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Photo : Ministère des Affaires étrangères

En froid avec l’Égypte et les monarchies sunnites du golfe arabo-persique, dont l’Arabie Saoudite, qui est par ailleurs actuellement sous le feu des critiques pour son rôle au Yémen ainsi que pour l’assassinat, en Turquie, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le Qatar cherche la moindre occasion pour rompre son isolement diplomatique.

D’où, sans doute, sa frénésie d’achats d’équipements militaires que la nécessité d’assurer la sécurité de la prochaine coupe du monde de football, en 2022, ne suffit pas à expliquer.

Ainsi, après avoir pris livraison du premier des 36 avions Rafale qu’il a commandés, le Qatar a signé avec la France, ce 11 février, un accord de « dialogue stratégique », à l’occasion de la 19e visite à Doha du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

D’après les dirigeants qataris, cités par l’AFP, il s’agirait du « premier accord de ce type » signé entre l’émirat et un pays européen.

« Ce dialogue stratégique va fournir une plate-forme […] de coopération dans différents domaines entre les deux pays, y compris la sécurité régionale, l’énergie, l’économie et la culture », a expliqué le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, avant d’évoquer une « nouvelle phase » dans les relations entre Doha et Paris.

De son côté, M. Le Drian a expliqué que cet accord prévoit que des rencontres seront réguliérement organisées entre les responsables des deux pays. Visiblement, c’est déjà le cas pour les affaires militaires puisque le ministre qatari de la Défense, Khalid bin Mohammed Al Attiyah, a rencontré, la semaine passée, Florence Parly, son homologue française.

Cette dernière a également fait un détour par Doha, le 8 février, avant de se rendre en Irak.

« Avec le Qatar, il n’y a que des hauts », a par ailleurs assuré le chef de la diplomatie française, alors qu’il était interrogé sur les relations compliquées entre la France et l’Italie, en raison de propos tendancieux à l’égard de l’exécutif français et de la visite faite à des « gilets jaunes », à Montargis, par Luigi di Maio, vice-Premier ministre italien et chef du mouvement « Cinq étoiles ». La France a d’ailleurs rappelé son ambassadeur en poste à Rome.

Cela étant, dans la brouille qui oppose le Qatar à ses voisins, Paris se garde de prendre parti.

Ainsi, le 10 février, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est rendu aux Émirats arabes unis où il a signé un accord de coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Pour rappel, la France dispose d’une base aux Émirats, d’où décollent des Rafale engagés dans la coalition anti-jihadiste.

PAR LAURENT LAGNEAU

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