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Pour Corinne Hershkovitch, cinq affaires judiciaires concernant la restitution d’œuvres spoliées durant la Seconde Guerre mondiale sont en cours. LP/Céline Carez

En 1999, elle a fait plier le Louvre, le forçant à rendre des tableaux du maître vénitien Tiepolo à une famille spoliée.

Ce mardi, Corinne Hershkovitch, elle-même issue d’une famille juive persécutée pendant la guerre, défendra Claire Gimpel contre le ministère de la Culture.

Cette dernière réclame la restitution de trois toiles de Derain, volées à son grand-père par les nazis et, aujourd’hui, exposées dans des musées.

Pourquoi ces restitutions sont encore si difficiles ?

CORINNE HERSHKOVITCH. La France a toujours une grande difficulté à assumer son passé collaborationniste, l’extermination de Juifs, la déportation et la confiscation systématique de leurs biens sous le gouvernement de Vichy. Il aura fallu attendre 1995 pour que Jacques Chirac dans son discours de la rafle du Vél d’Hiv reconnaisse la responsabilité de l’Etat français.

Avons-nous des chiffres sur la spoliation ?

Le ministère de la Culture en avance : 100 000 œuvres auraient été déplacées de la France à l’Allemagne sous l’Occupation. À la fin de la guerre, 60 000 œuvres sont rentrées, dont 40 000 auraient retrouvé leurs propriétaires. Puis l’Etat a en vendu 14 000. Et confié 2000 autres, dont il n’est pas propriétaire, à des musées avec la mention MNR (NDLR : Musées nationaux récupération, pour œuvres spoliées par les nazis). 800 d‘entre elles sont au Louvre.

Combien d’affaires judiciaires sont en cours ?

Au moins cinq. Mais il y a de nombreuses revendications de descendants qui n’ont pas abouti. La France s’était pourtant engagée à faire un travail sur la provenance de ces œuvres lors de la conférence de Washington en 1998.

Combien y a-t-il eu de restitution sous la contrainte ?

Très peu. En 1999, l’Etat a été condamné à restituer cinq œuvres MNR. En 2018, un couple de collectionneurs américains a été condamné à rendre un Pissarro mais un recours bloque toujours l’affaire.

Le 1er avril dernier à New York, une famille française a récupéré un tableau hollandais du XVIIe du peintre Salomon Koninck ayant appartenu à son aïeul, le collectionneur Adolphe Schloss. La toile avait été saisie en 2018 à New York alors que sa « propriétaire » voulait la vendre aux enchères. La procédure aura duré dix ans.

Céline Carez

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