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Michel Houellebecq a publié une tribune dans le journal Le Monde sur le cas de Vincent Lambert.

L’écrivain regrette que Vincent Lambert soit devenu le symbole du débat sur la fin de vie.

Il m’est difficile de me défaire de l’impression gênante que Vincent Lambert est mort d’une médiatisation excessive, d’être malgré lui devenu un symbole qu’il s’agissait, pour la ministre de la santé “et des solidarités”, de faire un exemple. D’”ouvrir une brèche”, de “faire évoluer les mentalités (…) Vincent Lambert n’était nullement en proie à des souffrances insoutenables, il n’était en proie à aucune souffrance du tout (…) Il n’était même pas en fin de vie. Il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu’on ne connaît à peu près rien“.

Michel Houellebecq s’est attaqué notamment dans ce texte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Il l’accuse d’avoir voulu “ouvrir une brèche” et de “faire évoluer les mentalités“.

J’aurais dû me méfier d’Agnès Buzyn. Je m’en méfiais un peu, à vrai dire, depuis que je l’avais entendu déclarer que la conclusion à tirer de ces tristes événements, c’est qu’il ne fallait pas oublier de rédiger ses directives anticipées. (…) C’est fait. Une brèche a été ouverte, en tout cas. Pour les mentalités, j’ai des doutes. Personne n’a envie de mourir, personne n’a envie de souffrir: tel est, me semble-t-il, l’”état des mentalités”, depuis quelques millénaires tout du moins“.

Michel Houellebecq conclut sa tribune par ces mots :

Quoi qu’il en soit il paraît évident aux deux (et même à peu près à tout le monde) que la dignité (le respect qu’on vous doit), si elle peut être altérée par divers actes moralement répréhensibles, ne peut en aucun cas l’être par une dégradation, aussi catastrophique soit-elle, de son état de santé. Ou alors c’est qu’il y a eu, effectivement, une “évolution des mentalités”. Je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’en réjouir“.

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