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L’offensive turque dans le nord de la Syrie a commencé dans le but de conquérir trois villes frontalières : Ras al-Ayn, Tel Abyad et Ain al Issa, tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Au samedi 12 octobre, jour 4, ce triple objectif s’est avéré dépasser les capacités de l’armée turque, sans apporter de renforts substantiels à pied et en matière de blindés et faisant encourir de nombreuses victimes, disent les sources militaires de DEBKAfile. La Turquie a donc décidé de commencer avec deux cibles (au lieu des trois prévues), en s’emparant de la banlieue de Ras al-Ayn et de certains tronçons de la route principale M4 près d’Ain al Issa. (Samedi après-midi, des sources turques ont affirmé que la ville était tombée.) Si Ras al-Ayn était vraiment entre leurs mains, ce que d’autres sources nient, les troupes turques seraient en mesure d’encercler et de submerger les forces des FDS défendant la ville de Kobani.

Pour éviter cela, les Etats-Unis ont envoyé la semaine dernière une petite force des marine se positionner dans la ville de Kobani, au nord-est du pays, sur la colline surplombant la voie M4. Vendredi, cette force a été la cible de tirs d’artillerie turque, qui n’ont causé aucun dommage. La Turquie a affirmé que c’était “une erreur”, ce qui est difficile à croire, puisque les officiers turcs ont des cartes détaillées de l’emplacement des forces américaines dans la région. Quoi qu’il en soit, samedi, la voie M4 n’avait pas été conquises par les Turcs. Mais l’Etat turc laisse ses supplétifs djihadistes tendre des guet-apens aux véhicules civils et massacrer sommairement ceux qui leur tombent entre les mains.

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Ainsi, un groupe de mercenaires turcs a essayé de contrôler la route M4 et a tué de nombreuses personnes, et Hevrin Khalaf en faisait partie», a déclaré un haut responsable à Kurdistan 24.

La secrétaire générale du Parti de la future Syrie, Hevrin Khalaf. (Photo: Agence de presse Hawar)

Nobahar Mustafa, adjoint de la coresponsable du parti du futur à Ain Issa, a déclaré que la politicienne kurde se rendait du canton de Jazeera à Ain Issa puis à Raqqa, avant que les mercenaires ne bloquent la route à un point de contrôle et ne tuent tous les occupants du véhicule.

«Tous les passagers qu’ils ont capturés ont été massacrés », a déclaré Mustafa au Kurdistan 24.

Selon un communiqué publié plus tard dans l’après-midi par le Conseil démocratique syrien (CDS), Khalaf a été traînée hors du véhicule dans lequel elle se trouvait et exécutée sommairement sur place. 

«Elle a été sortie de sa voiture lors d’une attaque lancée par la Turquie et exécutée par des factions mercenaires soutenues par la Turquie sur la route internationale reliant Qamishlo à Manbij, où son chauffeur a également été froidement exécuté», lit-on.

“Cela montre clairement que l’État turc poursuit sa politique génocidaire à l’égard des civils non armés.”

Lors d’une conférence de presse à Qamishlo le 5 octobre, Khalaf avait déclaré que les tentatives turques “d’occuper cette terre pour défendre le peuple turc ne s’adaptent pas à la réalité”, rappelant que les Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient libéré nord-est de la Syrie de l’emprise des groupes terroristes.

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La tactique employée par le haut commandement turc, étant donné le petit nombre de troupes régulières fournies pour l’opération du “printemps de la paix” de Recep Edrogan, consiste à viser une victoire locale importante dans un secteur, avant de poursuivre. Les FDS ont, en revanche, ouvert cinq fronts distincts sur la frontière syro-turque et bombardaient des villages et des villes situés à la frontière turque. Il y a eu de nombreuses victimes des deux côtés et des dizaines de milliers de réfugiés fuyant les zones touchées, mais aucun des nombreuses statistiques morbides publiées n’est crédible.

Le conflit turco-kurde s’est jusqu’ici abstenu de faire plus que des escarmouches exploratoires, selon les sources militaires et du renseignement de DEBKAfile. Les prochains jours indiqueront s’il est probable que le conflit devienne une confrontation à long terme.

Quelque 140 000 combattants kurdes FDS bien armés sont enterrés sur un front de 300 km à l’est de l’Euphrate. Ils ont mis sur place une ligne de défense solidement fortifiée et barricadée, parsemée de pièges antichars et alimentée par de nombreux magasins de munitions.

La force turque en Syrie est présente en trop petit nombre pour faire face à cette force kurde. Pour lever une armée équivalente aux besoins de cette mission qui consiste à briser les Kurdes, la Turquie aurait besoin d’un appel à la mobilisation à grande échelle et, même dans ce cas, pourrait manquer de main-d’œuvre. Les Turcs sont, en outre, contraints par le refus des États-Unis et de la Russie d’autoriser leurs forces aériennes à opérer dans l’espace aérien nord-syrien, entravant ainsi leur capacité à progresser très loin en travers de l’Euphrate.

Les opérations d’Erdogan ont été sévèrement limitées par Washington dans Moscou à la création d’une zone de sécurité longue de 200 km et d’une profondeur de 30 km le long d’une section de la frontière turco-syrienne, de laquelle la plupart des forces des FDS ont été retirées en septembre dernier. C’est ce qui a été convenu lors d’une conversation téléphonique entre le président Donald Trump et Erdogan le samedi 5 octobre dernier.

Mais le président turc a un plan plus ambitieux. Il veut empêcher les Kurdes syriens de créer un État autonome. Cet objectif n’est toujours pas à la portée d’Ankara. Même son incursion initiale est couvert de restrictions et de délais. Les généraux turcs n’ont pas plus de quatre ou cinq jours pour atteindre leur premier objectif, avant que le législateur américain n’approuve des sanctions contre Erdogan, ses généraux et l’économie turque. La pression s’accentue sur le président Trump, y compris en provenance de son propre parti républicain, pour mettre fin à l’opération turque en Syrie.

Une autre date imminente est le 13 novembre, lorsque Trump et Erdogan ont programmé de se rencontrer.

Dans les semaines à venir également, le processus pourrait être lancé par le président syrien Bashar Assad et les dirigeants des FDS, afin de conclure un pacte militaire qui ouvre la porte à l’entrée des forces militaires syriennes sur le territoire kurde. Les premiers contacts pour préparer ces négociations sont en cours. Le président Vladimir Poutine est entièrement en faveur de toute mesure visant à rétablir l’autorité du régime Assad dans toutes les régions du pays.

Ces événements et d’autres encore à venir atténuent un peu les menaces hostiles du souverain turc et les appels kurdes face à un massacre imminent (qui servent également les rivaux de Binyamin Netanyahu, qui montent une campagne pour tracer une ligne ferme de face à la désertion supposée de Donald Trump, son abandon des Kurdes syriens et les faibles attentes qu’Israël peut conserver vis-à-vis de son ami à la Maison Blanche).

À l’heure actuelle, rien ne laisse présager un effondrement imminent des Kurdes au début de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie. Ils sont bien préparés pour la guerre avec l’armée turque et, armés de bons stocks d’armes fournies par les États-Unis, ils suivent la tactique appropriée pour faire face à la menace actuelle.

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Turkey is short of military strength to achieve Erdogan’s ambitious goals in Syria

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