là encore, on trouve un gars de la Manche, l’affable Lionel Marie. Avec Israël Cycling Academy (ICA), il a découvert le kiddouch, le rituel qui précède le repas du shabbat, chez une riche famille juive qui accueillait les coureurs dans sa maison d’Adélaïde (Australie). Vertus insoupçonnées du cyclisme mondialisé. Il insiste : « C’est un projet sportif et humain. » C’était l’ambition de Ran Margaliot, ancien professionnel au parcours modeste, lorsqu’il a créé l’équipe, en 2014.

Il faut interroger le bailleur de fonds de l’équipe, le milliardaire d’origine canadienne Sylvan Adams, pour comprendre qu’il y a, depuis, autre chose : « Les membres de l’équipe sont des ambassadeurs du pays d’Israël, qui est la base de l’équipe. On utilise le sport pour créer des liens et porter l’image du pays. »

Sylvan Adams, également à l’origine du départ du Giro en Israël, avait une idée : pouvoir faire d’un musulman un « ambassadeur d’Israël » à vélo, en mondovision, au départ du Giro. Le Turc Ahmet Örken, jeune sprinteur talentueux, devait être celui-là. L’homme d’affaires voulait faire de la politique, la politique l’a rattrapée : en décembre, après le regain de tension à la suite du déménagement à Jérusalem de l’ambassade américaine, Örken a demandé la rupture de son contrat, citant les pressions subies par sa famille. Dans son village de la région conservatrice de Konya, berceau de Recep Tayyip Erdogan, on comprenait mal que le fils cycliste puisse courir sous les couleurs israéliennes.

Hormis une faible contribution financière du ministère du tourisme, les liens entre l’équipe et le gouvernement de Benyamin Nétanyahou sont ténus, même si Sylvan Adams est un fervent défenseur du premier ministre conservateur. Comme ses alter ego du Golfe, Bahreïn-Merida et UAE Emirates, Israel Cycling Academy n’a que les oripeaux de l’équipe nationale. Hors sponsors techniques, le seul partenaire de l’équipe est le Centre Shimon Peres pour la paix, dont les dirigeants ne cachent pas leurs divergences de vue avec la politique étrangère du gouvernement. (En savoir plus sur http://www.lemonde.fr)

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