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Entretien avec Marc-Philippe Rudel, fondateur de la start-up GoWith

Partenaire de AtoBe, l’accélérateur de start-up intégré à l’école d’ingénieurs Azrieli

Monté en Israël en 2003, après un brillant parcours, Marc se lance dans le Hightech en 2015.

Il répond à nos questions sur l’utilité d’un accélérateur, et les conseils aux jeunes en cours ou/et en fin d’études.

  1. Votre parcours en quelques mots avant votre Alya ?

Je viens de Toulouse, ou j’ai étudié l’ingénierie aéronautique à l’ENAC, pour finir au MIT aux US, en passant par Oxford pour mon stage de fin d’étude. Après 7 ans de travail et de recherche sur l’évitement des collisions aériennes, je décide de repartir en France.

Arrivé à Toulouse, je ne me sens plus vraiment chez moi, décide de faire mon Alyah mais la reporte suite à une offre de travail intéressante en Allemagne pour Airbus. Après un an, je quitte Hambourg pour Jérusalem.

  1. Comment ça se passe l’Alya ?

La question du déracinement et de l’adaptation à un nouvel environnement n’était pas problématique dans mon cas. A la « différence près » que je déménageais auparavant parce qu’il y avait un travail, alors que pour l’Alya c’était la grande inconnue : je fais l’oulpan et on verra bien…

  1. Des moments durs ?

Après l’oulpan Etsion, j’essaye de trouver du travail, et mon profile semble même séduire IAI. Cependant, après 15 entretiens, les enquêtes de sécurité, la validation de mon embauche, quasiment la veille de mon premier jour, on m’appelle pour me dire « le projet tombe à l’eau ».

  1. Comment vous repartez après ça ?

Au département de recherche aéronautique du Technion, on m’accueille plus favorablement. J’entreprends et termine un MBA en hébreu (progression significative d’ailleurs) en entrepreneuriat. J’ai le choix de poursuivre en étude doctorale, mais la vie professionnelle m’attire plus. Après avoir flirté avec quelques compagnies de l’industrie aéronautique, je monte ma propre entreprise et crée des missions économiques en partenariat avec l’ambassade des US en Israël. Le but est d’établir une coopération voire une collaboration entre des entreprises américaines et israéliennes dans le domaine de l’aéronautique et du spatial.

  1. Et comment vous êtes arrivés à Azrieli/A2B?

Après plusieurs années de travail devenant routinier, je décide d’arrêter et de proposer un premier projet à HUstart, l’accélérateur de start-up sur le campus de Guivat Ram. Mon projet est accepté : je développe un premier concept de pouvoir choisir son voisin passager selon des centres d’intérêts communs. Je rentre maintenant dans le monde de la High Tech à proprement parler.

Je propose un deuxième dossier à AtoBe, sur le projet de Gowith, également accepté parmi les 10 à 12 start-up retenues par session. Ma session s’est terminée il y a deux ans environ mais j’ai toujours accès aux services de l’accélérateur lorsque j’en ai besoin.

  1. Avec ce parcours, pourquoi avoir besoin d’un accélérateur ? Ne pouviez-vous pas être autonome ?

Pour monter et faire vivre une entreprise oui, pour une Start-up mon bagage n’était pas suffisant. L’objectif est de grossir vite à l’international. L’accélérateur, comme son nom l’indique vise justement à former, aiguiller, et donne les outils et la méthode pour rendre performant un projet et le mener à son « exit ». Il faut aussi savoir que seules 10% d’entre elles y arrivent.

  1. Un accélérateur participe financièrement aux projets ?

Généralement pas directement. En revanche, l’avantage en plus de l’accompagnement, c’est de pouvoir réunir des potentiels investisseurs, voire des fonds d’investissements. Le réseau de l’accélérateur est ouvert. Après c’est à chaque chef de projet d’être persuasif.

  1. Si vous n’avez pas étudié ici, que pensez-vous de la formation en ingénierie à Azrieli ?

Le regard que je peux en avoir est restreint; ceci dit, j’ai recruté 2 étudiantes en 4ème année pour leur projet final. Elles ont travaillé sur un cas concret de programmation informatique et je peux dire que le niveau était très satisfaisant. Donc de cette expérience personnelle je peux dire que la formation d’ingénieurs à Azrieli (du moins en informatique) est solide.

  1. Qu’est-ce qui vous marque le plus dans A2B par rapport aux autres accélérateurs que vous avez pu fréquenter ? Pourquoi?

Le côté humain, le souci de vouloir me voir réussir, dans la prise en main de Michael le directeur. Comme dans tout projet il y a des hauts et des bas. Et quand j’étais à deux doigts de lâcher prise, il m’a véritablement boosté, et m’a suivi jusqu’à que ça reparte. Et depuis il garde le contact. Chose que l’on voit rarement ailleurs.

  1. Votre conseil pour un jeune qui veut étudier en Israël ?

J’ai commencé mon MBA, j’étais avec mon dictionnaire, je ne pensais pas pouvoir suivre, mais après 3 mois difficiles, le vocabulaire spécifique était intégré, et j’avais pris le pli. Alors ne pas baisser les bras à cause de la langue surtout en début d’études.

Aussi, pour des étudiants qui hésitent et qui ont un attrait même minime pour l’informatique, je leur conseille d’y aller à fond. Ils trouveront du boulot et très bien rémunéré de surcroît. La pénurie de programmeurs ne va pas s’arrêter de si tôt.

  1. Votre conseil pour un jeune qui finit ses études et qui veut monter sa start-up ?

Il faut être tenace, opiniâtre à l’extrême, et être suffisamment fort psychologiquement mais également financièrement pour assurer les premiers temps sans salaire.

Pour contacter Marc : marc@gowith.io ou +972 54 621 6676
Pour contacter l’ecole d’ingenieurs Azrieli : azrieli.france@jce.ac.il ou +972 58 72 10 880

Dan pour Jforum.fr

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