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Mercredi du lever au coucher du soleil aura lieu le jeûne d’Esther puis, pour la plupart des villes tant en Israël qu’ailleurs dans le monde, dès la sortie du jeûne on procédera à la lecture de la meguila d’Esther, (pour Jérusalem et Tibériade la lecture aura lieu jeudi soir et vendredi matin) puis jeudi matin (vendredi pour Jérusalem et Tibériade : Shoushane Pourim : Pourim de Suse) il faudra procéder aux trois autres mitsvoth de Pourim à savoir : Matanoth laEvionim (dons pour les pauvres), Mishloah manoth (envoi d’au moins deux aliments à au moins deux personnes), et le mishté (grand repas).

Il faut se réjouir et il faut se souvenir du fait que Pourim sera la seule fête qui demeurera après la venue du Mashiah !! Donc soyez joyeux mes Amis et apportez de la joie autour de vous tant( que faire se peut !!!

Je vous propose le premier de trois articles consacrés à des personnages juifs curieux qui se sont illustrés pendant la deuxième guerre mondiale en Chine et dont on ne parle que très peu voici donc un petit aperçu de celui que Sun Yatsen et Chou En Laï ont traité en ami (et même Mao !): Morris Cohen Two Guns….

Cordialement.

CONNAISSEZ – VOUS MA-KUN ?

Dans la ville de Radzanow, en Pologne vivait une famille juive comme tant d’autres. Le mari, Yossef Leib Cohen Mialczyn, charretier de son métier, rapportait péniblement de quoi faire vivre sa petite famille.

L’épouse, la jolie Sheindel, prenait soin du ménage et, comme beaucoup de jeunes-femmes comme elle, faisait de petits travaux de couture pour améliorer le quotidien.

En Pologne comme en Lituanie ou ailleurs, les Juifs vivaient paisiblement et humblement malgré des pogromes qui venaient assombrir leurs jours de temps à autres.

Au beau milieu de l’été 1887, le 3 août, plus précisément, elle mit au monde un vigoureux bébé ce qui fit la joie du couple Cohen Mialczyn.

A cause des difficultés quotidiennes qu’ils étaient obligés de subir, un beau jour de 1889, Yossef Leib confia à Sheindel qu’il avait entendu dire qu’en Angleterre les Juifs étaient mieux considérés et que la vie y était moins pénible, que là-bas, sur cette île, leur vie leur semblerait paradisiaque.

De toute façon ils ne possédaient rien ou très peu de choses en dehors du cheval et de la carriole.

Légèrement angoissée par un avenir qui s’annonçait incertain et inconnu, elle se laissa cependant convaincre que le risque n’était, somme toute, pas énorme et qu’ils trouveraient toujours le moyen de se nourrir et de voir grandir leur enfant, le jeune Abraham.

Ils monnayèrent le peu qu’ils avaient de manière à disposer d’une petite somme qui leur permettrait de voir venir.

La route fut chaotique car, le père s’étant renseigné sur la façon d’arriver en Angleterre, ils firent la route dans leur carriole jusqu’en France d’où ils s’embarquèrent pour Londres.

Trouver un abri ne fut pas chose aisée, puis, en se rapprochant d’une synagogue, Yossef Leib se renseigna et eut le bonheur de trouver un emploi dans une industrie textile.

Ainsi, il n’aurait plus à s’épuiser dans un travail physique qui lui rapportait si peu en Pologne. Ils changèrent leurs noms et Mialczyn fut escamoté au profit du seul et unique titre de Cohen et Abraham fut Morris et Moshé pour la communauté.

Morris, grandit et s’épanouit dans la Londres du début du XXème siècle et, il se laissa séduire par cette cité qui offrait tant de distractions: les rues où se pressaient les élégantes, les marchés où étaient proposées des nourritures différentes de ce qu’il avait coutume de voir et puis les lieux de distractions comme les théâtres qui proposaient toutes sortes de spectacles et, il se découvrit enfin une passion pour la boxe.

Il n’avait que 13 ans lorsqu’il fut arrêté par la police londonienne qui le suspecta d’avoir exercé plusieurs actes de pickpocket. Il fut envoyé dans une école de formation industrielle pour jeunes garçons juifs.

Remis en liberté 5 ans plus tard, les Parents de Morris, Yossef et Scheindel, pensèrent qu’il serait judicieux sans doute de donner à leur fils l’opportunité de se développer dans un nouveau pays en pleine construction et ils l’encouragèrent à quitter l’Angleterre pour le Canada qui était en pleine “formation”…

Sur ce nouveau continent et dans ce nouveau pays où se confondaient des gens de toutes races, de toutes provenances et pas toujours au passé irréprochable, Morris travailla dans une ferme, où il apprit à travailler la terre, à s’occuper de bétail et aussi à manier les armes et à jouer aux cartes, loisir favori des hommes de l’époque.

