La source de cet article se trouve sur ce site

Ahmad Gharabli (AFP)  People on the beach at Tel Aviv on July 9, 2014

Deux villes balnéaires interdisent leur usage en bord de mer

Dominik Döhler July 20, 2019  www.zavit.org.il

Israël est un des plus mauvais élèves des pays de la Méditerranée en terme de pollution au plastique de ses plages. Conscientes de la gravité de la situation, deux villes Herzliya (près de Tel Aviv) et Eilat (sud, au bord de la Mer Rouge) vont adopter un arrêté municipal pour interdire l’usage des articles en plastique sur les plages, sous peine d’amende. Une première en Israël.

Car le danger est là:  Israël et la côte autour de Tel Aviv a le triste privilège d’être la 3erégion la plus polluée par le plastique des 22 pays bordant la Méditerranée, après la côte sud de la Turquie et la région de Barcelone en Espagne, selon un récent rapport de wwf.

Herzliya veut devenir une ville sans plastique

L’utilisation effrénée d’articles en plastique qui ne fait que s’accentuer, notamment pendant la période estivale, produit environ 1 million de tonnes de plastique chaque année.

Certes l’usage de ces articles est excessif mais la gravité de la situation provient également de la mauvaise gestion de ces déchets, du tourisme de masse et de l’incivisme des riverains et vacanciers.

Il est d’urgent d’agir pour sauver notre environnement, ont décidé les autorités locales de Herzliya.

“Cette loi est une étape significative pour l’environnement et pour les futures générations. Ces mesures doivent contribuer à améliorer le bien-être de nos enfants, petits-enfants, à limiter les risques sanitaires, à assainir l’environnement et à réduire les dégâts liés à l’accumulation de plastique », a indiqué le maire de Herzliya, Moshe Faldon, lors d’un entretien. Cet exemple doit être suivi par d’autres municipalités, a ajouté Faldon.

Herzliya dans le centre du pays (au nord de Tel Aviv) – connue pour ses villas de luxe sa population aisée–, est pourtant considérée comme une des cités les plus propres d’Israël et s’investit depuis longtemps dans une politique environnementale.

Mais ses plages, très fréquentées par les touristes et les riverains, sont parmi les plus polluées du pays,  envahies par des déchets de plastique. Quand la loi sur l’interdiction de plastique sera instaurée il sera purement et simplement interdit d’apporter des articles, sacs en plastique sur les plages.

Quiconque se rendra sur la plage avec son panier de pique nique et des couverts, assiettes, verres en plastique ou une bouteille d’eau, devra s’acquitter d’une amende.

Une mesure radicale, mais qui est indispensable, souligne la municipalité.  « Une ville sans plastique », tel sera le mot d’ordre qui règnera à Herzliya dans le cadre d’une initiative conjointe entre la mairie et une ONG israélienne Zalul.

L’idée a germé en janvier 2018 et a débuté par un projet pilote dont l’objectif, sur deux ans, est de bannir peu à peu la consommation de produits en plastique dans la ville.

Une législation qui peut paraitre très contraignante et va en agacer plus d’un, mais pour Moshe Faldon il n’y a pas d’autres solutions.

“En tant que représentant d’une autorité locale, mon rôle est de me battre pour ma ville et pour que d’autres villes suivent cet exemple. Je vais également militer pour que la Knesset (Parlement) instaure une loi nationale afin que toutes les municipalités appliquent cette même législation ».

La loi interdisant le plastique poursuit deux objectifs : le premier est de restaurer la  beauté des plages et le second est de contenir l’invasion de plastiques dans la mer et ses conséquences néfastes sur la faune et flore marine.

Les conséquences des déchets de plastique sont désastreuses pour l’environnement et la santé humaine. Des microparticules de plastique flottent et empoisonnent les espèces marines.

L’accumulation de plastique dans les mers et océans est un problème majeur et notamment en Méditerranée, une mer fermée avec 1,25 million de fragments de plastique par km2 qui en fait une des plus polluées au monde. En été avec l’afflux de touristes, le taux de pollution marine progresse de 40%.

Chaque année environ 8 millions de tonnes de déchets plastique sont rejetés dans les océans et les mers du monde via les rivières, les égouts et le ruissellement urbain. Ce matériau évolue au gré des courants est mangé par le plancton et les organismes marins.

