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Après les attaques de pétroliers et avec la décision de Téhéran de ne plus respecter une partie de ses engagements pris à Vienne en 2015 dans le cadre de l’accord sur ses activités nucléaires, la sécurité maritime à proximité du détroit d’Ormuz est revenu au premier plan des préoccupations.

Pour rappel, un tiers du trafic pétrolier mondial transit par ce détroit « stratégique », que l’Iran a menacé de bloquer à plusieurs reprises, ce qui mettrait non seulement les monarchies sunnites du Golfe arabo-persique dans l’embarras, dans la mesure où elles ne pourrait plus exporter leur pétrole… mais aussi les pays importateurs, dont la Chine, l’Inde et le Japon.

En outre, le détroit de Bab el-Mandeb, qui sépare l’Océan Indien de la mer Rouge, est tout aussi stratégique pour le commerce mondial. En effet, chaque année, 33.000.000 tonnes de containers empruntant la route maritime « Manche/Méditerranée/Océan Indien/Mer de Chine méridionale » y transitent.

Un blocus aurait donc des répercussions sur les échanges entre l’Europe et l’Asie… Et la France est sans doute plus concernée que d’autres en raison de la voie « Méditerranée/Océan Indien », qui mène à l’île de La Réunion, puis vers le Pacifique.

S’agissant du détroit d’Ormuz, l’Iran a les moyens d’y entraver la navigation maritime sans aller jusqu’au blocus à proprement parler. Pour cela, il peut compter sur la composante navale des Gardiens de la révolution [IRCG], ces derniers mettant en oeuvre une stratégie navale « asymétrique », c’est à dire, pour faire simple, à la guérilla [pose de mines, harcèlement avec des vedettes rapides, batteries côtières, etc].

En outre, la marine iranienne dispose de sous-marins de faible tonnage susceptible d’interdire l’accès à ce passage.

Quant au détroit de Bab el-Mandeb, sa sécurité est susceptible d’être remise en cause par les Houthis, les rebelles yéménites soutenus par Téhéran.

Eux-aussi sont en mesure d’utiliser des missiles anti-navires [certains ont visé le destroyer américain USS Mason en 2016], des mines et des systèmes plus élaborés, comme des embarcations pleines d’explosifs pilotées à distance [selon un rapport du groupe d’experts des Nations unies sur le Yémen, ndlr]. D’ailleurs, ils ont déjà menacé d’interdire l’accès à la mer Rouge, en janvier 2018.

Cela étant, le 24 juin dernier, le président Trump a donné le sentiment que les États-Unis n’avaient pas l’intention de s’impliquer dans une opération visant à maintenir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

« La Chine tire 91% de son pétrole par le détroit [d’Ormuz], le Japon 62%, comme de nombreux autres pays. Alors, pourquoi protégeons-nous les voies de navigation des autres pays (depuis plusieurs années) sans compensation? Tous ces pays devraient protéger leurs propres navires », a en effet lâché M. Trump via Twitter.

Et d’ajouter : « Nous n’avons même pas besoin d’être là, car les États-Unis viennent de devenir (de loin) le plus grand producteur d’énergie au monde. »

Cependant, les États-Unis ne peuvent pas se désintéresser de la sécurité maritime dans cette partie du monde. Parce que le blocus des deux détroits impacterait leur économie [hausse de prix du baril, difficultés pour exporter et importer, etc…] et aussi parce que ce serait donner le « leadership » à une autre puissance [et on pense à la Chine, même si son circuit d’approvisionnement en pétrole est plus diversifié que ne l’a prétendu M. Trump].

D’où la proposition du chef interarmées américain, le général Joseph Dunford, consistant à former une coalition afin de garantir la liberté de navigation dans les deux détroits.

« Nous contactons en ce moment un certain nombre de pays pour voir si nous pouvons assembler une coalition qui garantirait la liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab al-Mandeb », a en effet affirmé le général Dunford, via une vidéo diffusée par l’agence Reuters.

« Je pense que probablement au cours des deux ou trois prochaines semaines nous déterminerons quelles sont les nations qui ont la volonté politique de soutenir cette initiative, et ensuite nous travaillerons directement avec les militaires pour identifier les capacités spécifiques qui soutiendront cette initiative », a ajouté l’officier.

Pour autant, l’US Navy ne serait pas forcément très engagées dans une telle opération. Elle fournirait « la connaissance et la surveillance du domaine maritime », a dit le général Dunford. Les navires commerciaux seraient alors escortés par « les nations sous le drapeau desquels ils naviguent », a-t-il ajouté.

Source: www.opex360.com

Carte :  MarineTraffic

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