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Le week-end dernier, en Allemagne, l’antisémitisme s’est invité dans les stades. Le soir du vendredi 8 mars, des insultes antisémites ont été proférées sur Twitter à l’encontre d’un joueur de foot israélien, Almog Cohen, à l’occasion d’une rencontre à Berlin du championnat allemand de 2ème division.

Israël a exprimé dimanche son indignation, tandis que la police berlinoise a annoncé l’ouverture d’une enquête pour “incitation à la haine”.

Dans le même week-end, samedi à Chemnitz, dans l’est du pays, un hommage a été rendu dans le stade local à un hooligan néonazi décédé. Deux derniers symptômes en date d’une résurgence notable de l’antisémitisme dans la société allemande.

Les réactions ont été nombreuses outre-Rhin à la suite de ces deux actes. Prenant la “responsabilité” des faits, l’un des dirigeants du FC Chemnitz, Thomas Uhlig, a annoncé dimanche sa démission. “Nous sommes choqués par le tweet antisémite visant Almog Cohen et attendons des autorités allemandes qu’elles agissent avec fermeté contre son auteur”, a réagi Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires

étrangères. Preuve de la préoccupation suscitée jusqu’au plus haut de l’Etat, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a partagé sa “grande préoccupation” face à la montée de l’antisémitisme dans le pays.

Constatant que le phénomène redevenait “présentable” dans la société allemande, celui-ci a déclaré : “Cela me remplit de honte et de douleur”.

Et il ne s’agit pas que d’un constat empirique : selon des premiers chiffres publiés par le gouvernement allemand à la mi-février, les actes antisémites recensés en 2018 n’ont jamais été aussi hauts depuis dix ans. Globalement, les violences ont bondi de 10% par rapport à l’année précédente. Les agressions physiques ont doublé, passant de 37 à 62 cas en un an, et faisant 43 blessés.

Un phénomène qui s’amplifie depuis 2015

Dans un pays profondément marqué par le nazisme, le phénomène prend évidemment un écho particulier. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, l’Allemagne, était redevenue une terre d’accueil pour les Juifs fuyant l’Union soviétique. Aujourd’hui, la communauté juive compte environ 100.000 membres, dont 10.000 à Berlin. Et voit avec horreur l’antisémitisme resurgir.

“La communauté juive s’est peu à peu reconstruite en Allemagne, note pour Marianne Jean-Yves Camus, politologue et spécialiste de l’extrême droite. Mais elle est devenue une cible très récemment”.

Comment l’expliquer ? le politologue situe le basculement en 2015, le liant en partie à la politique d’accueil migratoire alors annoncée par Angela Merkel : “On voyait déjà se diffuser des préjugés antisémites, notamment dans la communauté turque du pays dans les années 1990.

La vague migratoire n’a fait que l’amplifier et les deux phénomènes se sont nourris l’un de l’autre”. En avril 2018, une vidéo avait choqué le pays, montrant deux individus portant une kippa victimes d’une agression par un réfugié syrien de 19 ans dans les rues de Berlin.

Par Alexandra Saviana

Source: marianne.net

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