Des chiffres qui donnent le vertige d’autant que la plupart des matériaux plastiques n’étant pas biodégradables, tous ceux présents dans l’environnement y resteront pendant des centaines ou des milliers d’année, menaçant l’ensemble de l’écosystème marin.

Les animaux marins qui confondent souvent le plastique avec la nourriture avalent les déchets et peuvent mourir étouffés, empoisonnés ou alors les microparticules sont ingérées et vont ensuite réapparaître dans la chaîne alimentaire.

Ces effets directs sur la santé humaine ne sont pas encore connus mais de nombreuses études ont trouvé d’importantes quantités de plastique dans les poissons comestibles.

Eilat : le plastique dans la mer Rouge, ça suffit !

La deuxième ville, Eilat, au sud d’Israël et au bord de la mer Rouge, bien que n’étant pas baignée par la Méditerranée, s’est également engagée contre la pollution des plastiques.

Mondialement connue pour ses massifs coralliens et sa faune, notamment les dauphins Eilat fait partie des destinations privilégiées des plongeurs. Mais la pollution par le plastique menace la popularité de cette station balnéaire.

Un arrêté va également être pris pour interdire les plastiques jetables sur les plages d’Eilat mais auparavant une opération de sensibilisation est lancée auprès des commerces et restaurants pour les dissuader de vendre des objets en plastique, comme les pailles ou la vaisselle jetable. La loi ne va pas se contenter d’interdire le plastique des plages elle va également exiger des échoppes installées en bord de mer de s’engager à ne plus vendre des articles jetables comme les pailles.

Une campagne médiatique est également lancée vers les touristes et riverains via les réseaux sociaux et des affiches géantes dans les rues de la ville.

Ces actions sont orchestrées par la municipalité et par le centre régional de préservation de l’environnement, diverses autres organisations environnementales et des bénévoles qui vont aussi se charger de nettoyer les plages.

Parallèlement une exposition « Le plastique dans la mer Rouge ça suffit » est en cours  à Eilat pour présenter notamment les œuvres du photographe sous-marin Ziggy Livnat et d’une artiste américaine Heather Nisbett-Lowenstein.

D’autres artistes internationaux participent à cette manifestation avec des œuvres illustrant les dégâts causés par la pollution au plastique et avec l’objectif d’impliquer les consommateurs en les enjoignant à réduire leur consommation de plastique.

En Egypte dont la péninsule du Sinaï est baignée par la mer Rouge des mesures anti-pollution ont été aussi prises avec l’interdiction de l’usage de produits à usage unique à partir du mois de juin.

Le monde entier déclare la guerre au plastique

Si Eilat et Herzliya sont les deux premières villes en Israël à s’engager dans la guerre au plastique, ces initiatives ne sont pas uniques, loin de là. Le mouvement est lancé dans le monde entier.

De nombreuses régions balnéaires, particulièrement dépendantes du tourisme, de la pêche et soucieuses de préserver la beauté de leurs sites naturels, ont adopté des mesures similaires.

L’Europe en tant qu’entité a pris les devants et donné l’exemple.  Fin mars 2019, le Parlement européen a fait un pas de géant et a entériné, à une large majorité, la fin dans l’Union européenne des objets en plastique à usage unique à partir du printemps 2021.

Plus éloigné de nous le Pérou a passé une loi fédérale pour éliminer l’usage des sacs en plastique sur les trois prochaines années.

En 2017, le Chili a interdit les sacs en plastique de ses villes côtières. Seattle aux Etats-Unis a été la première ville américaine à avoir décidé d’interdire les plastiques jetables et non pas uniquement les sacs mais également les pailles et les articles à usage unique.

En France, un des plus gros consommateurs de matières plastique et un des pires élèves en terme de recyclage en Europe, la célèbre ville de Cannes sur la côte d’Azur, a adopté une chartre environnementale.

Depuis juin 2019 les concessionnaires des kiosques installés le long des plages ont signé un accord pour ne plus vendre de la vaisselle en plastique jetable et limiter ainsi les abandons sur les plages. Ces articles sont remplacés par des produits en bambou, en bois, en matière végétale… . Par ailleurs une « brigade des plages » sanctionne les comportements inciviques des riverains.

A Paris dans le cadre de l’opération Paris-plage les pailles en plastique sont désormais interdites.

Cet article a été écrit par * ZAVIT – Agence de presse israélienne pour la science et l’environnement

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here