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La communauté franco-israélienne, enfin un acteur d’importance ?

La communauté française en Israël occupe une place inédite, tant au niveau des élections locales que des élections législatives. Il est impossible de ne pas remarquer que tous les partis, à tous les niveaux, se sont mis à employer la langue de Molière. Des pages spécialement dédiées aux francophones font leur apparition sur les réseaux sociaux pour vendre les mérites de tel ou tel candidat, ou de tel ou tel parti ; dans les municipalités avec une forte proportion de Français, les différentes listes ont pris soin d’insérer un nom français qui puisse attirer l’électorat venu de France, et à Raanana, par exemple, la communauté française s’est même organisée pour présenter une liste indépendante.

La pertinence de telles initiatives peut être débattue. Il existe un vrai risque qu’elles maintiennent les Français d’Israël dans leur statut de communauté minoritaire au lieu de les aider à se fondre dans la société israélienne dans son ensemble. Il faut néanmoins reconnaître que c’est ainsi que fonctionne la politique en Israël. Les différentes communautés du pays ont, notamment au cours des dernières décennies, souvent fait valoir leurs droits dans le monde politique grâce à la création de lobbys internes aux partis existant voire par la création de partis sur une base uniquement communautaire.

La tendance actuelle pourrait de plus conduire à une amélioration concrète de la situation des citoyens israéliens d’origine française.

N’ayant ni la puissance numérique des russophones, ni la puissance financière des communautés anglo-saxonnes, les Franco-israéliens ont une position ambigüe dans la société israélienne qui les enferme souvent dans un rôle mi pittoresque mi grotesque.

Ainsi, la jeunesse israélienne a passé l’été à danser sur un tube nommé « Comme ci, comme ça », en français dans le texte, qui est lui-même la continuation d’une campagne publicitaire reprenant tous les clichés que peuvent avoir les Israéliens sur les Français (présentés comme niais, un peu trop enthousiastes, et inadaptés aux réalités israéliennes). Cela résume bien ce que sont encore trop souvent les franco-israéliens en Israël : difficilement intégrés, rarement pris au sérieux et peu entendus.

Les différentes élections qui arrivent semblent donc, dans ce contexte où les différents candidats veulent attirer à eux le vote français, être le moment où la communauté française d’Israël passe du statut de communauté marginale à celui d’électorat à satisfaire.

Encore une fois, on pourrait souhaiter qu’Israël fonctionne selon un modèle politique plus universaliste qui laisserait moins de place à la communauté dans le rapport entre les citoyens et l’Etat. Mais dans l’état actuel des choses, l’affirmation de la communauté franco-israélienne en tant qu’acteur politique qui compte, et donc acteur social à prendre en considération pourrait permettre un certain nombre d’avancées pour une population qui connaît des difficultés certaines dans son intégration à la société israélienne.

Source et Copyrights. http://frblogs.timesofisrael.com

Auteur : Rémi Daniel

Rémi Daniel est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Paris (promotion B/L 2010) où il a étudié au département d’histoire (mineure « Etudes turques »). En parallèle, il a obtenu un master d’histoire à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Dans le cadre de ses études il a étudié à l’Université du Bosphore (Bogazici Universitesi) d’Istanbul en 2012-2013. Après son service militaire dans l’unité d’infanterie du Nahal, il est, depuis septembre 2016, doctorant en Relations Internationales à l’Université Hébraïque de Jérusalem, avec les relations entre Ankara et Jérusalem comme sujet de recherches. Il intervient régulièrement sur i24 pour commenter l’actualité en Turquie et dans le Moyen-Orient. [Moins]

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