Un an plus tard, il décida de prendre sa vie en mains et de tenter de gagner davantage d’argent en saisissant tout ce qui se présentait. Tout et n’importe quoi d’ailleurs… Il avait le don d’enjôler ceux qui prenaient la peine de l’écouter puis il fit une carrière brillante dans l’immobilier. A plusieurs reprises il fut arrêté pour abus de confiance ou autres malversations.

A l’époque, les travaux du chemin de fer aux Etats Unis attiraient tous ceux qui fuyaient leur pays et parfois leur continent pour tenter de vivre mieux et d’acquérir une liberté toute nouvelle. C’est ainsi que des groupes de Chinois, débarquèrent en Amérique du Nord et notamment au Canada pour y poser les rails du futur réseau ferroviaire canadien.

Morris Cohen lia des relations amicales avec certains de ces Asiatiques. Il porta, notamment, secours à un restaurateur chinois qui fournissait une nourriture traditionnelle à tous ces travailleurs exilés. Le commerçant avait été volé et Morris Cohen aida son nouvel ami dans cette épreuve en attrapant le voleur.

Morris prit l’habitude de se nourrir dans ce restaurant. Sa réputation fut vite faite : on disait partout qu’il venait en aide aux Chinois.

Cette réputation le conduisit à devenir membre d’une sorte de société secrète fondée en 1905 par Sun Yatsen, qui, devant la faiblesse du dernier empereur de Chine voulait transformer son pays d’empire en république.

Morris devint le porte-parole des Chinois devant les autorités canadiennes. Morris poursuivit son occupation d’agent immobilier qui lui permit d’être très convenablement salarié

A la veille de la première guerre mondiale, Morris recruta des Chinois désireux de prendre une part au combat. Ce fut ses premiers pas dans les rangs militaires de l’armée canadienne dans lesquels il forma les chinois militairement. Ces chinois-là étaient des compagnons de Sun Yatsen.

Morris se vit confier le rôle d’inspecteur des troupes du Chemin de Fer Canadien en Europe, auprès des soldats d’origine chinoise. A la fin de la guerre, lors de son retour au Canada, il constata qu’il ne lui était plus possible de reprendre son métier dans l’immobilier qui avait chût de manière catastrophique. Il cherchait toujours une activité lorsqu’il fut chargé de conclure une affaire en Chine entre la compagnie ferroviaire du Nord et Sun Yatsen.

En arrivant à Shanghaï, il fut invité chez Sun Yatsen. Il fut embauché pour entraîner les troupes à la boxe et au tir. C’est au cours de ce séjour que lui fut décerné ce surnom “Ma Kun” et qu’il devint l’un des principaux gardes du corps de Sun Yatsen.

Lorsqu’il fut touché par une balle, il se mit à porter un deuxième revolver ce qui lui valut en anglais son second surnom :” Two-guns Cohen” Cohen ne parlait que le pidgin qu’il avait appris au long des années avec les chinois qu’il côtoyait.

Au cours de son service auprès de Sun Yatsen il fut apprécié et il fit la connaissance de Chang Kaï Chek qu’il rejoignit plus tard, après que Sun Yatsen soit décédé en 1925.

Il s’illustra lors des combats et, en particulier lorsque les Japonais envahirent la Chine, Cohen auquel les services secrets britanniques avaient demandé des services, fut en mesure de prouver qu’un gaz mortel fut employé par les Japonais pour tuer les Chinois, en masse. Il fut fait prisonnier par les Japonais et fut l’objet d’un échange exceptionnel entre prisonniers japonais et chinois, alors qu’il avait férocement battu par ses geôliers et se trouvait en piteux état.

Morris resta donc en Chine jusqu’en 1943 en ayant à son actif des faits glorieux qui lui valurent la reconnaissance de l’Armée chinoise.

Arrivé à Montréal, il fit la connaissance d’une jeune-femme – Judith Clark -qu’il épousa mais, il continua à retourner régulièrement en Chine et il prenait du plaisir à raconter ses faits de guerre participant en cela à la création d’un personnage admirable. Cependant sa femme n’appréciait guère ses absences à répétition.

En 1947, lorsqu’à l’ONU les discussions furent très envenimées autour de l’idée de créer un Etat Juif, Morris Cohen s’engagea à y mettre du sien dans ce vote et il s’envola pour San Francisco où il rencontra la délégation chinoise qu’il entreprit de convaincre de s’abstenir de voter car il avait appris que ceux-ci s’apprêtaient à voter contre !

En 1956, son épouse demanda le divorce car elle refusait de continuer à vivre avec cet homme qui était trop souvent ailleurs que chez lui.

Il se retira alors auprès de l’une de ses sœurs devenue veuve et il put enfin goûter un repos mérité à Salford près de Manchester en Angleterre où il vécut heureux entouré de ses frères et sœurs qu’il n’avait que peu ou pas connus et de ses neveux.

Il s’éteignit à l’âge de 83 ans et fut enseveli à Manchester.

Caroline Elishéva REBOUH

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