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Affaire Khashoggi : Vil assassinat, intrigue de palais contre le prince héritier ou complot visant à torpiller les relations américano-saoudiennes?

 

Cela pourrait être tout ou partie de ces raisons, puisque personne ne sait encore ce qui est arrivé à l’éminent journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après sa disparition dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre. Mais les retombées se propagent dans le monde entier, alors que les théories, les meilleures comme les plus sauvages fleurissent pour épaissir le mystère. La Turquie, dont l’animosité à l’encontre du royaume saoudien est une réalité de la politique musulmane, dirige la curée en tête du groupe. Cette semaine, les responsables des services de renseignements turcs ont annoncé disposer d’une vidéo, montrant des agents saoudiens en train d’assassiner Khashoggi dans les locaux du consulat. Ils ont également affirmé avoir la preuve que 15 agents saoudiens sont impliqués dans le démembrement du cadavre et le transport de ses parties en Arabie saoudite, après avoir enlevé les restes de la dépouille dans une camionnette noire munie de plaques d’immatriculation consulaires. Tout en faisant la une des journaux, en particulier dans les médias américains, la Turquie n’a jamais montré ce clip ni aucune autre preuve à l’appui de ses allégations. Elles sont fermement démenties par Riyad comme dénuées de tout fondement, alors que l’Arabie Saoudite a pris l’initiative d’une enquête conjointeavec la Turquie sur cette disparition.

Le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, John Bolton, n’a fait qu’approfondir un peu plus le mystère lorsqu’il a déclaré jeudi 11 octobre : ​​«Nous devons découvrir la réalité et résoudre rapidement le problème, car s’il s’agit d’une autre opération, les gens ont besoin de comprendre ce qui s’est passé », il a poursuivi :« Je pense que les Saoudiens eux-mêmes sont atteints, car nous ne disposons pas des faits ».
Quelle autre opération? Et menée par qui?

Les experts de l’Arabie Saoudite de DEBKAfile notent que la disparition de dissidents contre le trône, dont même des membres de la royauté, n’est pas, en soi, une nouveauté en Arabie saoudite. Sous de précédents règnes, même des princes ont mystérieusement été enlevés de leurs luxueuses résidences à l’étranger et on n’en ajamais plus entendu parler.

Prenons le cas du prince Sultan bin Turki, qui a été enlevé à Genève en 2003 après avoir réclamé des réformes dans le royaume. Des témoignages présentés par la suite à un tribunal suisse ont affirmé qu’il avait été attiré à un rendez-vous hors de Genève et drogué lorsqu’il avait résisté à toute tentative de le faire monter dans un avion à destination du royaume. Puis, en 2015, un autre prince, Turki bin Bandar al Saoud, un ancien chef de la police, aurait subi le même sort à Paris. Il a quitté le royaume à la suite d’un litige en matière d’héritage familial qui l’a conduit en prison. Après sa libération, il a déménagé à Paris et à partir de là, a posté des vidéos dans le cadre d’une campagne en ligne pour appeler à des réformes, à partir de 2012 jusqu’à sa disparition et son enlèvement apparent. On ignore toujours où il se trouve.

L’année dernière seulement, en novembre, le Premier ministre libanais Rafic Hariri a disparu après avoir été invité à Riyad par le prince héritier en titre, Muhammed bin Salman (MbS). On ne l’a “retrouvé” et libéré qu’après intercession du président français Emmanuel Macron et qu’il a accepté de transférer toute sa fortune, 7 milliards de dollars, au trésor saoudien. Personne ne sait combien de princes et de magnats, arrêtés sur ordre du prince Muhammed le 4 novembre 2017 et emprisonnés au Riyadh Ritz-Carlton, sont toujours en détention. La plupart ont acheté leur libération en cédant leurs avoirs à la couronne saoudienne.

Des sources du Golfe affirment que Jamal Khashoggi n’a jamais été le critique le plus virulent de la Maison des Saoud, qu’on tente de décrire comme tel. Dans certains articles de publications occidentales, il a conjugué une critique modérée, voire mielleuse à des éloges occasionnels sur les réformes économiques et sociales introduites par le jeune prince héritier. Par conséquent, les reportages sensationnels (appuyés par les turcs) sur les 15 assassins des services de renseignements saoudiens exécutant Khashoggi sur ordre de MbS doivent être traités avec prudence, si ce n’est en prendre et en laisser. De tels reportages pourraient en fait précipiter son assassinat, s’il est toujours en vie. Il a peut-être même été victime d’une conspiration montés par les rivaux du prince héritier au sein de la maison royale pour le désigner sous un jour sombre et torpiller sa politique.

Le président turc, Tayyip Erdogan, déteste la famille royale saoudienne, et le prince héritier en particulier, et ne serait pas contre le fait de capitaliser sur une prétendue opération saoudienne contre Khashoggi dans le seul but de noircir leur nom. Qui sait quelle marchandage peut avoir lieu – et entre qui – avant qu’il ne refasse une apparition surprise? Il est donc peut-être trop tôt pour décider si le journaliste disparu est vivant ou mort.

Il est également possible que certaines agences américaines et occidentales infiltrées, vouées à la chute du président Donald Trump, aient pris le train turc en marche pour saper la côte du prince héritier saoudien et stigmatiser ainsi l’alliance entre l’administration Trump et la maison royale saoudienne – et l’amitié de Jared Kushner avec MbS en particulier.

Peut-être aussi Nikki Haley a-t-elle anticipé les éclaboussures qui se dispersent dans cette direction et est intervenue le 9 octobre, en prononçant des paroles élogieuses envers le gendre du président, comme rien de moins qu’un «génie» méconnu, au cours de ses derniers commentaires en tant qu’ambassadrice à l’ONU pour le bureau ovale.

La Maison-Blanche est évidemment troublée par les rumeurs qui circulent et a envoyé à Bolton, à Mike Pompeo, secrétaire d’État, et à Kushner, des demandes d’informations à récolter auprès du prince héritier. Le président Trump a déclaré jeudi que les enquêteurs américains en Turquie enquêteraient sur le cas du journaliste saoudien disparu. «Je dois savoir ce qui s’est passé», a-t-il déclaré. «Nous allons être très durs (intransigeants). Et nous avons des enquêteurs là-bas et nous travaillons avec la Turquie et, franchement, nous travaillons avec l’Arabie saoudite. Nous voulons savoir ce qui s’est passé. »Il s’agit d’une mauvaise situation, a-t-il déclaré. Il est clair qu’il est essentiel de déterminer si l’affaire, qui menace de causer de graves dommages dans les relations américano-saoudiennes, a été délibérément conçue ou exploitée de manière opportuniste à cette fin. Le «plan de paix du siècle» de Trump, visant à résoudre le différend israélo-palestinien et à normaliser les relations entre le monde arabe et l’État juif est également compromis, puisque les Saoudiens en sont un acteur central et que le Premier ministre Binyamin Netanyahu cultive avec eux des liens amicaux. . Toutes ces questions attendent des réponses clairs auprochain chapitre du mystère Khashoggi.

13 octobre 2018 @ 10:39  ,  ,  ,  , , 

Adaptation : Marc Brzustowski

Khashoggi case: Vile murder, palace intrigue against crown prince or plot to torpedo US-Saudi ties?

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