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C’est une histoire simple et tragique. Ce vendredi 23 août, un père de famille décide d’aller se baigner avec deux de ses enfants dans un plan d’eau issu d’une source naturelle et aménagé en piscine, non loin de la colonie de Dolev en Cisjordanie.

Les Schnerb ne sont pourtant pas des colons ; ils habitent à Lod, l’une des plus anciennes cités d’Israël. Située à une quinzaine de kilomètres de Tel Aviv, elle est proche de l’aéroport Ben Gourion qui, on s’en souvient, portait autrefois son nom.  La ville compte près de cent mille habitants dont près d’un tiers d’Arabes. Eitan, Schnerb, le père, 47, est rabbin mais aussi titulaire d’un diplôme de secouriste. Le fils, Dvir, 19 ans, est étudiant dans une Yeshiva. Rina, 17 ans n’a pas encore terminé ses études au lycée mais cette grande fille rieuse est bien connue dans la ville où elle est monitrice dans le mouvement de jeunesse Bnei Akiva.

Ce matin-là, donc, garant leur voiture à proximité, ils empruntent le petit chemin descendant vers la source. Rina a pris le devant tandis que le père et le fils sont plongés dans une discussion. C’est donc elle qui pousse la clôture, qui n’est pas fermée à clé. Elle n’a plus que quelques secondes à vivre.

Des terroristes qui suivent la scène depuis une position située plus haut déclenchent alors le dispositif de mise à feu d’un puissant engin explosif dissimulé dans les broussailles, ne laissant aucune chance à Rina, qui va absorber le plus fort de la charge. Son père  a été atteint  de dizaines de fragments. Étendu au sol, un instant étourdi, il trouve d’abord la force d’appeler les secours. C’est l’affaire d’un instant. Ensuite il se redresse péniblement.

Plus tard, de son lit d’hôpital, il racontera sobrement qu’il a tout de suite compris qu’il n’y avait plus rien à faire pour sa fille. Son fils, grièvement blessé, saigne abondamment ; de toute évidence une artère est touchée. Il n’y a pas de temps à perdre, il faut stopper l’hémorragie. Mais avec quoi ? Et puis l’idée lui vient. Il enlève ses tzitzit, ces fines cordelettes de laine tressés que portent tous les juifs religieux, et s’en sert pour faire un garrot au jeune homme qui est toujours sans connaissance, lui sauvant probablement la vie.

Quant les secours arrivent enfin, les deux hommes sont transportés en hélicoptère vers l’hôpital Shaarei Tsedek de Jérusalem tandis qu’une équipe médicale tente en vain de réanimer l’adolescente rieuse de Lod.

Aucune organisation n’a encore revendiqué l’attentat, ce qui n’empêchent pas les dirigeants de Gaza de rivaliser d’éloges pour les courageux terroristes qui ont fait exploser à distance une charge contre des civils sans défense.  Pour le Hamas, il y a là “la preuve de la vitalité et du courage du peuple palestinien et du fait qu’il ne se soumettra jamais aux crimes et au terrorisme de l’occupation. »  Lors des prières de vendredi à la mosquée, Ismail Haniyeh a qualifié l’attentat « d’attaque héroïque. »

24 heures après ce « haut fait » on ne peut que souligner le mutisme des médias en France.

Michèle Mazel

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